Au chevet de la mêlée

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    Au chevet de la mêlée
Publié le , mis à jour

Guy Novès a procédé à quatre changements au sein du pack, afin de retrouver une ossature plus proche de celle du dernier Tournoi et une assise supérieure en mêlée. Logique, au vu de la débandade subie à Pretoria… Mais suffisant ? Aux Bleus de le prouver.

On l’a dit, répété et écrit : devant l’histoire, jamais équipe de France ne s’est offert la peau des Springboks sans les dominer sur leurs points forts du jeu d’avants. Or, ce fut loin d’être le cas la semaine dernière à Pretoria… Plus dense, plus athlétique, plus mobile et même plus adroit ballon en main, le pack sud-africain a littéralement marché sur celui du XV de France, à l’image de ces ballons portés dézingués par Mohoje ou Etzebeth (lire en page 5), de ces rucks où Kolisi et Malherbe ont fait régner leur loi, de la touche sur laquelle ont plané Mostert et le capitaine Whiteley, ou de ces charges saignantes signées Marx et Mtawarira. Sans parler évidemment de la mêlée fermée, ce vieux fond de culture par lequel le XV de France s’est si souvent sauvé ces derniers temps (les matchs contre l’Écosse et le pays de Galles lors du dernier Tournoi en font foi), par lequel les Bleus n’ont même pas pu exister samedi dernier… « C’est un vrai regret, soufflait le pilier Jefferson Poirot. Sur le début de partie, nous étions plutôt bien. On rivalisait avec cette mêlée sud-africaine. Mais au fur et à mesure, notre cohésion s’est délitée, chacun s’est mis à travailler de manière un peu individuelle et le collectif s’en est ressenti. Nous avons moins travaillé en bloc qu’eux, et c’est ce qu’il faudra corriger. »

 

Faciliter le talonnage

En effet, le mode de talonnage privilégié par les Bleus, voulu rapide et ultra-dynamique, ne tolère pas la moindre faille. Car celui-ci n’était à l’origine pas voulu par les Bleus pour s’exposer le moins longtemps possible aux avants sud-africains. Bien au contraire… « C’est quelque chose que nous avons mis en place depuis la tournée de novembre, qui est devenu notre fil conducteur pendant le Tournoi, nous expliquait récemment l’entraîneur des avants Yannick Bru. On talonne 90 % des ballons, dans la volonté de le faire parvenir avec le plus de vitesse possible dans les pieds du huit, pour pouvoir le cas échéant soit l’extraire très vite, soit enclencher une double poussée. Ça, ce n’est pas une nouveauté. En revanche, on a été plus faible que pendant les Six Nations, et nous n’avons pas réussi à le mettre en place. » « Cette semaine, nous sommes d’ailleurs très vite rentrés dans la technique avec Jean-Baptiste Poux afin de corriger ce qui pouvait l’être, prolongeait Poirot. Après, du point de vue des statistiques, ce n’était pas catastrophique nous plus la semaine dernière. Nous avons conservé toutes nos introductions et mis une fois les Sud-Africains à la faute, tandis qu’eux ont récupéré deux pénalités. Il faudra mettre beaucoup plus de cœur dans ce que nous faisons pour inverser la tendance. »

 

Un axe droit renforcé

Mais le cœur, évidemment, ne saurait suffire… Voilà pourquoi les entraîneurs français ont surtout procédé à un lifting de leur paquet d’avants. Tout juste remis de sa légère blessure à l’épaule contractée lors d’une opposition en début de tournée, Rabah Slimani retrouvera ainsi sa place fétiche de pilier droit, où il demeure sans concurrence dans l’exercice de la mêlée fermée. À ses côtés, Guilhem Guirado apportera une densité supérieure au talonnage tandis que dans la cage, c’est Romain Taofifenua qui offrira une masse autre que celle de Ledevedec, et plus proche en tout cas de celle du titulaire Sébastien Vahaamahina. Le poste de flanker « côté fermé » étant de nouveau confié à Yacouba Camara, un des seuls Tricolores à ne pas avoir déçu le week-en dernier… Soit quatre changements clairement effectués pour stabiliser la mêlée. Au détriment de la touche ? Fatalement un peu, même si l’intégration de Kévin Gourdon en lieu et place de son compère Loann Goujon est là pour apporter un tant soit peu d’équilibre au sein d’un pack taillé pour le combat au sol… « Tout le monde est OK pour dire que sur ce qu’on appelle les basiques, nous n’avons pas été bons, concluait jeudi matin Guy Novès. Nous avons réalisé un très mauvais match en conquête, mais aussi en défense, dans le jeu… C’est tout cela qu’il faudra corriger. » No scrum, no win, comme dirait l’autre...

Léo Faure
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