Afrique du Sud : Le capital monsieur Marx

Du haut de ses 22 ans, Malcolm Marx a épaté son monde lors du premier test-match face aux Bleus. Le jeune talonneur aux trois sélections semble promis à un futur des plus radieux.

Malcolm Marx n’avait que deux sélections, avant ce match disputé face aux Bleus. Pour ainsi dire un inconnu, pour qui ne se plonge pas assidûment dans le labyrinthe du Super Rugby. Alors, il convenait de prendre des renseignements avant la rencontre. Ce Marx, c’est sérieux ? « Vous rigolez ? Vous allez voir, c’est un monstre ! C’est notre next big thing* », s’enthousiasmait immédiatement Craig Taylor, correspondant pour Sport24 auprès des Springboks. Mais d’ailleurs, par quelle opération du Saint-Esprit Adriaan Strauss lui a-t-il ouvert la porte au poste de talonneur, annonçant sa retraite internationale seulement un an après sa prise du capitanat ? « Il n’y a aucune comparaison entre les deux. Ce Marx a tout. Il est puissant, il se déplace vite et bien, il est fort dans les secteurs de base. » Il a surtout 22 ans seulement, vient d’être élu homme du match à Pretoria pour sa troisième sélection seulement. Et il vaudrait mieux retenir son nom.

Mallett : « Il est meilleur que Bismarck du Plessis »

Samedi, on a donc vu un môme aux allures de colosse, d’un mètre quatre-vingt-huit pour cent-dix-huit kilos, déferler sur la défense bleue. Il a d’abord fait exploser Maestri, puis Picamoles, à l’impact, pour mettre les Boks dans l’avancée. Il a ensuite été le premier soutien de son arrière Andries Coetzee, au relais pour le premier essai du match par Jesse Kriel. Marx a été impeccable en touche et démoniaque en mêlée fermée, pour finalement finir homme du match. Ça place un bonhomme. « Son premier match avec les Springboks, il était entré en jeu sur une touche à cinq mètres de notre ligne, face à la Nouvelle-Zélande à Christchurch », se souvient le sélectionneur des Boks, Allister Coetzee. « Il l’a réussi sans problème, alors que nous lui avions demandé de hausser la qualité de ses lancers en touche. Il m’apparaît désormais complètement prêt pour le haut niveau. » Parce qu’initialement, vu sa taille et sa carrure, Malcolm Marx était un numéro 6. « Et cela se ressent. Il en garde de fabuleuses aptitudes de défenseur. Dans le jeu au ras, il est incroyable », apprécie chez lui Nick Mallett, ancien sélectionneur des Springboks. « Mais chez lui, j’aime tout ! Ses lancers en touche, son activité dans le jeu courant, ses attitudes au plaquage et sa force en mêlée. Tout est excellent. Le pilier qui s’installe à côté de lui doit se sentir incroyablement en sécurité ! Marx a déjà poussé Adriaan Strauss vers la sortie et je le pense même meilleur que Bismarck Du Plessis. Parce que Marx est bien plus fort dans les déplacements. Bismarck est un joueur puissant mais lent, plutôt dans les standards d’un pilier. Marx, c’est le mélange d’un talonneur et d’un numéro 8. Il a toutes les qualités techniques d’un troisième ligne et toutes les aptitudes de base du poste de talonneur. C’est un futur grand. »

Un client pour Guirado

Un futur grand ? Peut-être déjà un grand, à qui il ne manque que le CV. Ainsi Gaël Fickou, qui en convenait samedi soir après la rencontre. « Aujourd’hui, c’est notre performance qui est mauvaise. Potentiellement, je ne pense pas qu’on ait grand-chose à envier aux Springboks. Hormis ce talonneur, qu’on ne connaissait d’ailleurs pas. Lui, il nous a franchement impressionnés. » Côté sud-africain, on le connaissait déjà bien. Membre de toutes les sélections nationales de jeunes, élu meilleur espoir du pays l’an dernier, Malcolm Marx devrait s’engager avec la Sarfu (Fédération sud-africaine) dans les prochaines semaines, intégrant alors le gotha des joueurs sous triple contrat (club-province-fédération). Un statut qui en dit long sur les espoirs que placent les Sud-africains en ce joueur. En attendant qu’il valide cet engagement, on garde une promesse en tête : entre le talonneur des Lions et Guilhem Guirado, qui reviendra aux affaires la semaine prochaine, le duel s’annonce épique. On en salive.

* prochain grand joueur

Par Léo Faure