Geoffrey Sella : Le deuxième départ

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    Geoffrey Sella : Le deuxième départ
Publié le , mis à jour

Le fils de Philippe sort d’une saison très réussie au poste de premier centre. Bourreau de travail, il a franchi un cap dans son jeu. Son passage à Massy lui est très bénéfique.

À l’heure des éclosions instantanées des rejetons des grands noms, des Penaud et des Ntamack, Geoffrey Sella est celui éclos de l’un des arbres les plus majestueux du rugby français, le séquoia Philippe, qui longtemps a dominé la canopée nationale. Au jeu des comparaisons, il ne détient pas le record de 10,6 secondes sur 100 mètres de son père. Il n’est pas non plus aussi robuste que le fils de fermier de ses grands parents de Bouran. Et il ne joue pas second centre. Mais son comportement sur un terrain colle à cette référence nationale dont il a charge d’hérédité. Agressif, dur sur l’homme, il coupe la ligne à tout berzingue et ne déroge à aucune de ses obligations. Didier Faugeron qui l’avait découvert à Biarritz l’avait recruté dès son arrivée à Massy. Geoffrey Sella se trouvait pourtant dans un creux très profond. Cet enfant de la balle, qui tentait de soulever à Twickenham au moment de ses 10 ans la lourde Cup anglaise, le dernier trophée remporté par Papa aux Saracens, allait déclarer sa carrière morte, seulement douze ans après ce souvenir d’enfance.

 

Blessures à répétitions

Avec cinq matchs de Top 14 à 22 ans, son démarrage était pourtant plutôt prometteur. Débuter en première division à Toulouse face à Fritz et Fickou, ce devait être formateur. Mais le corps avait déjà lâché une fois en Afrique du Sud, alors qu’il avait souhaité s’épanouir dans l’autre hémisphère, à 17 ans. Il avait manqué la Currie Cup des moins de 19 ans pour un ligament croisé du genou flingué. Il avait souhaité ensuite se relancer aux Saracens, sans succès. Retombé à Biarritz après ce tour du globe infructueux, son décollage se précisa enfin par ces quelques apparitions en Top 14. Jusqu’à ce que Biarritz redescendu en Pro D2, il enchaîne les blessures sans pouvoir prétendre au statut intégral d’équipier premier. Hématome à la rétine, fracture de l’épaule, mononucléose, et fracture de la pommette... Ce jeune en devenir a vécu une saison d’handicapé quand il devait réaliser son ambition. « Je n’en pouvais plus de ronger mon frein », se souvient-il. C’est du passé, n’en parlons plus. En deux ans à Massy, il n’a contracté qu’un petit pépin au ménisque. C’était lors du denier match des Massicois, à Nevers. Si bien qu’il n’a pas participé à la reprise officielle avec ses coéquipiers. Il se soignait, et se régénérait. Car il faut calmer ce stakhanoviste forcené, capable d’épuisement. L’an dernier, pour améliorer sa pointe de vitesse, il a réalisé une saison complète avec le club d’athlétisme de Massy. Tous les soirs après le rugby, il enchaînait des séances folles. Sa capacité à digérer cette double ration de saison sportive l’a élevé. Il est devenu très tranchant dans la ligne. La place de premier centre lui est revenue. Et lui revient dans ce Pro D2 qui l’avait enterré un peu trop tôt.

 

Par Guillaume Cyprien

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