Sylvain Masson, joueur, entraîneur, globetrotter

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    Sylvain Masson, joueur, entraîneur, globetrotter
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Le nouvel entraîneur des avants monégasques, le deuxième ou troisième ligne Sylvain Masson, a déjà connu plusieurs vies rugbystiques.

Depuis dix jours, les Monégasques sont déjà à pied d’œuvre avec leur nouveau staff. Pour la saison prochaine, l’entraîneur principal, Ludovic Chambriard, a fait appel à Sylvain Masson, comme entraîneur et joueur. À bientôt 32 ans — l’été prochain — le deuxième ou troisième ligne a déjà connu plusieurs vies, autant professionnelles que rugbystiques. Depuis trois ans, il occupait les mêmes fonctions en Italie, à San Remo. Mais c’est la destination la moins exotique qu’a connue le joueur depuis ses débuts à Roche-la-Molière. Après un quart de finale en Crabos, avec Florian Fritz et Gérald Gambetta, Sylvain rejoint Toulon en 2004. Sur la rade, il frôle le pire. Touché en l’air sur un coup d’envoi, il retombe lourdement et se blesse gravement à une jambe. Pire, arrivé à l’hôpital, on diagnostique une dissection de l’artère vertébrale. « Il y a un avant et un après ma blessure », reconnaît le joueur. Après un an de rééducation il rejoue deux matchs avec les Espoirs de Toulon puis termine la saison 2007 avec Saint-Étienne, avant d’arrêter le rugby. Il coupe avec le rugby et tient une librairie-papeterie au Mourillon. Mais l’ovale le rappelle. À 24 ans, il est capitaine de Gap (Honneur) et enchaîne à l’été 2011 avec le championnat… suédois ! « J’ai rencontré un Français dans la librairie qui m’a proposé de jouer là-bas. Le niveau y est surprenant. Il y a beaucoup de gros gabarits et de points de fixation. Il m’est arrivé de jouer centre. C’est la seule fois de ma vie ! »

L’été suivant, son goût pour le voyage l’emmène cette fois en Inde, chez les Jungle Crow, avec pour objectif de se servir du rugby pour aider les populations dans les bidonvilles. « Au bout de deux jours, j’ai hésité à repartir, reconnaît-il. Il y a tellement de misère qu’on se dit que tout ce qu’on pourra faire ne servira à rien. J’ai rencontré des gens extraordinaires. En Inde, des gens m’ont montré ce qu’était le courage au quotidien… »

 

Entraîneur en Italie à 28 ans

Ensuite, il enchaîne Six-Fours, puis Nice, où les deux aventures se terminent à chaque fois en queue de poisson. « Je suis un peu parti comme un Zorro, sourit-il. Ça fait partie de la construction d’un individu. Mais je ne suis en mauvais terme avec personne. »

En mars 2014, après avoir quitté Nice, il décline la proposition de Grasse, et se rend à l’Union Riviera, à San Remo, qui évoluait en C2, l’équivalent de la quatrième division. Après quelques matchs avec les Italiens, le manager lui propose de jouer et d’entraîner, à seulement vingt-huit ans. « J’avais des contacts avec Saint-Raphaël et Nice mais pourquoi pas, interroge encore Sylvain, dans un éclat de rire. Cela a été une super expérience. Je me suis fait la main comme entraîneur et je parle italien couramment. » Il pourra mettre ses compétences au service de Monaco, puisque cinq joueurs italiens l’ont suivi. Il devrait même le faire tout l’été, une rareté, puisque l’été dernier, il était encore parti promouvoir le rugby à Memphis cette fois, pendant deux mois. « Je pense me fixer » assure le joueur, qui découvrira les joies de la paternité en septembre.

 

par Sébastien Fiatte

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