Et revoilà Oyo !

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    Et revoilà Oyo !
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Un an après avoir quitté le Top 14, le club du Haut-Bugey va le retrouver… comme il l’avait promis.

Oyonnax l’avait promis, Oyonnax l’a fait ! Il y a un an, au printemps 2016, quand L’USO avait bouclé sa saison en Top 14 en enchaînant une déroute au Stade Français (69-8) lors du match de la dernière chance, puis deux revers à domicile face à Toulouse et Castres et enfin une vingt et unième défaite concédée à Agen, qui aurait misé sur cette « remontada » éclair. « Cette saison a été un véritable cauchemar » se remémore Thierry Emin. Pourtant, avant de débuter, elle semblait plutôt tenir du rêve. Oyonnax venait de boucler l’exercice précédent en position de barragiste, au sixième rang du championnat, et les supporters du Haut-Bugey se régalaient à l’avance des affiches de la Champions Cup. Mais cette troisième année en Top 14 était aussi celle de tous les changements pour le club de l’Ain confronté à un nouveau chapitre de son histoire après « l’ère Urios ». On sait ce qu’il est advenu. « On ne va pas refaire l’histoire », tranche le président oyonnaxien. « Cette issue n’a pas été vécue comme une fatalité. Nous n’avons pas attendu pour réagir. Très vite, quand la relégation s’est profilée nous avons choisi un axe. » Oyonnax aurait pu se résigner à considérer que le Top 14 n’était pas taillé pour une ville de 25 000 habitants, mais cette option ne correspondait pas à l’identité d’un territoire qui a fait des valeurs de ténacité et de travail sa marque de fabrique. « Nous avons pris la décision de continuer à construire, à avancer, avec une seule idée en tête, celle de rebondir. Nous étions convaincus que nous pouvions y arriver. »

La promesse faite aux supporters

De fait, la voilure n’a pas été réduite. Au lendemain de la relégation, la capacité du stade a été portée à 10 000 places assises, le centre d’entraînement financé entièrement par le club (3 millions d’euros) a ouvert ses portes pour rassembler sous un même toit les composantes sportives et administratives du club. Sur un plan purement sportif des choix ont été fait, celui de maintenir la confiance à Johann Authier pour conduire le groupe, de lui adjoindre Adrien Buononato aux côtés de Stéphane Glas, celui aussi de mener un recrutement ambitieux et de maintenir un budget conséquent, le plus haut du Pro D2 (11 millions d’euros). Tous ces choix traduisaient une unique ambition, revenir en Top 14. Beaucoup de clubs relégués ont pu tenir ce discours. À Oyonnax, il ne relevait pas de la formule d’usage lancée pour apaiser la déception. En juillet dernier, il a même pris la forme d’un engagement solennel. À l’aube de la saison, 1 500 supporters étaient réunis au stade Mathon pour découvrir les nouveaux visages du groupe et lors de cette présentation de l’équipe, Thierry Emin s’était adressé à eux : « Nous ne pouvons pas vous assurer que nous serons en Top 14 la saison prochaine, mais nous vous promettons de tout faire pour y parvenir ». Le massage était fort, réfléchi, à l’image d’une orientation voulue par le club et partagée par les joueurs. Pour autant, avant de toucher au but, le chemin a été long, semé d’embûches.

Fédérer les joueurs

« Pour des raisons différentes, nous avons connu deux années difficiles. Lors de la première il a fallu gérer les déceptions et les frustrations nées de l’enchaînement des mauvais résultats. Cette année, c’est une autre forme de pression que nous avons dû apprendre à maîtriser », poursuit Thierry Emin. Oyonnax qui avait fait le choix résolu de ne pas avancer caché était attendu. Johann Authier, responsable sportif de l’USO, a lui aussi vécu au premier rang ces deux saisons contrastées. Peu avant le dénouement de sa deuxième année passée à la tête du groupe oyonnaxien il évoquait ce parcours : « Cette expérience a été très enrichissante à l’image d’une profession qui demande sans cesse de se renouveler, de progresser. Quel qu’il soit, il y a toujours un objectif autour duquel un entraîneur doit savoir fédérer ses joueurs. Le plus important est de parvenir à ce que les joueurs s’investissent dans une mission, qu’ils soient prêts à se rassembler autour d’un projet ».

Signer un bail

Le résultat est là, Oyonnax a réussi. Vendredi soir, réunis dans le bar de Silvère Tian, les joueurs étaient les premiers supporters d’Albi, un paradoxe quand on sait que ce club a longtemps été la bête noire de l’USO. Il a aussi été le premier à retrouver le Top 14 un an après l’avoir quitté… en gagnant la finale 2009 de Pro D2 aux dépens d’Oyonnax. Aujourd’hui, dans le Haut-Bugey, le sentiment du devoir accompli prédomine. « On a remis Oyonnax sur la carte de France. C’est à la fois une fierté et un soulagement », affirme Thierry Emin en parlant désormais de futur : « Nous voulions revenir par la grande porte, passer par les barrages aurait pu être la pire des choses avec le risque d’échouer après avoir fait la course en tête. Il n’y a pas de hasard dans notre retour. Nous connaissons le Top 14, nous allons le retrouver avec de l’expérience et de l’ambition, avec aussi la volonté d’y signer un bail. Nous sommes prêts. Nous n’avons plus à supporter la gestion de nos infrastructures, gérées par la communauté de communes. Nous allons pouvoir hausser notre budget, concrétiser notre recrutement et nous avons déjà construit notre staff, dans une forme de transition et de continuité autour d’Adrien Buononato ». On pourrait presque réadapter le discours du 7 juillet 2016. Le club de l’Ain peut promettre à ses supporters qu’il fera tout pour s’installer durablement dans le Top 14 qu’il va retrouver, un an après l’avoir quitté.

Par Jean-Pierre Dunand

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