Stop au jeu de massacre !

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    Stop au jeu de massacre !
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Les Bleus, modelés par le top 14, sont apparus loin du niveau international. Irrémédiable ? Pas sûr, si d’aventure le titre de l’ASMCA pouvait en inciter d’autres à suivre la voie.

Le rugby français marche-t-il à ce point sur la tête qu’avec lui, même les dictons en perdent tout leur sens ? Cela fait bien longtemps que l’on ne se pose plus la question. Car si les absents ont toujours tort, selon l’expression consacrée, ce n’est que rarement le cas au sujet des matchs estivaux dans l’hémisphère Sud. Or, à ce titre, on n’a probablement jamais autant parlé des Clermontois. Parce que les Vahaamahina, Chouly, Lopez, Fofana, Lamerat, Nakaitaci, constituent désormais autant d’hommes de base du XV de France, sur lequel ce dernier ne peut pas compter cet été pour des raisons diverses et variées. On a beaucoup évoqué, au sujet des Springboks, à quel point la greffe des joueurs issus de la même franchise des Lions a apporté à la sélection nationale, laquelle applique les mêmes principes de jeu, avec les mêmes hommes. Concernant le XV de France, celui-ci souhaite -en gros- en faire de même avec l’ASMCA, la patte « toulousaine » du jeu après contact en plus. Sauf qu’à la différence des Boks, les Bleus ont dû se résoudre cet été à transposer le système d’un club, sans ses joueurs ! Ne vous étonnez donc pas si le jeune Damian Penaud s’est avéré, pour sa première sélection. La différence apparaissant flagrante avec d’autres joueurs apparus comme perdus dans le système, tentant de réciter un projet pas vraiment maîtrisé, à l’image de ces blocs d’avants trop souvent incapables d’insuffler de la vitesse au jeu en réussissant la passe de plus, en trouvant du lien avec les trois-quarts, ou ne serait-ce qu’en offrant des libérations rapides dans les rucks. Comme Clermont y parvient si bien en Top 14…

Cotter et Galthié, meilleures recrues du XV de France ?

Désespérant ? Forcément un peu, et les Bleus n’y ont pas coupé. Toutefois, puisqu’il faut toujours faire preuve d’optimisme, on peut espérer que le titre obtenu par l’ASMCA soit la meilleure nouvelle enregistrée par le rugby français depuis quelques années. Pourquoi ? Parce que le champion fait toujours figure d’exemple et qu’à ce titre, voir les Clermontois remporter ce Bouclier face au jeu de massacre des Toulonnais peut faire valeur d’école. Et inciter d’autres formations à embrayer le pas d’un jeu porté sur la recherche de vitesse et d’espaces susceptible (comme c’est le cas en Angleterre) de mieux préparer les joueurs au niveau européen et international. Précisément ce qui leur a cruellement manqué lors de ces deux tests face aux Springboks… « De par la petite expérience que j’ai pu acquérir au niveau international, je suis convaincu que c’est ce rugby-là qui gagne aujourd’hui, et qui doit nous faire gagner dans le futur, prêchait l’entraîneur des avants Yannick Bru. Il faudrait juste que nos joueurs puissent disputer dans l’année d’autres rencontres de ce calibre, pour hausser leur niveau à ce degré d’intensité. » Vœu pieu ? Peut-être pas. On connaît assez Vern Cotter pour savoir que celui-ci ne compte pas se contenter du diptyque conquête-jeu au pied à Montpellier tandis qu’avec Fabien Galthié aux manettes, Toulon devrait également effectuer sa mue. De quoi voir en eux les meilleures « recrues » estivales du XV de France, susceptibles de permettre à moyen terme aux joueurs se roder en club aux exigences du rugby rêvé par le staff tricolore ? L’espoir fait vivre, comme dirait l’autre, d’autant que la réforme de la relégation pourrait elle aussi aider certaines équipes à évoluer plus libérées...

Nicolas Zanardi
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