Bernard Le Roux : « Pour la France, je serais prêt à jouer pilier »

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    Bernard Le Roux : « Pour la France, je serais prêt à jouer pilier »
Publié le , mis à jour

Pour la première fois de sa carrière, Bernard Le Roux, le Sud-Africain du pack tricolore affrontera les Springboks sur ses terres natales. Un rendez-vous forcément particulier pour le joueur du Racing, amené une nouvelle fois à dépanner au poste de deuxième ligne.

Enfin, vous voilà sur vos terres natales pour affronter les Springboks. On imagine que c’est un rêve qui prend forme...

(il sourit) La seule fois où cela aurait pu avoir lieu, en 2013, j’avais été sorti du groupe alors que je venais de jouer contre le Tonga… Cela avait été une grosse déception ! Je vais essayer de préparer cette rencontre comme un match normal, même s’il sera forcément différent. Parce que j’ai grandi ici, mais surtout parce que je vais y passer deux semaines de vacances après la tournée. Gagner me rendra le séjour plus facile qu’en cas de défaite (rires).

Quel regard portez-vous sur la sélection sud-africaine ?

Ils sortent d’une année difficile, perturbée par les problèmes politiques, qui a débouché sur ce changement de staff. Mais il y a toujours de très bonnes individualités et, connaissant la réputation des nouveaux entraîneurs, je suis certain que les Boks seront très bien organisés en conquête et en défense. Ils vont revenir au style historique sud-africain, avec du défi physique, une bonne touche, de bons ballons portés, beaucoup de jeu au pied de pression. De toute façon, ce n’est pas dans leur intérêt de copier un autre style. Chaque pays a sa culture de jeu et doit la respecter.

N’allez-vous pas vous tromper au moment des hymnes ?

Il n’y a pas de risque ! (rires) La France est le pays que j’ai choisi, celui dont je veux défendre les couleurs. Toute ma famille est fière de moi pour cela, et je sais que j’ai effectué le bon choix. Cela fait neuf ans que je suis parti, je ne connais plus grand-monde chez les Springboks, hormis mon ami François Steyn.

Justement, celui-ci effectuera son retour après quatre ans d’absence...

On en avait discuté un peu, après le barrage entre le Racing et Montpellier. Il venait juste d’apprendre qu’il était sélectionné quatre ans après sa dernière cape et en était à la fois très heureux et surpris. Du coup, il était un peu moins déçu que ses partenaires d’avoir perdu, car il pouvait rentrer au pays plus vite et postuler pour le premier test (rires)

Pourquoi les sélectionneurs lui ont-ils ouvert la porte, et pas aux autres joueurs du MHR, par exemple ?

Je n’en ai aucune idée. J’imagine que les Springboks ne veulent pas prendre des joueurs trop près de leur fin de carrière. Après, la nouvelle politique de la Fédération vis-à-vis des joueurs exilés à l’étranger, c’est de les sélectionner seulement s’ils comptent plus de 35 sélections, à l’image de ce qu’avait mis au point Michael Cheika avec l’Australie. Du coup, même s’ils sont des supers joueurs, Paul Willemse ou Jacques Du Plessis ne peuvent pas être sélectionnés. C’est pour cette raison, également, que Kitschoff a quitté l’UBB cet été… Pour en avoir discuté avec Willemse, il était très déçu. Il aurait au moins être appelé par la Fédération pour savoir s’il envisageait de rentrer au pays, mais n’a eu aucun contact avec personne. Mais bon… Il faut dire qu’en deuxième ligne, les Springboks ont toujours de la réserve avec Etzebeth, Mostert...

En parlant de deuxième ligne, vous allez certainement endosser ce rôle en tant que remplaçant, au vu des absences du moment...

Autant en club je préfère jouer flanker, autant pour l’équipe de France je serais prêt à jouer pilier si on me le demandait ! Deuxième ou troisième ligne, avec les Bleus, je m’en fous. Tout ce qui compte, c’est de faire les meilleurs matchs possibles.

Être Sud-Africain vous octroie le privilège de comprendre la langue des Springboks. Utile pour décoder les annonces en touche ?

(il se marre) C’est vrai qu’ils annoncent la plupart de leurs touches en afrikaans, qui est ma langue maternelle... Ne vous en faites pas, je me suis déjà penché dessus pour essayer de trouver quelques solutions et les faire remonter à Yannick Bru. On ne sait jamais…

Et dans la vie quotidienne, cela s’avère-t-il précieux pour vos coéquipiers ?

Pour une fois que c’est moi qui peux aider, j’en profite... Cela passe par des petits détails. L’autre jour, j’ai accompagné des mecs chez le coiffeur, puis j’ai organisé ce petit safari qui a permis aux gars de découvrir un peu l’Afrique du Sud, de voir des animaux… Malheureusement, avec le rythme des entraînements et le match qui se rapproche, on ne va plus avoir l’occasion de faire grand-chose d’autre que de l’entraînement et de la récupération. Il va falloir être prêt.

par Nicolas Zanardi

Nicolas Zanardi
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