M. Labit, svp !

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    M. Labit, svp !
Publié le , mis à jour

Habituellement, quand un club prend cinquante points, ses entraîneurs ont l’intelligence de faire profil bas. Affaire de dignité, d’orgueil, de crédibilité aussi. La chose est d’autant plus vraie quand cette correction survient au terme d’une saison jusqu’ici pathétique sur le plan du jeu, des résultats, comme des comportements. Tout le monde, mais pas M. Labit ! Lui se sait au-dessus du lot et se croit tout permis.

Il ne vous aura probablement pas échappé que l’entraîneur des trois-quarts du Racing 92 a en effet justifié la défaite des siens samedi à Montpellier (54-3) par une double accusation portée à l’endroit de Mohed Altrad, le président montpelliérain soupçonné d’avoir acheté le rugby français en apposant son nom sur le maillot de l’équipe de France ; et de votre journal, accusé lui d’avoir vendu son âme au président montpelliérain, parce que celui-ci aurait acheté 30 000 journaux pour assurer la promotion de son entreprise. Accusation d’ailleurs fausse : M. Altrad a acheté de l’espace publicitaire pour un Midol distribué dans les travées du Stade de France, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Mais passons.

De vous à moi, je ne vois pas très bien le rapport de cause à effet entre la cinglante défaite des Franciliens et ces accusations aussi dégueulasses que veules. Une façon d’éviter de parler de l’essentiel ? De contourner la part de ses responsabilités ? De ne pas remuer le couteau dans la plaie à propos du jeu des siens ? Sûrement pas en tout cas la meilleure façon de remercier un journal de s’être montré finalement très mesuré avec son équipe quand celle-ci a dû essuyer les affaires de dopage présumé, de drogue et d’alcool que l’on sait. Mais passons là encore. Parce que c’est tout de même nous faire beaucoup d’honneur que de mêler notre journal (que M. Labit nous fasse d’ailleurs savoir s’il est interdit, désormais, de vendre des espaces publicitaires dans les journaux ?) à cette cuisante marée. C’est nous accorder une importance que franchement nous ne méritons pas.

On ne saurait trop conseiller toutefois à M. Labit de repenser sa roublardise de bonimenteur évangéliste. Parce qu’il n’est jamais très bon de cracher sur un président, sur sa propre fédération et, partant, de salir le rugby tout entier. Parce que ses accusations sont aussi stupides que celles qui consisteraient à penser que le Racing bénéficie très souvent d’un arbitrage éminemment favorable parce que M. Lorenzetti a racheté, il y a quelques années, l’agence immobilière de Paul Goze, ci-devant président de la Ligue. On voit d’ici le niveau. La portée de l’analyse. La hauteur du débat.

Quand on veut monter tout en haut du mât de cocagne, avait pour coutume de dire notre ancien rédacteur en chef Henri Nayrou, il faut avoir le cul propre. Et je ne sache pas que le Racing, cette année, soit tellement en mesure de faire des leçons de morale aux autres. Alors M. Labit, s’il vous plaît ! Vous méritez probablement mieux.

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Jacques Verdier
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