Longwy, un cas d’école

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    Longwy, un cas d’école
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Le club a décidé de ne pas monter en honneur en raison d’un manque d’effectif. Une situation devenue banale en Alsace-Lorraine.

Le championnat Honneur commun aux comités d’Alsace et de Lorraine rencontre une faiblesse. Thann et Thionville-Yutz, les deux équipes qui ont fini aux deux dernières places de la compétition, ne répondent pas au critère de participation. Ni Verdun, d’ailleurs, classé sixième à la fin de la phase préliminaire. Ces trois clubs se sont montrés incapables de présenter une équipe réserve sur la durée. Logiquement, ils devraient être rétrogradés. Mais les quatre premiers du championnat du dessous, en Promotion Honneur, ne sont pas capables non plus de répondre aux critères d’élections. Qui pour un manquement d’équipe réserve, qui chez les jeunes, il manque quelque chose à chacun.

Il n’y a donc que six clubs suffisamment étoffés sur l’ensemble des deux comités de l’Est pour prétendre jouer au meilleur des niveaux régionaux. « Et comme aucun club de Fédérale 3 ne descendra cette saison, nous avons été obligés d’assouplir notre règlement pour conserver un championnat normal. Nous n’allions pas jouer la saison prochaine avec seulement six clubs en Honneur, commente le responsable des épreuves Georges Winckler. Par souci d’équité sportive, puisqu’aucun des prétendants ne répondait aux critères, nous avons décidé de ne pas reléguer automatiquement les deux derniers du championnat Honneur. On est passé par des barrages. » Le 7 mai, Thann (huitième en Honneur) jouera contre Centre Meuse (troisième de Promotion Honneur). Un barrage auquel Longwy (deuxième de Promotion Honneur) n’a pas souhaité participer. « Compte tenu de notre effectif, il n’est pas nécessaire de nous mettre en danger, explique le président de Longwy Franck Bienaimé. Nous sommes déjà passés par des périodes difficiles. En ce moment, nous sommes bien, et nous voulons que cela continue. À quoi bon aller jouer en Honneur ? »

Un trou dans le renouvellement

La position de ce club de Longwy, qui a réalisé une excellente saison en Promotion Honneur - 2 défaites seulement - illustre complètement les difficultés rencontrées actuellement par le rugby de l’Est de la France. Longwy, c’est un petit club de 90 licenciés. Les 55 seniors sont les plus nombreux, mais trente à peine viennent régulièrement à l’entraînement. Classique. Donc il n’y a pas de réserve. Très excentré sur ce comité très étendu, le club a préféré aussi enregistré ses quelques joueurs de moins de 14 ans et de moins de 16 ans, dans le championnat luxembourgeois. Ils ne figurent donc pas sur les tablettes régionales. « Je suis président depuis cinq ans, et plus les années passent, et plus il est difficile de capter des licenciés, relate Franck Bienaimé. Aucune pratique sportive n’est épargnée. Mais le rugby n’étant pas un sport majeur chez nous, c’est d’autant plus difficile. La réforme des plus de 35 ans nous avait fait beaucoup de mal aussi. On avait perdu du monde. Heureusement que nous avons pu bénéficier cette année de l’excellent travail de notre entraîneur Grégory Souchon, qui a permis de fidéliser nos joueurs. »

Vu d’en haut, depuis le comité régional, il faudra laisser passer un peu de temps pour espérer retrouver une meilleure situation chez les seniors. « La baisse enregistrée depuis plusieurs saisons dans les catégories cadets et juniors s’est naturellement répercutée en seniors. Elle explique en partie la difficulté du renouvellement des effectifs. Et puis aujourd’hui, ceux qui jouaient en réserve, préfèrent parfois se mettre au rugby à 5 ou en loisir. Il y a un double phénomène, relate Georges Winkler. Mais nos écoles de rugby se portent très bien. Nous avons multiplié par trois nos effectif en dix ans. Il faudra laisser le temps à cette génération de grandir pour remplir les trous.»

par Guillaume Cyprien

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