Déjà, à Tucuman

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    Déjà, à Tucuman
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Les Bleus ont, comme l’an dernier, raté leur premier test-match estival. Comme l’an dernier, la semaine qui suit s’annonce musclée. Le sélectionneur ne s’en cache pas.

D’une année à l’autre, les tournées d’été se ressemblent. Au moins dans leur entame. Une équipe arrivée sur place en deux temps, au gré du Top 14. Une préparation forcément éparpillée et un premier test qui se jouait sans les retardataires, en plus des blessés habituels et nombreux. Et un premier test, oh surprise, franchement raté par les Bleus. « A Tucuman déjà, il y avait l’envie de bien faire avant le match, de ne pas arriver en victimes. Mais on était passé à côté », se souvient Julien Ledevedec, qui fait partie des joueurs à enchaîner une deuxième tournée estivale. Le deuxième test argentin s’était nettement mieux déroulé (victoire 27-0). En sera-t-il de même, samedi prochain ? Rien de sûr. Ce qui l’est, en revanche, c’est la semaine qui attend les Bleus sera musclée. Comme à Tucuman, il y a un an. Les discours, en tout cas, laissent entendre un tel scénario. Et pour « dire les vérités », comme le répète le poncif, c’est Guy Novès qui monte au créneau. Le sélectionneur délègue beaucoup sur l’aspect technique, le travail du terrain au quotidien, à ses adjoints qu’il ne manque jamais de mettre en avant dans ses discours. Mais le management, c’est son domaine. Sa chasse gardée. Dans laquelle il faut inclure les coups de gueule.

 

Novès : « Donner une image moins risible »

Ce samedi à Pretoria, le sélectionneur a tenu un discours lucide en conférence de presse. Donc dur, au regard du match. Certainement plus que celui de ses joueurs, qui évoquaient en chœur « une accumulation de détails qui fait la différence ». Yoann Huget confiait même : « quand on revient à deux points, je les vois baisser la tête. A ce moment, on y croit ».

Novès, lui, n’y est pas allé par quatre chemins. « Nous avons été dominés dans tous les secteurs. C’est aussi simple que cela ». Un discours qui ne laissait pas beaucoup de doute quant à la teneur de la séance vidéo du dimanche soir, effectuée à l’arrivée de l’équipe à Durban. Le staff avait pris le temps de visionner la rencontre, samedi dans la nuit, et des premiers entretiens individuels s’étaient tenus le dimanche matin, au luxueux hôtel SandtonSun où logeaient les Bleus avant ce premier test. « Je n’ai pas envie de parler de revanche lors du second test, d’autant qu’il y en aura un troisième. Mais on doit absolument donner une image moins risible de l’équipe de France. La fin de match est risible, je le répète. On occupe quinze mètres de terrain, on ne se déplace plus. C’est ridicule et ça ne me correspond pas. La colère est là », confiait le sélectionneur après coup. « Le contexte existe. Celui de la fin de saison, de la préparation, de l’altitude. Il y a plusieurs facteurs qui entrent en compte. Malgré tout, ils n’expliquent absolument pas le laxisme de ce premier match. Les statistiques nous disent qu’on est dans des normes internationales sur les courses et la répétition des impacts ? Franchement, ça ne m’a pas sauté aux yeux. Presque tous les joueurs étaient amorphes, apathiques. J’en suis le premier responsable mais ça ne reflète pas ma vision du rugby. Partant de ce constat, la semaine qui vient va être un peu différente. Je vais m’attacher à ce que, toute la semaine, ces garçons comprennent bien qu’on est venu en Afrique du Sud pour jouer des test-matchs. Que c’est l’enjeu de la tournée. Ce ne sont pas des matchs qu’on fait au milieu d’une promenade de trois semaines en Afrique du Sud. » Chaud devant.

 

Par Léo Faure

Léo Faure
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