Bonnaire : Ce n'est qu'un au revoir ?

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    Bonnaire : Ce n'est qu'un au revoir ?
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Avec Thibaut Privat et Nicolas Durand, Julien Bonnaire a disputé samedi soir le dernier match de sa riche carrière. à moins que son club de cœur du csbj ne parvienne à le faire changer d’avis…

D’un côté, il y a la raison. De l’autre, le cœur. Alors, peut-on décemment reprocher à Pierre Mignoni d’avoir privilégié le second par rapport au premier, quitte à sacrifier une éventualité de qualification ? Si quelqu’un ose s’y aventurer, qu’il se lève et l’exprime ! Non mais, sérieusement… Dans un rugby pro toujours plus triste, aseptisé, voire uniquement rythmé par les bruits de couloir des prétoires, la décision du manager lyonnais d’offrir une sortie digne de leur carrière à ses vieux grognards est de celles qui l’honorent, lui et son club. Au vrai, on n’imaginait pas des grands comme Thibaut Privat, Nicolas Durand et Julien Bonnaire tirer leur révérence ailleurs que sur le terrain de Gerland. Des géants qui rêvaient secrètement d’un dernier tour de piste en phases finales, à l’image de Julien Bonnaire moins dans l’émotion que dans la déception d’avoir chuté si proche du top 6. « On aurait pu mieux finir, révélait le capitaine lyonnais, qui avait refusé quelques minutes plus tôt un match nul qui tendait les bras aux siens pour mieux aller chercher une victoire. On enclenche un maul porté de vingt mètres qui se délite juste avant la ligne, puis Facundo Isa se fait retourner dans l’en-but… C’est dommage, parce qu’il y avait tout pour faire une superbe journée : du soleil, du monde au stade, beaucoup d’ambiance. Mais nous avons commis quelques fautes bêtes, eux ont tout enquillé au pied ou presque… C’est comme ça. »

 

« Un peu plus tendu que d’habitude… »

Ainsi passent les légendes. Comme Thierry Dusautoir le fera la semaine prochaine, Julien Bonnaire a ainsi disputé son dernier match de rugby, après 345 matchs en élite et 75 sélections avec l’équipe de France. Comme si de rien n’était, ou presque. « J’ai essayé de le préparer comme un match ordinaire, même s’il est vrai que j’étais peut-être un peu plus tendu que d’habitude. J’aurais peut-être dû demander conseil à Thibaut Privat, qui disputait pour la deuxième fois le dernier match de sa carrière. Encore que, puisqu’on dit jamais deux sans trois, lui n’a peut-être pas tout à fait fini… » L’humour est là, à fleur de peau. La politesse du désespoir, comme diraient certains, ou plus exactement d’une légitime nostalgie dans le cas présent. Encore qu’en matière d’émotions, la sortie de Bonnaire s’est effectuée dans une certaine confusion, qui sied finalement bien à la personnalité de l’intéressé. « C’était bizarre, je n’ai pas trop eu le temps d’y penser. Sur le coup, j’étais presque content de sortir. À 38 piges, après trois mois sans jouer, on manque un peu de rythme… Je n’ai même pas eu le temps de réaliser que c’était fini qu’on m’a demandé de revenir sur le terrain ! Ça, par contre, c’était une sensation agréable. Même si, comme je vous l’ai dit, cela aurait pu se terminer encore mieux. » On ne refait pas les gagneurs…

 

« Pour un retour à bourgoin, il faudra que toutes les garanties soient réunies »

Mais faut-il vraiment parler de fin, avec Julien Bonnaire ? Même pas sûr, pour être honnête. En effet, comme indiqué ces derniers jours dans le Progrès, l’actuelle équipe dirigeante du CSBJ n’a pas hésité à prendre contact avec son glorieux ancien, pour le convaincre de revenir au bercail. Une démarche que Julien Bonnaire ne cache pas. « J’ai rencontré les dirigeants de Bourgoin, oui. Mais pour l’instant, il n’y a rien de fait, ni de déterminé par rapport à quoi que ce soit. J’écoute, je prends mon temps, et si toutes les conditions sont réunies, pourquoi ne pas donner un dernier coup de main à ce club, en le réorientant sur son historique point fort de la formation. Mais j’insiste, il faut que toutes les garanties soient réunies. À commencer par un avenir en Fédérale 1 élite. J’ai vu les images du match contre Narbonne, et c’est trop dommage qu’un club comme Bourgoin termine comme ça. Je suis persuadé qu’il existe un partenariat intelligent à mettre en place avec le Lou… Quand j’ai débuté, l’objectif pour un jeune de la région était d’évoluer au CSBJ. Aujourd’hui, il est de jouer à Lyon. Mais pour y arriver, Bourgoin peut être un bon tremplin. Le CSBJ n’évoluera plus au sommet du Top 14, mais peut trouver sa place dans le ventre mou du Pro D2. Sauf que cela ne se fera pas en claquant des doigts, mais passera par beaucoup de discussions et certaines assurances. Est-ce que le club y parviendra? Je le souhaite. Mais par rapport à cela, je suis dans l’attente. » 

Alors, reverra-t-on très vite Bonnaire sur, ou à côté du terrain de Pierre-Rajon? On a en tout cas bien compris que, contrairement à son habitude sur un terrain, la balle n’est pas dans ses mains…

par Nicolas Zanardi

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