Agen - Montauban, dernier bouchon avant le Top 14

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    Agen - Montauban, dernier bouchon avant le Top 14
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Un derby, une affiche inédite pour une finale d’accession qui s’annonce explosive entre le deuxième et le troisième de la saison régulière dans un stade de Chaban-Delmas habitué aux joutes pour l’accession dans l’élite.

Attention, ça va klaxonner fort au péage de Saint-Selve ce dimanche. Supporters agenais et montalbanais vont débarquer sur la cité bordelaise pour l’ultime défi de la saison. Moins de quatre-vingts kilomètres distancent Montauban d’Agen, pour ce derby de l’A62, entre voisins du Lot-et-Garonne et du Tarn-et-Garonne séparés par les imposantes cheminées de la centrale nucléaire de Golfech. Des ralentissements, voire des bouchons, sont donc à prévoir aux alentours de midi à l’entrée de Bordeaux car les amoureux des deux équipes devraient répondre en masse pour cet événement, ultime obstacle à franchir avant les strass et les paillettes du Top 14. Aucun doute ne planait du côté des Montalbanais tout heureux de goûter pour la première fois à l’ivresse d’une phase finale d’accession de Pro D2, déjà bien joyeux lors de la demi-finale victorieuse dans un Sapiac chauffé à blanc. En revanche, la retenue des supporters agenais le week-end dernier pour soutenir les leurs face à Biarritz laissait apparaître un engouement modéré pouvant s’expliquer par la répétition de caviar, puisque le SUALG disputera sa troisième finale d’accession en quatre ans. Il semble néanmoins que le peuple d’Armandie soit prêt à se mobiliser pour se rendre au stade Chaban-Delmas ce dimanche. Les fans lot-et-garonnais auront-ils leur revanche ? En effet, quand ils étaient déjà venus à Bordeaux en 2014, ils avaient été noyés au milieu d’une marée jaune et noire, couleurs d’une formation rochelaise qui l’avait emporté, contraignant les Agenais à patienter une année supplémentaire avant de rejoindre l’élite.

Alors au-delà de savoir s’il était prudent de faire jouer Clément Darbo, demi de mêlée du SUALG jusqu’au 30 juin avant de prendre la direction de Montauban, le manager Mathieu Blin a surtout tenu à mobiliser les supporters, ne cachant pas qu’il avait été saisi par une émotion indescriptible quand le bus était arrivé au stade Ernest-Wallon lors de l’obtention du précieux sésame face à Mont-de-Marsan. Il sait que la logique et la raison ne sont pas des garanties solides pour espérer s’imposer dans une finale. Il convient de basculer dans une réalité plus abstraite, quasi-irrationnelle, celle qui fait naître les légendes et fabrique des souvenirs, tant que le credo « une finale, ça ne se joue pas, ça se gagne » reste parole d’évangile des dieux du stade.

 

Puissance agenaise vs défense montalbanaise

Des légendes et des souvenirs, deux éléments qui vont guider la troupe de Pierre-Philippe Lafont et Chris Whitaker jusqu’au stade Chaban-Delmas, alors nommé Parc Lescure où l’équipe de Montauban a remporté son unique Bouclier de Brennus. C’était il y a cinquante ans, en 1967. Une finale où les Tarn-et-Garonnais, pas forcément attendus à ce niveau-là, s’étaient imposés sans être favoris au départ puisqu’ils affrontaient une formation béglaise évoluant quasiment à domicile. « Nous marchons dans les pas de ceux de 1967… » a glissé l’ancien pilier du club, aujourd’hui jeune chef de meute, heureux de conduire Montauban à Bordeaux même si l’adversaire semble redoutable. En effet, Agen est la seule équipe à avoir battu deux fois Montauban cette saison. Les Tarn-et-Garonnais ont d’ailleurs loué la qualité et la puissance des avants agenais qui n’ont laissé aucune chance aux Biarrots en demi-finale. Mener deux à zéro aux points avant l’ultime round n’est pourtant pas une assurance pour des Agenais qui le savent mieux que quiconque, eux qui sont toujours arrivés en finale en comptant deux succès face à leurs adversaires avec des fortunes diverses, que ce soit La Rochelle en 2014 et Mont-de-Marsan en 2015. D’ailleurs, Mathieu Blin et ses joueurs, promis à un retour logique en Top 14 après avoir été une des rares équipes du championnat à jouer des coudes sur la longueur avec le champion de France Oyonnax, ont tenté d’annihiler un éventuel ou supposé avantage sur les Montalbanais. L’ancien talonneur du Stade français répétant à l’envi que le voisin tarn-et-garonnais se présentera ce dimanche avec l’étiquette de favori dans le dos, porté par un public enthousiaste, par la rage d’oublier la descente administrative au niveau amateur, et pouvant s’appuyer sur une extraordinaire ligne défensive, la meilleure de la phase régulière. Mais Agen, deuxième attaque, a des arguments offensifs à faire valoir. Une finale ouverte en somme, mais Bison Futé est déjà sûr d’une chose : seule la moitié des supporters auront le sourire au moment de reprendre l’A62. Pour les autres, la route paraîtra plus longue que le matin.

Nicolas Augot
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