Liam Gill : « Personne ne croyait en nous »

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    Liam Gill : « Personne ne croyait en nous »
Publié le / Mis à jour le

Débordant d’activité vendredi soir, l’Australien a été un élément clé de la victoire varoise et, plus globalement du renvouveau toulonnais observé ces dernières semaines. Le jeune flanker, heureux d’aller à Marseille, s’est confié sur les coulisses de ce retour fracassant...

En dépit de votre carton jaune, vous vous êtes encore illustré par votre activité. Quel regard portez-vous sur votre match ?

J’ai le sentiment de me trouver au bon endroit. J’ai envie de donner davantage à l’équipe, au fil des rencontres. J’espère vraiment jouer la semaine prochaine. Jouer une demi-finale, à Marseille, ça va être génial. Je n’ai pas disputé de finale depuis 2011. J’adore retrouver l’excitation de ces matchs, ce sont les meilleurs.

 

Qu’est ce qui vous guide, au sein de cette équipe ?

Gagner. Toulon est une grande équipe, avec de grands joueurs. Maintenant que nous entrons dans les matchs couperets, on sent que chacun d’entre nous devient meilleur. Et nous avons de vrais leaders. Ce soir, ce sont eux qui ont pris les choses en main quand nous étions réduits à treize. Résultat, l’équipe a été encore meilleure alors que nous étions deux de moins sur le terrain.

 

Comment vous sentez-vous au moment où vous écopez d’un carton jaune ?

Mal. Et un peu agacé aussi, parce que je trouvais que mon adversaire (l’ouvreur castrais Benjamin Urdapilleta, N.D.L.R.) tombait à ce moment-là, et que mon plaquage haut n’est absolument pas intentionnel. Mais c’est comme ça, ça fait partie du jeu.

 

Le retour en force du RCT observé ces dernières semaines est impressionnant. Quelle est la clé ?

Oui, c’est fantastique. La clé ? C’est simple : il y a un mois, on s’est dit qu’il nous restait quatre matchs à domicile pour nous qualifier. Quatre finales, auxquelles s’ajoutait le déplacement à Bordeaux. On s’est assis autour de Richard (Cockerill) Matt (Giteau) et de nos leaders, et on s’est fixé cet objectif. Il y a un mois, personne ne croyait en nous. Personne ne nous pensait capables de décrocher un barrage à domicile. Collectivement, on a prouvé quelque chose : quand il y a un challenge à relever, les joueurs se lèvent et font face. On s’est resserré autour de nos leaders, de notre défense. Et puis on est devenus plus malins : on a cessé de jouer n’importe comment de n’importe quel endroit du terrain. On est devenus plus pragmatiques, plus efficaces.

 

Ce retour était-il inattendu ?

Non, car ce groupe en était capable. Franchement, quand on lit les noms des mecs qui la composent… Je ne réalise pas exactement comment tout cela s’est mis en marche, mais à un moment on s’est dit : « Ok, stop. Quatre matchs, à fond. Et après on verra ».

 

Quel rôle Matt Giteau a joué dans ce renouveau ?

Il est très intelligent. Le fait qu’il devienne entraîneur fut un grand plus pour nos trois-quarts, qui ont pu peaufiner leur jeu, leurs courses, etc. Même pour moi il a été précieux, car j’ai pu devenir plus précis sur mes courses de soutien et aller plus loin dans la compréhension globale de notre jeu. Et puis il a une approche différente du jeu, parce qu’il est lui-même joueur : du coup, il sait exactement comment cela se passe sur le terrain. Il a ses idées, mais il laisse aussi l’équipe avoir les siennes, et s’approprier les siennes sans forcer les choses. Il propose, et laisse les joueurs intégrer ce qu’il veut. C’est une excellente approche. Et aujourd’hui, il semblerait que sa jambe est pleinement rétablie. Alors j’espère qu’il pourra revenir sur le terrain avec nous.

 

Et Richard Cockerill ?

Quand Richard a repris l’équipe, il est allé à l’essentiel. C’est lui qui a dit : « Ok les gars, quatre matchs ». Il nous a tous concentrés sur cet objectif. C’est aussi lui qui a dit qu’on devait être plus intelligents dans notre jeu, et a stabilisé le XV de départ. Maintenant nous avons de bons repères collectifs. Ça aide.

 

À l’entraînement, il a donné l’impression de vous transmettre de l’énergie…

Richard est quelqu’un de très énergique et entraînant. Il est droit dans ses bottes, tant dans son coaching que dans le jeu. Sa méthode a fonctionné et aujourd’hui nous sommes là.

 

Quel regard portez-vous sur La Rochelle ?

C’est une équipe puissante, qui sait aussi mettre beaucoup de volume de jeu. Ils sont dangereux. Ils adorent jouer. Une demi-finale à Marseille, c’est parfait pour nous. On sera quasiment à domicile. J’ai joué deux fois contre eux, une fois en tant que titulaire et la seconde seulement dix minutes. Ils m’ont impressionné. Si on leur laisse une demi-chance, ils attaquent fort, très fort. Nous les avions mis sous pression, mais on n’a pas su les maintenir sous celle-ci. Et boom, ils ont marqué.

 

Y a-t-il un joueur qui vous a marqué ?

Oui, deux. Le 7 et le 12, deux joueurs fidjiens.

 

Je crois que vous parlez du même…

Oh, vraiment ?

 

Oui, Levani Botia a débuté la saison au poste de premier centre avant de glisser dans le pack…

C’est vrai ? C’est dingue ! Pardon, je ne l’avais pas reconnu. Voilà, cela montre bien que ce mec sait tout faire. Il m’a impressionné. Ici à Mayol, il a été très bon.

Simon Valzer
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