Louis Dupichot : « Je préfère me péter le nez... »

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    Louis Dupichot : « Je préfère me péter le nez... »
Publié le , mis à jour

Insaisissable, Louis Dupichot été l'une des principales satisfactions de la tournée des Barbarians, malgré un énorme imbroglio consécutif à un protocole commotion. Mais le trois quart aile se veut rassurant avant d'entamer un nouveau départ au Racing.

Cette tournée des Barbarians se termine par une deuxième défaite… Quel sentiment celle-ci vous laissera-t-elle ?

Jouer avec des gars comme Fred Michalak ou Clément Poitrenaud, que j’ai badé parce qu’il était la référence au poste d’arrière quand j’étais plus jeune, cela a un sens, forcément. Surtout qu’ils jouent le jeu et n’hésitent pas à donner de petits conseils. Malgré ce contexte qui peu parfois apparaître un peu spécial, ces tournées des Barbarians peuvent aussi contribuer à faire grandir un joueur. Celle-ci restera en tout cas un très grand souvenir pour moi.

Même si on a un instant craint pour vous que vous ne vous en souveniez pas du tout…

Sur une contre-attaque, je prends un coup de genou… Sur le coup ce n’était pas top, mais bon ! Les Sud-Africains ne sont pas des tendres, je l’avais déjà éprouvé lors du premier match où je m’étais cassé le nez. C’est comme ça. Je préfère me péter le nez et vivre des moments comme ça, plutôt que de passer à côté.

D’autant que votre sortie a donné lieu à un imbroglio des plus improbables sur le bord du terrain, qui a retardé votre retour ! Avez-vous compris le fin mot de l’histoire ?

C’est la première fois qu’il m’arrive un truc comme ça… J’étais hors du terrain pour passer mon protocole commotion, lorsque Jean-Baptiste Dubié qui me remplaçait a écopé d’un carton jaune… À la mi-temps, les entraîneurs avaient prévu de me faire revenir sur le terrain à la place d’Antoine Erbani, pour que nous puissions être égalité numérique derrière comme devant, puisque les Sud-Africains avaient de leur côté pris un carton rouge. Sauf que les arbitres n’ont pas voulu que je revienne à la mi-temps, puisque le joueur qui m’avait remplacé avait pris un jaune ! Il fallait attendre la fin de son exclusion… Le problème, de mon côté, c’est j’avais peur de ne pas pouvoir revenir sur le terrain, puisque le délai imparti pour le protocole commotion était terminé ! Bref, en attendant, c’est Jean-Baptiste Péjoine qui est entré sur le terrain pendant que Julien Lesgourgues passait à l’aile… Et puis, tout s’est finalement réglé. J’étais un peu froid, car entre le protocole, la mi-temps et ce délai d’attente, j’ai passé presque vingt-cinq minutes hors du terrain ! Mais au final, j’ai pu revenir, c’était tout ce qui m’importait.

À titre personnel, votre match était marqué par votre duel avec Seabelo Senatla, star mondiale du circuit à VII…

Je le connaissais forcément, et savais qu’il était très rapide. Stratégiquement, on se doutait que les Sud-Africains allaient chercher à exploiter sa vitesse en jouant au pied dans mon dos, mais je trouve que sur la couverture, avec Julien Dumora, nous nous sommes plutôt bien entendus. Après, c’est un drôle de joueur, capable de faire des choses très spéciales. Face à lui, j’ai dû faire évoluer mon jeu. Par rapport à d’habitude, j’ai plus cherché à rentrer mes courses et crocheter que de chercher à prendre l’extérieur.

Au point de marquer au cœur d’un ballon porté ! 

Ah oui, carrément ! (il se marre) C’est la première fois que je marque un essai comme ça. En tant qu’ailier, on a toujours tendance à venir aider les gros dans ces moments-là. Et avec les nouvelles règles, le ballon arrive plus souvent au fond. Je ne sais plus qui me l’a passée, j’étais un peu surpris. Mais je l’ai pris avec plaisir (rires).

Vous faisiez partie des quelques joueurs dont le XV de France a suivi de très près les performances… Cela a-t-il joué dans votre approche des deux tests ?

Les Barbarians, c’est comme ça… C’est un super mélange entre de grands anciens, des joueurs qui arrêtent leur carrière, des plus jeunes… En ce qui me concerne, on entend toujours plus ou moins parler de ce qui est dit sur soi. J’essaie d’y prêter le moins possible attention, mais j’avais vraiment envie de voir ce que je valais face à des joueurs de niveau international. C’est toujours intéressant de se confronter à ce genre d’opposition. J’ai essayé de faire de mon mieux, sans me prendre la tête.

Cette saison à Pau vous a permis d’engranger beaucoup de temps de jeu. Mesurez-vous à quel point cela a-t-il pu influer sur votre progression ?

C’était le but de mon prêt. La saison précédente, j’avais réussi à jouer une dizaine de matchs avec le Racing92, l’objectif était donc cette année de jouer plus régulièrement encore avec Pau. Cela m’a permis d’engranger du temps de jeu et une certaine expérience qui me permet de retrouver le Racing en étant, je l’espère, un meilleur joueur que lorsque j’en suis parti. J’ai passé six ans là-bas, je connais quand même un peu la maison… J’ai aussi hâte de découvrir mes nouveaux coéquipiers.

Pour postuler au XV de France ainsi que vos deux prestations peuvent vous y autoriser, encore faut-il jouer en club. Ne craignez-vous pas que votre retour au Racing vous pénalise dans cette optique, au vu de la concurrence attendue entre les Vakatawa, Imhoff, Rokocoko, et on en passe…

De la concurrence, il y en a dans tous les clubs de Top 14. Il y en avait à Pau, il y en aura au Racing. Après, j’aurai aussi l’opportunité de couvrir le poste d’arrière. J’espère que cela pourra aussi m’ouvrir quelques opportunités.

 

Propos recueillis à Soweto par notre envoyé spécial Nicolas Zanardi

Nicolas Zanardi
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