Bilan des blessures : Toujours plus haut !

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    Bilan des blessures : Toujours plus haut !
Publié le , mis à jour

Les blessures sont de plus en plus fréquentes et touchent des zones du corps de plus en plus hautes : dont les si menaçantes commotions… Tech XV tire le signal d’alarme.

La progression des accidents de jeu est suivie de très près, depuis une dizaine d’années, par la LNR et la FFR via l’observatoire médical du rugby. Tech XV, le syndicat des entraîneurs, vient de sortir un document qui synthétise toutes ces données. Les chiffres sont édifiants.

 

Blessures plus dynamiques

Surprise : près de 70% des blessures concernent le haut du corps, soit la tête, la face, la zone du cou et le rachis cervical. Ceci contre un peu plus de 30 % seulement pour les membres inférieurs ; l’entorse du genou n’est donc plus la seule hantise des rugbymen. Voici l’une des évolutions majeures du rugby moderne. Le phénomène vient de toutes ces collisions à grande vitesse et du désir de plaquer haut, souvent à deux, pour bloquer le ballon. Le joueur plaqué se blesse plus souvent que le plaqueur. On se blesse aussi de plus en plus souvent sur des phases dynamiques (regroupements, plaquages) et de moins en moins sur les touches et les mêlées. En fait, 70 % des blessures surviennent lors de la phase « plaqueur-plaqué » et sur la phase des regroupements, qui suit généralement l’action du plaquage.

Une donnée est assez inquiétante si l’on en juge le rapport de Tech XV : le nombre commotions cérébrales est en augmentation constante : 53 lors de la saison 2012-2013, 59 en 2013-2014 et 66 en 2014-2015. Le nombre de « traumatismes crâniens simples » est aussi en nette augmentation : 9 en 2013-2014 et… 36 en 2014-2015 !

 

Ouvreur, un poste sensible

L’observatoire médical du rugby a analysé les blessures en fonction des postes des joueurs. On se rend compte que les demis d’ouverture sont aujourd’hui les joueurs les plus exposés. Ils récoltent en effet le plus de blessures de plus de trois mois par poste sur la période 2012-2015 : 26. C’est la preuve que l’ouvreur est souvent visé par les équipes adverses, qui veulent le dégommer. Le numéro 10 est donc le recordman des blessures aux cervicales et des commotions cérébrales. Colin Slade, l’ouvreur de Pau, n’a pas été ménagé par ses adversaires cette saison ; au point de déclencher la colère de ses entraîneurs qui ont dénoncé une stratégie de démolition. à noter que les demis de mêlées, petits gabarits proches des avants, n’ont pas le même genre de blessures que leur partenaire de la charnière. Ils souffrent d’avantage de blessures aux épaules et genoux.

 

32 % des commotionnés restent sur le terrain !

La question des commotions cérébrales reste la grande priorité des instances du rugby. à commencer par World Rugby qui a lancé un protocole de contrôle et de prévention en 2014. Ces blessures sont les plus inquiétantes puisque leurs conséquences à long terme peuvent être très invalidantes. Entre 2012 et 2015, leur nombre a crû régulièrement. Outre les ouvreurs, les plus exposés sont les talonneurs. On se rend compte que dans 32 % des cas, les « commotionnés » restent sur le terrain ; ce qui fait très peur aux médecins.

Ce nouveau fléau ne doit pas nous faire oublier la fragilité du genou et de ses ligaments. On se blesse toujours à cette articulation surtout chez les joueurs de première ligne et… les ouvreurs (décidément pas épargnés). Les chiffres ont augmenté entre 2012 et 2015. Une autre partie du corps est particulièrement blessée : l’épaule avec la fameuse « acromio ».

 

Par Jérôme Prévôt

Jérôme Prévot
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