Stade Français : Un repreneur allemand en lice

Un nouvel acteur majeur est entré en jeu dans la vente du Stade français. Il s’appelle Hans-Peter Wild, il est Allemand et milliardaire.

Thomas Savare, toujours désireux de vendre le club, a repoussé la date des remises de  dossiers de reprises au 4 Mai. Outre le dossier avancé par d'anciens joueurs du Stade Français avec en tête Mathieu Blin, Thomas Lombard ou encore Sylvain Marconnet, qui prévoit d'apporter 10 millions d'euros par an sur trois saisons, un autre projet semble prendre de l'ampleur. Hans-Peter Wild étudie, très sérieusement, la possibilité de se porter candidat à la reprise du club de la capitale. Le nom ne vous dit rien ? Logique, forcément logique. Âgé aujourd’hui de 75 ans, le suisse a développé  pour ce sport une vraie passion, qu’il tient de son père, lui-même ancien pratiquant. Il a d’ailleurs fondé en 2007 la Wild Rugby Academy basée à Heidelberg, au nord de Stuttgart. Cette dernière, pour laquelle son fondateur verse environ trois millions d’euros par an pour son fonctionnement, sert régulièrement de camp de base pour les équipes nationales allemandes à XV et à VII. Wild s'est également investi dans une marque de jus de fruit « Capri Sonne » qui a introduit le marché français en 2007 sous le nom de « Capri Sun », mais peine à s’y faire une place au soleil. Le tennisman français Jo-Wilfried Tsonga, ambassadeur de cette boisson depuis janvier 2015, prête pourtant son image pour en assurer la promotion

Entre amour du rugby et économie

Toutefois, c’est par le plus grand des hasards que Hans-Peter Wild a appris la mise en vente du Stade français. Flash-back. Durant la semaine suivant l’annonce de la fusion du club parisien avec le Racing 92, le Centre de droit et d’économie du sport de Limoges délocalise une de ses formations au management du sport dans un salon du stade Jean-Bouin. Une formation à laquelle assiste Robert Mohr, directeur de la Wild Rugby Academy. Ce dernier, ancien international allemand, passé par Bourgoin et La Rochelle, vit au plus près la folle semaine des Stadistes. Dès son retour en Allemagne, il informe directement Hans-Peter Wild de la mise en vente du Stade français. Depuis, Robert Mohr est revenu à Jean-Bouin, assisté du directeur financier en charge des investissements mandaté par Wild et de Kaubus Potgieter, un des entraîneurs de l’académie, pour recueillir les informations nécessaires à la constitution d’un éventuel dossier de reprise et visiter en profondeur les installations du club parisien. Les deux représentants ont aussi rencontré Thomas Savare. Puis Roger Boutonnet, le président de l’association. Ils auraient fait forte impression. 

Force est tout de même de s’interroger sur les motivations d’Hans-Peter Wild de déposer un dossier de reprise du club parisien. L’Allemagne n’est pas une terre de rugby, tant s’en faut. Seulement, l’homme d’affaires pourrait créer des passerelles dans le but de développer un peu plus son académie et la pratique du ballon ovale outre-Rhin.Avec le Stade français, Hans-Peter Wild pourrait offrir à sa marque de jus de fruits  une plus grande visibilité et un très bel outil de travail. En milieu de semaine dernière, Hans-Peter Wild et ses équipes ont réclamé un complément d’informations sur la masse salariale des joueurs parisiens. Selon nos informations, ils devraient statuer, ce vendredi, lors d’une réunion sur la faisabilité de l’opération. Évidemment, quand bien même Wild se porterait acquéreur, rien ne dit que l’homme d’affaires allemand deviendra propriétaire du Stade français. La décision demeure entre les mains de Thomas Savare, qui ne communiquera pas avant d’avoir recueilli tous les dossiers des repreneurs potentiels. Verdict probablement après le 4 mai.

 

Envie d'en savoir plus ? Rendez-vous en page 33 de notre édition du Midi Olympique de ce lundi 24 Avril.