Marcel Van der Merwe « Je suis devenu Toulonnais ! »

Son rapport avec Marc Dal Maso, sa progression, la découverte de Mayol, son retour en sélection... Alors qu'il disputera ce soir son premier match de phases finales de Top14, Marcel Van der Merwe s'est confié à Midi Olympique.

 

Marcel, vous avez rejoint Toulon à l'intersaison. Appréciez-vous votre nouvelle vie ?

C’est officiel, je suis devenu Toulonnais (rires) ! La vie à Toulon est géniale, notamment parce que c’est le sud et que donc forcément les gens sont gentils, accueillants. Ça me fait penser au Cap, même si je suis de Pretoria. Ici, les gens adorent le rugby, ils sont vraiment passionnés. Malgré tout il y a beaucoup de pression autour des résultats du RCT. Donc si tu joues bien, la vie est belle.

 

Ce n'est pas le cas ailleurs ?

En arrivant on m’a rapidement expliqué « qu’ici tout était différent ». Je peux désormais le confirmer. Il suffit de parler avec les Toulonnais pour le comprendre. Il fait bon, il fait beau, tout est cool, mais quand tu es joueur de rugby, les gens attendent des résultats et n’hésitent pas à te le rappeler. Ici, tu es rugbyman avant tout ! Si tu gagnes, le club, le propriétaire et toute la ville sera heureuse et ta vie sera paisible. En revanche, quand il y a des hauts et des bas, c’est plus difficile. A Toulon plus qu’ailleurs nous avons la responsabilité de gagner chaque match. Il suffit de regarder Mayol...

 

C'est-à-dire ? 

C'est l'une des choses qui explique que Toulon est différent... peut-être même la principale ! Quand j'ai disputé mon premier match à Mayol, j'ai découvert la passion qu'avaient les Toulonnais pour ce club. L'ambiance, l'arrivée en bus, les supporters... Chaque match est un véritable test, c'est un sentiment incroyable ! 

 

Vous affirmez avoir progressé, en tant que pilier, depuis votre arrivé. Comment pouvez-vous l'expliquer ?

Je pense être désormais un joueur plus complet, car j'ai progressé en conquête. Pourquoi ? Déjà, parce que la technique en mêlée est différente en Europe et en Afrique du Sud. Ici tu dois être capable de t’adapter à la mêlée de ton adversaire, qui peut évoluer en cours de match. De plus, en France, la mêlée fermée est très observée. Tout le monde la scrute, l’apprécie et c’est une chose indispensable. Ça rajoute une pression supplémentaire.

 

Marc Dal Maso et Richard Cockerill ont-ils compté dans votre progression ? 

Définitivement. Marc aide énormément les piliers. Il travaille beaucoup avec la vidéo, c’est un grand passionné de mêlée. Et si quelque chose ne va pas il va rapidement réagir et nous demander de changer des détails. «Change ce pied, où la position de ton bassin». Il identifie le problème rapidement et nous apporte la bonne solution. C’est vraiment très précieux pour un pilier. Je dirais que Marc a véritablement compté dans mon acclimatation au rugby européen et français. Il m’a permis de franchir un cap, notamment dans le secteur de la mêlée fermée. C’est un entraîneur différent. Il est très pointilleux et est capable de voir ce qui empêche une mêlée d’avancée les yeux fermés. Puis humainement il est très attachant. Parfois dur mais attachant.

 

Sportivement le RCT a connu de grandes difficultés tout au long de la saison. Pourtant depuis un mois, et l'arrivée de Richard Cockerill, tout semble aller pour le mieux. Est-ce que quelque chose a changé dans le groupe ?

Pas vraiment. C'est vrai que cette saison nous avons connu les montagnes russes, mais je pense que l'équipe est composée de nombreux grands joueurs, qui ont su prendre leur responsabilités. Donc les petits changements, notamment au niveau du staff, ont aidé l'équipe à progresser, mais ils ont en plus permis au groupe de se souder. Je pense qu'aujourd'hui, le groupe est très fort. Il y a une très bonne ambiance entre les joueurs, et comme les mecs sont contents d'être ensemble, ça se retranscrit sur le terrain. Je ne sais pas si c'est le staff, le soleil ou l'odeur des phases finales... Mais un truc est en train de se passer !

 

Désormais, Toulon est à trois matchs du bouclier de Brennus. Pensez-vous sincèrement que le RCT peut être champion de France ?

Absolument ! On ne joue pas à 100% tous les week-ends si on ne pense pas pouvoir être champions. Si chaque samedi, quand on arrive sur le terrain, on ne croit pas que l'on va gagner le match, on est égoïstes. Il faut que l'on pense aux gens qui prennent du temps, qui achètent leur billets, qui travaillent toutes les semaines pour se payer une place, à notre famille, à nos amis... Donc je crois vraiment à 100 % que l'on peut remporter le championnat, à condition que l'on continue de travailler dur.

 

Selon vous, le RCT est-il favori ou outsider ?

C'est difficile à dire. Je ne crois pas que nous soyons favoris, comme je ne crois pas non plus que nous soyons outsiders. Personne ne vous dira que le RCT n'a aucune chance de remporter le championnat. Pour autant, Toulon est une équipe différente et je pense que peu de gens mettraient de l'argent sur nous. Nous sommes entre les deux.

 

A compté du 1er juillet, un joueur comptant moins de 30 sélections et évoluant à l'étranger ne pourra plus être appelé avec les Springboks. La sélection reste-t-elle un objectif malgré tout ?

Retrouver la sélection ? C’est mon rêve. J’ai toujours voulu porter le maillot des Springboks. Mais aujourd’hui, mon principal objectif est d’être le meilleur pilier possible à Toulon. Et c’est sincère. Je veux gagner des trophées avec Toulon, un club et une ville qui ont su me séduire. Ensuite, si les Springboks veulent me sélectionner je serais très heureux de porter à nouveau ce maillot.

 

Propos recueillis par Pierrick Ilic-Ruffinatti.

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Toulon sans vouloir le faire Gagne a 16 Ruiz toujours avec le nouveau bon dieu=Bernard Laporte(président de la FFR) ex Coach de Toulon Castres récolte 2 essais refusés,même^si toulon récolte 2 jaunes et donne 1 essai de pénalité a castres,Ruiz a fait le score pour TOULON