L’heure de Clermont

  • L’heure de Clermont
    L’heure de Clermont
Publié le , mis à jour

Clermont n’a jamais affronté les Saracens, tenant du titre, en finale de Coupe d’Europe. Les Clermontois devront déjouer les pronostics pour décrocher leur première Champions Cup pour la centième européenne de l’histoire.

Quelle histoire récente ! Pour la cinquième année de rang, la France sera représentée en finale de Coupe d’Europe. Surtout, pour la troisième fois, Clermont sera de la fête. Un exploit ? Rien de ça. Une évidence plutôt. Avec les Saracens et après Toulon, l’ASMCA est désormais la référence continentale en termes de performance et de régularité. Seulement, au contraire des Anglais (en 2016) et des Varois (en 2013, 2014 et 2015), les coéquipiers de l’immortel Aurélien Rougerie n’ont jamais soulevé le prestigieux trophée. Mais, s’il vous plaît, n’allez pas chercher là un quelconque parallèle avec la fameuse et finalement fatigante malédiction dans la course au Brennus, ces onze finales de championnat perdues... Et puis quoi encore ? Depuis que la bande à Cotter a ramené le Bouclier place de Jaude en 2010, ce club a basculé dans une nouvelle ère. Celle du lendemain. D’un avenir doré à écrire sur la plus grande des scènes, c’est-à-dire à l’échelle européenne. Une ambition ? Plus que ça, une sorte d’obsession. En octobre dernier, au moment d’entamer sa campagne, le manager Franck Azéma assurait : « Est-ce que la coupe d’Europe est un objectif ? Oui, oui. Culturellement, même s’il n’y a jamais eu de titre au bout, il y a toujours eu une belle histoire avec cette compétition. On a disputé des demies, des finales. » Une tirade justifiée et renforcée par le triste parcours en 2015-2016, qui a vu les Auvergnats prendre la sortie dès les phases de poule. « Cette année, il y a forcément un esprit revanchard après notre élimination la saison dernière, ne cachait pas Azéma voilà six mois. On avait mal géré et on revient avec une grosse envie. Je sens un autre engouement chez mes joueurs du fait d’être passé à côté l’an passé. » Il n’avait manifestement pas menti. De façon très honnête, et malgré les magnifiques aventures irlandaises du Leinster et du Munster lesquels ont su amener une nouvelle génération en haut de l’affiche, il faut ici reconnaître que les deux meilleures équipes européennes s’affronteront à Edimbourg le 13 mai prochain. Et, finalement, quel plus beau défi pour cette armada jaune et bleue que de s’attaquer à cet Everest des Saracens, invaincus dans la compétition depuis deux ans ?

 

Centième Européenne à Murrayfield

Imaginez donc à quel point le symbole serait magnifique... Au cours de cette finale de Murrayfield, Clermont disputera tout simplement son centième match européen. Difficile de ne pas y voir un signe. Le roman de centenaire bien portant serait tellement grand. Et il n’y a qu’à creuser davantage pour dénicher la bienveillance d’un destin indulgent. Clermont avait deux bêtes noires en Champions Cup. D’abord le RCT, qui avait brisé ses rêves de victoire finale en 2013 et 2015. En quart de finale, l’ASMCA s’est offert son meilleur ennemi hexagonale sans la moindre contestation possible. Il y avait ensuite ces enfants terribles du Leinster, bourreaux en quart de finale en 2010 puis en demi-finale en 2014. Ce dimanche, Camille Lopez et consorts les ont écartés, à la grâce notamment d’un merveilleux premier acte. Il n’en reste qu’un... Les Saracens justement, qui avaient humilié Clermont en 2014. Mais le seul signe qui vaille, au bout du bout, trouve ses racines sur le terrain. Là où les Auvergnats ont perdu leur pépite Wesley Fofana, puis leurs « match winners » Noa Nakaitaci et Isaia Toeava, sans que cela ne coupe leur élan. Là, aussi, où les Chaume, Iturria, Yato, Penaud, Falgoux, Cancoriet, Jedrasiak - tous absents de la campagne de 2015 - ont imposé leur talent pour apporter ce souffle de fraîcheur qui manquait à une formation parfois trop lisse. Là Morgan Parra et Camille Lopez ont régné en maîtres à Gerland. De la à dire, et peut-être à se tromper encore une fois, que c’est enfin l’année de Clermont, il n’y a qu’un pas. Celui que tout un club attend d’effectuer depuis sept ans. Et pour l’éternité.

Jérémy Fadat
Voir les commentaires
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?