Fulgence Ouedraogo : « Jouer dans la fracture avec les lancers en touche »

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    Fulgence Ouedraogo : « Jouer dans la fracture avec les lancers en touche »
Publié le , mis à jour

Concernant les lancers longs en touche, Fulgence Ouedraogo nous donne son avis sur la question.

Quels sont les avantages d’un lancer au-delà des 15 mètres ?

Il y en a plusieurs, selon les zones où l’on utilise cette technique. On peut y avoir recours lorsque l’on bénéficie d’un lancer à cinq mètres de notre ligne, car les soutiens offensifs sont placés sur la ligne d’en-but, soit à cinq mètres derrière, tandis que la ligne de défense et à quinze mètres. En lançant au-delà des quinze mètres sur un avant, on a de grandes chances de trouver de l’avancée : déjà parce qu’on le fait sur un joueur susceptible d’avancer au contact, mais surtout parce qu’il a dix mètres d’avance sur les défenseurs pour avancer. En général, on demande cela à un deuxième ligne, qui a l’avantage de sa taille ou au numéro huit. Ensuite, on a recours à un jeu au pied pour se dégager.

Vous avez néanmoins encaissé un essai sur cette action, la semaine dernière face à la Rochelle…

Oui, car notre réalisation a été mauvaise, et le relayeur adverse est sorti de la touche pour nous intercepter. Nous avons été un peu surpris, car nous avions eu l’impression qu’il était sorti un peu tôt des quinze mètres. On s’est fait surprendre, mais après analyse à la vidéo avec Romain Poite, il nous a montré qu’il n’était pas hors-jeu : au moment où le ballon quittait les mains du talonneur, il était encore dans les quinze mètres.

Dans quelles autres situations ce type de lancer peut être utile ?

Offensivement, il peut être intéressant au milieu de terrain, que l’on soit dans nos quarante mètres ou dans ceux de l’adversaire. Là, on s’en servira comme d’un lancement de jeu, en envoyant un centre couper la trajectoire du ballon pour venir exploiter la fracture qui existe entre l’alignement et la ligne de trois-quarts. Là encore, on peut facilement trouver de l’avancée en jouant dans cette fracture.

Et après ?

Après, il faut veiller à offrir des options à ce centre : même s’il y a une fracture, on ne doit pas l’envoyer seul au feu. Il doit disposer de soutiens offensifs autour de lui pour pouvoir exploiter au mieux l’intervalle, et prolonger l’action.

Comment s’adapter défensivement face à cette stratégie ?

Il y a plusieurs options, et il faut faire un choix : soit on décide de contrer en touche, auquel cas on place un bloc en fond d’alignement, soit on choisit, comme La Rochelle, de missionner un joueur en fond d’alignement pour tenter l’interception. C’est un coup de poker.

Quels en sont les risques ?

Ils sont multiples : le lancer à lui seul est difficile pour le talonneur. En effet, la trajectoire doit être suffisamment haute pour lober un éventuel bloc de saut placé en fond d’alignement mais suffisamment tendue pour conserver l’effet de surprise. Un lancer en cloche gâchera tout car les défenseurs auront le temps de monter sur le porteur. Il faut aussi surveiller ce fameux relayeur, qui peut sortir de l’alignement comme ce fut le cas contre la Rochelle. Ensuite, il y a une question de timing aussi : dans l’éventualité d’un lancement de jeu dans les quarante mètres, le centre doit être synchro avec le lancer du talonneur, pour prendre le ballon à pleine vitesse.

Crédit photo : Iconsport

Simon Valzer
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