Tournée... suicide ?

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    Tournée... suicide ?
Publié le , mis à jour

Depuis l’apparition du professionnalisme, en 1995, l’équipe de France présente des résultats décevants lorsqu’elle se déplace au mois de juin. cette tournée en Afrique du Sud n’est pas un cas isolé. Mais tout n’est pas à jeter...

C’est donc Rabah Slimani qui s’y est collé, cette semaine. Pourquoi lui ? Parce qu’il est le plus expérimenté des joueurs qui ont été proposés à la presse. « Vous allez me faire passer pour un vieux ! » en rigolait le futur pilier clermontois. Pas un vieux, mais un joueur qui a assez de recul pour se livrer sur l’intérêt de ces tournées de fin de saison, toujours casse-gueule, souvent ratées. Le Parisien a d’abord tenté de passer entre les gouttes. « On ne peut pas se réfugier derrière ça. Chaque saison, on répète la même chose. Mais quand les sudistes viennent en novembre, on est certes moins loin mais ils nous battent tout de même. » Voilà pour la communication. Poussé sur le sujet, Slimani en lâchait pourtant un peu plus. « C’est tous les ans pareil… D’un autre côté, c’est aussi le meilleur moyen de côtoyer ces équipes du top niveau mondial. Je veux y voir du positif. Même si ces tournées sont dures. […] On part jouer trois fois l’Australie, l’Afrique du Sud ou la Nouvelle-Zélande. Gagner, c’est un exploit. Je préfère me dire que le défi est excitant. »

Bientôt, les vacances

Excitant ? Peut-être. Mais très rarement gagnant, comme le montre le bilan de nos tournées d’été (voir ci-contre). Ça n’a rien de nouveau, à moins de remonter à l’époque des tournées en Roumanie, aux Etats-Unis ou au Canada qui, sans leur faire injure, n’ont rien de l’adversité qu’offrent désormais aux Bleus, chaque été, les quatre « sudistes » (Argentine, Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du sud). Depuis quinze ans, la France enchaîne les roustes de l’autre côté de la planète, chaque mois de juin. Dès, peut-on parler de Tournées « suicide » ? « Suicide, non. Mais ces matchs de fin de saison étaient durs », admettait Julien Bonnaire, respectable de 75 sélections, en marge de l’interview qu’il nous accordait (voir ci-contre). « Je me souviens d’en avoir fini certains mort, mais alors vraiment mort. Et avec le temps, ça ne s’arrangeait pas. Les matchs étaient toujours plus engagés et on y laissait les dernières plumes. » Les plumes, il ne semble plus en rester beaucoup sur ce coq français qui se présentera, samedi à Johannesburg pour en terminer avec son exil sud-africain. En suivant, les tricolores seront enfin en vacances. Fin juin pour une reprise fin juillet, pour les plus chanceux.

Léo Faure
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