Petits rasants, toujours gagnants ?

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    Petits rasants, toujours gagnants ?
Publié le , mis à jour

Utilisés en cas d’égalité numérique en bout de ligne ou dans le dos des centres, les coups de pied rasants constituent toujours une arme absolue. à condition de bien communiquer...

Ce n’est pas un scoop : plus le temps avance, et plus les espaces se réduisent pour l’attaque sur un terrain de rugby. Voilà pourquoi, bien souvent, les meilleures solutions offensives existent non pas devant mais derrière la défense, dans le dos de ces premiers rideaux renforcés à l’extrême. Et pour les exploiter, une arme absolue demeure, toujours plus utilisée en cette période de la fin de saison, lorsque les matchs deviennent couperets… Cette option ? Il s’agit, vous l’aurez compris, des coups de pied rasants. Lesquels permettent, en cas d’égalité numérique, de faire peser une énorme pression sur la défense dans les zones de marque.

Pourquoi les rasants ? Tout bonnement parce qu’un coup de pied réceptionné de volée peut permettre à la défense d’effectuer un « marque » lorsque le ballon atterrit dans les 22 mètres. Or, sachant que ces coups de pied sont donnés comme des passes décisives, il va de soi qu’ils atterrissent souvent dans cette fameuse zone ! D’où l’intérêt, en passant par des rebonds, d’empêcher les défenseurs de s’en tirer trop facilement. Surtout si l’on ajoute à cela que la nature ovale du ballon de rugby peut s’avérer particulièrement stressante pour la défense, près de sa ligne d’en-but…

À qui le choix ?

Mais venons-en au fait, et surtout au cœur du problème. En effet, pour être efficace, le coup de pied rasant doit être récupéré. Ce qui passe par une connexion optimale entre celui qui donne le coup de pied, et celui qui le chasse. Et à ce titre, deux écoles peuvent s’affronter : celle qui veut que le choix soit effectué par le botteur, et celle qui veut que l’information vienne de l’extérieur.

Combinaisons annoncées ou jeu en lecture

Antinomique ? Pas forcément. « En fait, il existe plusieurs façons de fonctionner, nous expliquait récemment l’ouvreur de Clermont et du XV de France Camille Lopez. En fonction des analyses vidéo notamment, on peut prévoir d’utiliser les espaces libres dans le deuxième rideau sur certaines situations. Dans ce cas de figure, ce sont les chefs d’attaque, à savoir les joueurs de la charnière, qui décident au préalable que le coup de pied sera donné (comme sur l’essai de McKenzie avec les Chiefs, lire ci-dessus). Mais dans ce cas, cela est annoncé avant que l’action commence. Et cela peut se retourner contre l’attaque si la défense ne réagit pas comme prévu. »

Voilà pourquoi les meilleurs coups sont souvent à jouer dans le désordre, sur des situations « en lecture », c’est-à-dire sans annonce préalable, en fonction de la situation. « Dans ce cas de figure, la communication doit venir de l’extérieur, prolonge Lopez. Le porteur de balle n’a pas toujours le temps de tout analyser. Son regard se porte surtout sur le premier rideau. En revanche, les joueurs à l’extérieur ont tout le temps de regarder dans le dos de leurs vis-à-vis, si les espaces sont libres. En fonction de cela, le porteur de balle doit faire confiance à son partenaire, qui aura anticipé, et jouer en fonction de ce qu’il a commandé. » Des situations qui, lorsqu’elles sont bien lues et réalisées, sont pratiquement imparables…

Nicolas Zanardi
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