Romain Bardet : « J'étais fan d'Olivier Magne »

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    Romain Bardet : « J'étais fan d'Olivier Magne »
Publié le , mis à jour

À l’occasion du début du Tour de France ce samedi, l’Auvergnat de naissance, le deuxième de l’édition en 2016 et favori cette année, est un inconditionnel de l’ASMCA. Il nous parle de son côté supporter mais aussi de sa passion pour le ballon ovale.

Comment avez-vous découvert le rugby ?

En tant qu’Auvergnat j’ai bercé tout naturellement dans le monde de l’Ovale. Adolescent je me rendais au stade Marcel-Michel quelque fois en famille. Et puis, en 2008, j’ai déménagé à Clermont, je suis devenu alors un vrai « jaunards ». L’effervescence du titre de 2010 et la liesse populaire qui s’en est suivie n’a fait que renforcer cette affection.

 

Avez-vous souffert en tant que supporter, de voir les Clermontois perdre si souvent en finale ?

Ce fut en effet difficile tant le jeu proposé à longueur d’année par les Jaune et Bleu méritait un meilleur épilogue en finale. Sur la saison régulière ce fut souvent l’équipe la plus forte et la plus intéressante à voir évoluer, mais sur 80 minutes en finale souvent cela ne se vérifiait pas.

 

Avez-vous cru à une malédiction, genre Poulidor et le Tour de France ?

Non, pour moi c’était simplement un malheureux concours de circonstances, vu l’exemplarité et la constance du jeu proposé tout au long de l’année, ça devait finir par sourire ! Et puis le cyclisme est un vrai sport de persévérance. On apprend que le travail paye toujours.

 

Suivez-vous aussi le XV de France ?

Oui, notamment à l’occasion du Tournoi ou de la Coupe du monde

 

Quelle image avez-vous du Tournoi des 6 Nations ? Peut-on le comparer médiatiquement au Tour de France ?

Le Tournoi se déroule pendant les stages d’avant saison où je suis souvent exilé en Espagne, j’ai donc l’habitude de le suivre devant mon PC… Il y a un engouement pour cette compétition historique impressionnant même si depuis qu’elle existe on perçoit une attraction encore plus grande pour votre Coupe du monde. Après, je ne peux pas comparer avec le Tour que je vis de l’intérieur alors que je ne suis que simple téléspectateur de rugby.

 

Quels sont vos « idoles » rugbystiques ?

Historiquement j’étais fan d’Olivier Magne. Il était originaire du Cantal et avait eu mon grand père comme professeur. Quand il jouait pour l’ASM, je le badais. Quel joueur ! Avec le XV de France il dégageait une telle élégance. Il y a eu Malzieu ensuite pour ses folles embardées dans les 22 adverses. Enfin, bien sûr, comment ne pas citer Cudmore que j’ai eu la chance de fréquenter et dont son sens du collectif et du combat m’ont vraiment enthousiasmé. Enfin, dans les autres équipes, Wilkinson pour son professionnalisme et sa carrière exemplaire.

 

Quel rapprochement peut-on faire entre le vélo et le rugby ? La souffrance à l’effort ?

Bien sûr car il s’agit d’un vrai combat dans un sport comme dans l’autre ! Mais ce sont sur les valeurs d’entraide et de solidarité dont le vélo pourrait s’inspirer du rugby. Nous sommes un sport individuel mais on y gagne grâce au collectif.

 

À quel poste auriez-vous aimé jouer ?

Ouvreur, pour distribuer le jeu et toucher un maximum de ballons.

 

Celui que vous « détestez » ?

Certainement talonneur, mais j’ai énormément de respect pour les mecs qui jouent à ce poste ! Quel engagement ! Et puis, tu es véritablement coincé au milieu de la mêlée. Ce n’est pas le meilleur endroit…

 

En vélo, la troisième mi-temps est proscrite tout le temps ?

Non, mais elle est moins admise publiquement que dans le rugby (rires)

 

On dit souvent que le vélo est un sport individuel mais avec des valeurs collectives, pouvez-vous nous l’expliquer ?

Bien sûr le vélo est un sport individuel qui se pratique en équipe, notamment autour d’un leader pour qui ses équipiers travaillent afin qu’il fasse au final le meilleur résultat possible.

 

À l’inverse des rugbymen pros, vous évitez dans votre régime alimentaire les protéines ? Pouvez-vous le détailler ?

Au contraire, nous mangeons aussi très protéiné pour réparer nos tissus musculaires soumis à rude épreuve avec toutes ces heures de vélo intensives. Nous évitons surtout le gras, mais on a besoin d’énormément d’énergie pour rester 6 heures sur un vélo.

 

Parlez-nous de votre expérience à l’ASMCA et de votre stage ? Qu’avez-vous découvert sur le rugby ?

J’ai eu la chance d’intégrer une « grande famille » qu’est l’ASM, j’ai vraiment pu me rendre compte de ce fameux esprit rugby en étant accueilli à bras ouverts et en gardant depuis de nombreux contacts avec staff et joueurs. Le club m’avait ouvert toutes les portes, laissé entière liberté.

 

Le rugby est confronté en ce moment, à un vrai problème de multiplication des commotions cérébrales ? Devient-il à vos yeux, un sport dangereux ? Vous fait-il peur ?

C’est en effet un vrai problème dans le sens où l’intégrité physique des joueurs est en jeu, je suis souvent impressionné par la rudesse des chocs physiques. Pour autant comme le fait l’ASM qui a une longueur d’avance dans ce domaine en termes de détection, je crois en l’expertise des équipes médicales pour prévenir au mieux ces commotions en laissant les joueurs au repos le temps qu’il recouvre l’intégralité de leurs moyens.

Pierre-Laurent Gou
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