Lève-toi et marche, Dan !

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    Lève-toi et marche, Dan !
Publié le , mis à jour

Auteur d’une saison décevante, le néo-zélandais semble monter en puissance depuis un mois.

Il avait débarqué dans les Hauts de Seine lesté de la réputation de « meilleur joueur du monde » qui lui colle à la peau depuis près de dix ans. En deux semaines à peine, Dan Carter s’était fondu dans l’effectif du Racing 92, poussant ses coéquipiers à se hisser à son niveau de réussite et d’exigence, prenant même en mains une partie des lancements de jeu et de la stratégie de l’équipe des Hauts de Seine. En l’espace de huit mois, l’ancien demi d’ouverture des All Blacks avait donc donné raison à Jacky Lorenzetti, participant à une finale de Champion’s Cup (21-9) avant d’offrir au Racing le premier titre de son histoire contemporaine (29-21, à Barcelone face à Toulon). À cette époque, il fallait bien se résoudre à penser que Carter -arraché aux offres japonaises pour la coquette somme de 1,2 million d’euros par an- avait métamorphosé à lui seul les Ciel et Blanc et bel et bien mérité les louanges s’étant abattu huit mois durant sur son humble personne.

Et puis, quoi ? Les nuages se sont amoncelés au-dessus de la tête de l’enfant de Southbridge. En octobre dernier, l’affaire des corticos a éclaté, ses analyses d’urine ont été divulguées sur Canal + Sport à une heure de grande écoute, poussant le champion du monde à s’interroger bien plus qu’il ne l’avait jamais fait. A-t-il alors pensé à quitter la banlieue parisienne ? Oui. A-t-il songé à revenir en Nouvelle-Zélande pour y finir paisiblement ses jours ? Oui. Il en a même touché un mot à son président Jacky Lorenzetti, au moment où le verbe de l’ancien patron de Foncia s’est fait plus dur qu’à l’accoutumée (après une défaite à Glasgow : « Dan Carter joue au ralenti »). Chienne de vie, hein ? Lâché par ses partenaires historiques (Land Rover et Moët et Chandon) au lendemain d’un contrôle positif survenu sur les Champs-Élysées, particulièrement touché par l’affaire à laquelle fut mêlé son meilleur ami Ali Williams, l’ancien meneur de jeu des Crusaders a broyé du noir. Plus qu’à aucun autre moment de sa vie. À sa décharge, on peut avoir été touché par la main de Dieu à sa naissance et paraître bien emprunté sur un terrain de rugby, dès lors que le paquet d’avants censé vous offrir des munitions ne joue plus en avançant…

Il était du dernier naufrage…

Pour Carter, les vents ont semble-t-il tourné il y a un mois, au fil d’un voyage à Lille ayant permis aux Racingmen de tordre le cou à Clermont (27-24) et, par la même occasion, de relancer leur saison. Depuis, le meneur de jeu (20 titularisations toutes compétitions confondues, cette saison) a semble-t-il retrouvé sa facilité, son aisance technique et sa puissance au pied. Excellent face à Bordeaux-Bègles le week-end dernier (22-20), Dan Carter revient en forme au bon moment, doit une revanche aux supporters franciliens et devra faire oublier, samedi après-midi, qu’il fit partie du dernier naufrage dans l’Hérault (54-3). Si le Racing 92 veut défendre son titre de champion de France jusqu’au bout, il aura besoin d’un Dan Carter saignant, inspiré, passeur décisif comme il le fut lors du derby francilien et marqueur d’essai comme lors de la victoire face à Bordeaux. Jusqu’ici, le champion du monde a toujours répondu présent dans les moments importants. Lui est offert une occasion de ne pas nous faire mentir…

Marc Duzan
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