Descons : « Pour trouver l’espace libre »

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    Descons : « Pour trouver l’espace libre »
Publié le , mis à jour

Le demi de mêlée de Perpignan revient sur l’avantage des coups de pieds rasant.

Quelles possibilités offre ce coup de pied rasant ?

Il est très utile face à des défenses toujours mieux organisées, disposant d’un premier rideau très fort. Quand le jeu va vers le large et l’ailier grand côté ne couvre pas le fond du terrain alors que l’arrière et l’ailier ont plaqué, ce petit coup de pied dans la boîte permet de poser le ballon dans l’espace libre. D’ailleurs, il vaut mieux qu’il soit effectué par le demi de mêlée que par l’ouvreur, car ce dernier a moins d’effet de surprise. L’ouvreur sera plus lu. En position de demi de mêlée, on voit tout de suite si les défenses montent vite, et si elles oublient le second rideau.

S’agit-il d’une inspiration instantanée ou d’une tactique préparée ?

Les deux options sont possibles, mais on a souvent tendance à préparer la chose. Par exemple ce soir nous avions que l’arrière d’Angoulême avait tendance à fermer rapidement et que l’ailier opposé ne faisait pas la couverture. Ces petits coups de pied dans le couloir des quinze mètres représentaient donc une bonne solution.

Comment choisir entre le jeu au pied par-dessus et le rasant ?

Si le demi de mêlée ne porte pas le ballon, il vaut mieux taper par-dessus. Au bord des rucks, la présence des gros fait qu’il est difficile de trouver un intervalle pour un coup de pied rasant. Et puis le premier défenseur au bord du ruck est censé mettre le neuf adverse sous pression. En revanche, il est possible de taper en rasant si l’on porte un peu plus le ballon, et que la défense bouge devant soi. En courant vers l’extérieur, les défenseurs vont monter, et ce sera le bon moment pour taper un petit rasant.

Les ailiers et les arrières ont aussi recours à ces coups de pied rasants. Mais qui l’annonce dans ces cas-là ?

À mon avis, le porteur de balle car il s’agit d’une lecture de jeu. Il peut aussi y avoir recours quand il sait qu’il ne va pas remporter son duel parce qu’il manque de vitesse, ou que le défenseur est en avance, etc. A ce moment-là, il peut taper au pied. Bien sûr, il faut avoir étudié au préalable la façon dont défend l’adverse, et vérifier s’il fait bien ou non cette bascule au fond du terrain. Mais même si la bascule est bien faite, la manœuvre en vaut quand même la chandelle…

Pourquoi ?

Parce que les Blacks le faisaient systématiquement avec Conrad Smith. Quand il n’y avait pas de surnombre, Smith prolongeait quand même au pied, en rasant, et veillait à laisser le ballon dans le terrain, tout en continuant sa course à pleine vitesse, histoire de mettre le dernier défenseur sous pression. Le plus souvent, celui-ci récupère la balle en catastrophe, et va de lui-même en touche. Résultat, les Blakcs regagnaient le ballon, et pouvaient lancer le jeu sur touche.

Comment taper un coup de pied rasant ?

Certains sont de véritables magiciens en la matière… Je pense notamment à Juan Martin Hernandez qui le tape sur l’extérieur du pied. Le plus souvent, on dépose le ballon bien droit, sur le haut du pied. Personnellement, je préfère le taper avec l’intérieur du pied, car je dose mieux la puissance.

Simon Valzer
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