Rochefort, une autre histoire

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    Rochefort, une autre histoire
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De retour en division fédérale, le SA Rochefort sait que pour mieux avancer, il ne doit pas commettre les erreurs d’un passé récent. Son président y veille.

Une drôle de question titille mon esprit. Faut-il voir dans la reconstruction à Rochefort, sur le site de l’ancien arsenal maritime, de la célèbre frégate L’Hermione qui permit à La Fayette de rejoindre en 1780 les insurgés américains en lutte pour leur indépendance, le symbole d’un club de rugby qui a manifesté il y a peu des velléités de grand large ? La réponse ne coule pas de source mais ce que par contre nous savons, c’est que le SAR éblouie par l’horizon s’est brulé les voiles. En avril 2014, lancé dans la reconquête de la Fédérale 2, le club de Charente-Maritime en déficit d’effectif juniors a été rétrogradé en Honneur. Ce jugement a aussitôt provoqué la démission des dirigeants. Avril 2017, trois ans plus tard, le SAR a atteint son objectif, champion territorial Honneur, il évoluera la saison prochaine en Fédérale 3. Enfant de la ville et du club auquel il appartient depuis ses six ans, Sébastien Liénhart s’est installé à la présidence il y a un an et son constat sans équivoque se veut rassurant : « Depuis trois ans on reconstruit. Nous avons fait une très belle saison et pour une fois le terrain a parlé et on le mérite. Quand vous finissez premier avec 9 points d’avance et que vous jouez la montée sur une finale c’est source de grande frustration. Nous voulions remonter pour nos institutions et pour nos entreprises sollicitées par le voisin Stade rochelais. L’exemple de Richard Cordazzo qui achève sa carrière à Rochefort c’est fini. Le club a sa place Fédérale 2 et ensuite tout va dépendre de l’évolution du rugby mais aujourd’hui ça fait peur. On ne parle que d’argent. En Honneur résistent encore quelques valeurs même si partout elles se perdent. »

« Je sais où je veux aller »

Sébastien Liénhart ne cache pas que son club veut évoluer vers le haut mais immédiatement il ajoute : « En ne faisant pas n’importe quoi. Il est vrai qu’à une certaine époque le SAR s’est emballé, et le budget ne passait pas. Il aurait fallu revoir à la baisse or on a augmenté la voilure. De plus, on avait un souci avec les juniors. Je sais aujourd’hui où je veux aller. » Et le couperet a fini par tomber. Le président a établi son plan de relance sur la formation, dont Julien Gomez a la charge, la conservation du groupe et de son état d’esprit. Cédric Gaillard qui entraîne le SAR en compagnie de François Bolleau a repris le chantier il y a deux ans. Il connait la maison pour avoir porté le maillot de Rochefort durant… 26 ans, et il espère que la dynamique qui s’est installée va perdurer : « Nous avons un effectif de 69 joueurs seniors, ce qui permet de travailler sereinement. On a aussi des jeunes qui montent d’un bon niveau. à Rochefort nous avons tout ce qu’il faut pour pérenniser le club en Fédérale 2 si un jour nous y accédons. Il faut conserver le collectif actuel et ensuite nous verrons. Notre force se situe dans une osmose forte et l’excellent travail de l’ensemble du staff. » Parmi les retours, ceux, notamment, de l’ouvrer Pierre Espinasse et du centre et capitaine Jérôme Estaque, arrivé en compagnie des frères Johann et Jordan Dumont, ont pesé dans la balance des performances. Jusqu’à ce sacre territorial dignement célébré en mairie le soir même de la victoire. Ensuite, la nuit de fête a été belle au club house. Maintenant, Gaillard, Bolleau et leurs joueurs ont la ferme intention de jouer à fond la carte championnat de France. Aucun doute, le SAR a retrouvé de sa force.

 

par Gérard Piffeteau

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