Sarcelles : le rugby pour lutter contre le décrochage scolaire

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    Sarcelles : le rugby pour lutter contre le décrochage scolaire
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Une initiative singulière menée dans un collège francilien a donné des résultats épatants. 

Parce qu’elles voulaient davantage de rugby, elles ont récolté davantage de devoirs ! C’est la magie de la réciprocité opérée avec réussite par Florian Clément, le responsable de la section UNSS du collège Chantereine de Sarcelles. Ses 20 licenciées n’étaient pas satisfaites de ne jouer au ballon qu’une seule fois par semaine. Il a imaginé pour elles une pratique beaucoup plus globale, débordante sur leur temps scolaire, et totalement profitable. Le collège Chantereine est un établissement classé en Réseau d’Education Prioritaire (REP +), dans lequel 85 % des élèves sont issues de catégories socio-professionnelles défavorisées. Le décrochage scolaire y est devenu une donnée constante difficile à endiguer. Dans la section UNSS, miracle, plus aucune des filles n’est touchée par le phénomène. « Nous avons passé un deal, explique Florian Clément. Elles s’y tiennent. Les perspectives d’apprentissage et de développement les ont maintenues dans une forme d’investissement personnel. »

 

Un tournoi à Londres

Vendredi matin, le responsable est parti à Londres avec tout son groupe de filles, âgées de 15 ans, pour participer à un tournoi, qu’elles avaient elles-mêmes organisé. C’est l’une des parties de leur deal. Le rugby est devenu un acte de réflexion créative. « On a réfléchi à ce qu’on pouvait faire, et elles ont voulu donner leur vision du « Liberté, égalité fraternité », explique Florian Clément. Le projet global répond à la volonté de donner du sens à la notion de citoyenneté, et donner du sens aux apprentissages scolaires. » Elles ont donc monté de toutes pièces une compétition de l’autre côté du « Channel ». Elles ont aussi produit des vidéos sur la devise française à destination des écoles primaires de Sarcelles. Elles se sont formées l’arbitrage, et ont mené une étude sur le hooliganisme. Avant de partir à Londres, elles ont entretenu une correspondance avec les Anglaises qui les ont reçues. Dans le courant du mois de mai, elles organiseront des débats avec des sportifs de haut niveau, dont le régional de l’étape Rabah Slimani. « Dans cette aventure très riche, nous sommes vraiment partis sur la base d’un volontariat contractualisé, conclut Fabian Clément. Nous ferons le bilan à la fin, mais une chose est certaine : quand les collégiens s’intéressent à ce qu’ils font, leur capacité d’investissement devient irréprochable. » 

Par Guillaume Cyprien

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