Chambéry : La main de Dieu

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    Chambéry : La main de Dieu
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Les Savoyards ont profité d'une erreur d'arbitrage grossière à Bourg-en-Bresse. Ils l'ont mise à profit en produisant un effort collectif bluffant. Ces invités suprises sont assez inquiétants. 

L’erreur du trio arbitral sanctionnant le talonneur chambérien Girard en lieu et place de son pilier Gigashvili, a causé la perte des Bressans. Ce carton rouge, infligé très justement sur le fond, pour un déblayage cathédrale du Géorgien, a été mal géré sur la forme, et c’est ainsi que cette équipe de Chambéry, avec celui que Michel Ringeval considère comme le « meilleur pilier droit du championnat », s’est montrée capable, en toute fin de partie de résister à la pression de Bourg-en-Bresse, exercée en mêlée à 5 mètres de sa ligne. Cette péripétie de la confusion de l’arbitre de touche le confondant avec son coéquipier, est une erreur miraculeuse dont les retombées seront visibles en finale, puisque Gigashvili passant entre les gouttes, disputera aussi ce premier match en Savoie contre Nevers. Le succès tient aussi à sa part du hasard. L’autre partie qui a fondé cette qualification, le grand mérite des Chambériens, dans ce stade Verchère tenu par 8 000 spectateurs hostiles, a tenu dans leurs facultés à monter au pinacle de leur ressource morale.

 

« Nous sommes prêts »

Au firmament de cette folle demi-finale, cette passe à une main du capitaine Blanc-Mappaz adressée dans sa chute en bout de ligne à son ailier Klouchi, ce geste technique de grande classe permettant à Chambéry de reprendre les commandes, produit derrière un débordement à l’arraché du troisième ligne sur un centre, l’une des seules occasions qu’il fallait absolument convertir, a montré de quelle justesse de jeu les Chambériens pouvaient se prévaloir. Dans la tourmente, le septième du championnat a éteint le second par la supériorité de la combinaison parfaite d’un bel état d’esprit soutenu par une lucidité bluffante. Ce réchappé des aléas administratifs se présente ainsi en finale, deux ans après son échec à ce même stade du match décisif contre Aix-en-Provence, un an après son titre de champion de France du Jean-Prat, quatre ans après son passage de la Fédérale 2 vers l‘élite amateur, gonflé d’une audace et d’une expérience qui forcent le sentiment qu’avec lui, tout devient possible. 

Paradoxalement, cette formation reconstruite sur la cohorte d’une légion étrangère prégnante - huit étrangers sur le quinze de départ à Bourg-en-Bresse - est poussée par un souffle collectif incarné par la fidélité de Blanc-Mappaz à son histoire local de Savoyard pur jus. Le « p’tit gars du coin » a signé un précontrat avec Vannes pour être bien certain de jouer en Pro D2 la saison prochaine. Mais il a pris soin d’y ajouter une clause qui dit que si Chambéry y accède, il sera toujours Chambérien la saison prochaine. Il ne quitterait pas le bateau dans la tempête de la  deuxième division professionnelle. Alors que leur coentraîneur Cyril Villain a déjà signé pour un retour à Grenoble, et que Michel Ringeval s’interroge sur sa capacité à suivre le rythme du championnat professionnel, et en cas d’accession, sur sa volonté de poursuivre son aventure, les Savoyards, privés des deux exclus de Bourg-en-Bresse, et de leur centre Ahotaeiloa, rassemblent leurs dernières forces dans ce moment inattendu, cette finale à laquelle personne et pas eux-mêmes, ne pensait qu’ils s’inviteraient. « Si nous étions montés il y a deux ans, je pense que nous nous serions lancés dans une aventure difficile, dit le président Yves Garçon. Cette fois, le club est prêt ». Et l’histoire de ce jeu montre qu’il faut toujours se méfier des miraculés qui croient en leur étoile. 

par Guillaume Cyprien

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