Castres : Et revoilà « Urda » !

  • Castres : Et revoilà « Urda » !
    Castres : Et revoilà « Urda » !
Publié le

Dans le sillage d’une conquête retrouvée et d’un pack dominateur, Benjamin Urdapilleta a signé une prestation éclatante, à l’unisson des autres leaders de jeu tarnais. 

Les compétiteurs sont décidément des bêtes bizarres. Insatisfaits chroniques, ils n’ont pas leur pareil pour pointer la moindre imperfection de leur prestation. Benjamin Urdapilleta est de ceux-ci, à en croire son entraîneur Joe El Abd : « Benji est rentré aux vestiaires en colère… il voulait marquer cette dernière transformation ! » L’agacement de l’Argentin faisait rire l’Anglais, tant celui-ci paraissait injustifié au vu du match titanesque que son joueur venait de livrer. Jugez plutôt : avant cet ultime et unique échec au pied, le Puma avait inscrit à lui seul 27 points de son équipe. Un essai, quatre pénalités et cinq transformations, dont la majorité était placées en coin. « Oui, je me suis bien senti mais ces points sont les efforts de l’équipe, pas les miens », reconnaissait modestement l’international. « Il a signé l’un de ses meilleurs matchs depuis qu’il est ici », appuyait El Abd. Sobre et rigoureux en première mi-temps, le Puma a ensuite lâché les chevaux dans le deuxième acte comme l’a montré son essai marqué en solitaire pour lequel il a effacé trois défenseurs toulousains. « Benji a commencé par jouer collectivement, en gérant correctement les espaces. Je suis satisfait de l’alternance de l’équipe : au pied, à la main, au près, au large… Il est difficile de défendre contre une équipe qui alterne bien. Et en deuxième mi-temps, Benji s’est lâché pour prendre à son tour les intervalles », analysait le manager Christophe Urios.

La fougue avec laquelle l’ouvreur argentin faisait plaisir à voir. Tout comme son sang-froid et la précision de ses coups de pied dans l’exercice des tirs au but. Pourquoi ? Parce que cela faisait longtemps que l’on avait vu l’Argentin à ce niveau. « Ce n’est pas faux, mais je pense que certains ont manqué de patience avec lui », nous confiait Urios. « La saison dernière, il n’a pas joué pendant cinq mois en raison d’une blessure terrible, une désinsertion de l’ischio-jambier. Quand on est ouvreur et buteur, c’est très handicapant. Dans l’hiver, quelques pépins l’ont empêché d’enchaîner. Et puis il a logiquement été en difficulté pendant le mois de mars, période pendant laquelle nos avants étaient dominés. » Autant de facteurs qui ont retardé le retour au premier plan du Puma. Samedi, il a signé un magistral 9/10 au pied. « Il a rebossé sa façon de taper avec Romain Teulet, et son travail porte ses fruits. Avant, je pouvais m’interroger au moment où il prenait une pénalité. Aujourd’hui, je ne me fais plus de souci. Je sais qu’elle va passer », assurait Urios.

 

La claque lyonnaise les a « réveillé »

Il serait toutefois réducteur de limiter la prestation castraise au seul renouveau de son ouvreur. Si ce dernier a eu autant le loisir de lancer le jeu, c’est que son équipe a retrouvé sa conquête. En mêlée fermée, où Tichit et Tussac ont mis au supplice Steenkamp et Aldegheri, et en touche, où Jacquet et Caballero ont régné dans les airs. Là encore, les prestations individuelles ne sont que le reflet d’une remise en question collective, survenue après la défaite à domicile contre Lyon (17-16, le 8 avril dernier). Non content d’hypothéquer les chances de qualification des Castrais, ce faux pas a ébranlé le groupe déjà fragilisé par l’enchaînement de défaites. Pour crever l’abcès, les Castrais se sont donc enfermés pendant de longues heures en salle de réunion, histoire de se dire les choses en face. Les mots ont été durs, mais salvateurs. Quelques jours plus tard, le CO montrait déjà un tout autre visage à Toulon.

La suite, vous la connaissez : victoire bonifiée contre le Stade français, et victoire record face au rival toulousain. « Cet épisode nous a réveillé. Nous étions endormis. Staff, joueurs, tout le monde s’est remis en question », analyse Urios. « Nous sommes sortis plus forts de cette période, car c’est toujours dans la difficulté que l’on se retrouve », prolongeait El Abd. Samedi, le CO a retrouvé ses leaders. « De très grands leaders », insiste Urios, qui cite pêle-mêle Rodrigo Capo Ortega, Rory Kockott, Yannick Caballero, Alex Tulou, et Benjamin Urdapilleta. Il a aussi retrouvé son jeu, et une harmonie entre les avants et les trois-quarts. « Nous avons beaucoup insisté sur ce point dans la semaine, et cela faisait un moment que nous n’avions pas eu cette osmose entre le pack et nos arrières », confirmait El Abd. Pourvu que ça dure… 

Simon Valzer
Voir les commentaires
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?