Une belle renaissance

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Publié le , mis à jour

Il y a deux ans, un groupe d’irréductibles refusait la fusion avec Paray-le-Monial pour continuer à faire vivre le rugby à Digoin. Privé, sur tapis vert de finale et de qualification pour le championnat de France en 2016, le club savoure cette saison sa revanche.

Ce dimanche, Digoin a disputé les trente-deuxièmes de finale de Deuxième Série, huit jours après son titre de champion de Bourgogne/Franche-Comté. Rien de surprenant à première vue, c’est le fabuleux destin de beaucoup de clubs en ce printemps.

Mais le club de Saône-et-Loire, promu en Deuxième Série, savoure sa revanche. Il y a un an, bien que premier de poule, il n’avait pas pu disputer la finale de Troisième Série ni le championnat de France. Au printemps 2015, la fusion prévue entre Digoin (Honneur) et Paray-le-Monial (Promotion Honneur) avortait après que beaucoup de licenciés du premier considèrent que le rapprochement vire à l’absorption du deuxième par le premier.

« Au début, j’étais pour la fusion, reconnaît l’entraîneur, Patrick Pagès, sur le banc de l’équipe une lors de treize des quatorze dernières saisons et passé par… Paray-le-Monial. Le problème est que Digoin est un club centenaire et lors de l’AG, on nous a annoncé que le club disparaissait. »

Une poignée d’irréductibles choisit alors de continuer à faire vivre le rugby à Digoin quand une autre partie des licenciés émigre à dix kilomètres de là.

Digoin a payé l’année dernière le prix pour être reparti au plus bas niveau. Mais le jeu en valait la chandelle. « On serait reparti en Sixième Série s’il avait fallu, souffle le coach. L’important est que le club soit vivant. Les joueurs attachés au club sont présents. Cela a permis de souder tout le monde : joueurs, entraîneurs, dirigeants. C’est une belle aventure humaine. Nous sommes tous dans le même bateau, c’est le plus important. Nous étions un peu insoumis. »

Et cet esprit de rébellion a fonctionné. Sur les terrains, l’équipe, entraînée par Patrick Pagès, Michel Morlot, ancien buteur émérite du club en Groupe B, et Mathieu Abadie, a vite grimpé les échelons, avec un noyau dur de joueur avec l’expérience des niveaux supérieurs.

Dans les tribunes, le public est également revenu. Près de six cents spectateurs en moyenne sont venus cette saison assistés aux rencontres, en Première Série… Lors du dernier match de poule, contre Saint-Martin-du-Lac, ils étaient neuf cents.

Alors, pour un club qu’on disait moribonds il y a deux ans, et dont le salut passait par une fusion avec son voisin, ce rebond est une belle revanche pour tous les irréductibles qui se battent depuis pour faire vivre le rugby.

« Non seulement le public est revenu mais un club d’anciens a été créé, se réjouit le président, Didier Terrier. Le professionnalisme, ce n’est pas pour nous. à notre niveau, on préfère cultiver le rugby d’antan, fait de convivialité et d’amitiés. Ici tout le monde adhère à ça. Si un jour, on a une belle génération de joueurs, on pourra viser plus haut. »

Ce n’est tout de même pas une raison pour se limiter. Promue en Première Série la saison prochaine, l’équipe ne compte pas jouer le maintien et pourrait se rapprocher un peu plus sportivement de Paray-le-Monial, qui a terminé cinquième en Honneur.

Par Sébastien Fiatte

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