Azéma : "Si j'avais pu rentrer, plaquer..."

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    Azéma : "Si j'avais pu rentrer, plaquer..."
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Au soir du dimanche 4 juin, Franck Azéma a remporté son premier titre en tant que manager. Le boss clermontois raconte son match...

Que ressentez-vous ?

C'est une immense fierté et, surtout, un très grand soulagement. Nous allons désormais pouvoir tourner la page... [...] Quand tu es capable de gagner deux titres en sept ans, c'est que tu as des ressources. Quand tu reviens autant de fois en finale, gagner un Bouclier de Brennus est la normalité. Franchement, ça fait plaisir de voir les gens heureux autour de nous.Nos supporters sont magnifiques. Ils sont aujourd'hui récompensés de leur soutien et de leur fidélité.

Comment avez-vous vécu la dernière minute de jeu, à l'instant où Toulon faisait le forcing près de votre ligne d'en-but ?

Difficile... Très difficile... Si j'avais pu rentrer sur le terrain pour plaquer, je l'aurais fait. Je revois la fin de ce match incroyable: il y a un turn over pour nous, on prend une pénalité, puis une autre. En tribunes, je me demande si ça allait s'arrêter un jour. Et puis, nous avons finalement été délivrés par le coup de sifflet final de Romain Poite. Quel bonheur...

Vous avez toujours autant de soucis au poste de deuxième ligne, en revanche...

Je vais vous dire: je comptais dans mon groupe en début de saison cinq deuxième ligne (Flip van der Merwe, Sébastien Vahaamahina, Arthur Ithurria, Paul Jedrasiak et Sitaleki Timani). Au crépuscule de cette finale, il ne m'en restait plus qu'un valide! Paul (Jedrasiak), puisque c'est de lui qu'il s'agit, a d'ailleurs rejoint l'équipe de France en Afrique du Sud.

Cette finale de Top 14 fut à bien des égards acharnée...

C'est le type de match où il faut se battre jusqu'à la dernière seconde. Et c'est bon de voir les gars se sublimer jusqu'au denrier instant pour conquérir ce titre de champion qui nous tenait tant à coeur. Je suis très fier de l'ensemble du groupe et de ce qu'il a réalisé cette saison. On fait deux finales et on en gagne une: c'est mérité.

Est-ce la plus belle saison de l'histoire de l'ASMCA ?

Je ne sais pas... C'est une saison énorme, en tout cas.

Vos joueurs ont réalisé une superbe première mi-temps avant de baisser de pied. Comment l'expliquez-vous ?

On jouait Toulon, voilà tout... Si on avait pu tenir quatre-vingt minutes à ce rythme, j'aurais signé tout de suite. Mais face à une telle équipe, ce n'est pas possible. Il faut d'ailleurs tirer un grand coup de chapeau aux Toulonnais. Après une saison difficile, ils ont fait preuve d'un beau caractère, leur performance en finale en est la preuve.

Avez-vous été destabilisé par le carton jaune écopé par votre numéro 8 Fritz Lee ?

Oui, bien sur. On a d'ailleurs beaucoup souffert pendant ces dix minutes. Mais chaque fois que l'on a été acculé, il y a eu un turn-over, on a dégagé la balle et ça nous a permis de souffler. Tout le monde s'est sacrifié, au Stade de France. Tout le monde a laissé sa chemise sur cette finale.

Ce titre est aussi votre premier titre en tant que manager...

J'ai la chance d'avoir un staff énorme autour de moi, des gens qui s'investissent presque jour et nuit pour le club. J'ai travaillé notamment pendant trois ans avec Jono Gibbes. Au-delà d'être un très bon technicien, c'est un homme d'une richesse incroyable. Il va me manquer.

Quel sera l'objectif la saison prochaine ? La Champions Cup ?

Laissez moi savourer, d'abord... Nous venons de traverser onze mois de pression intense. Mais cette victoire est le début de quelque chose. Dès la reprise, on aura envie de basculer sur une nouvelle aventure. 

Marc Duzan
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