Tout sauf des agneaux

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    Tout sauf des agneaux
Publié le , mis à jour

Portés par sa politique de formation et un encadrement renforcé, le Club Olympique Sisteronais fait part de ses ambitions après une saison mitigée sur le plan sportif.

À plus de 100 km d’Aix-en-Provence, la sous-préfecture des Bouches-du-Rhône, et moins de 50 km de Gap, la préfecture des Haute-Alpes, Sisteron peut se targuer d’être le club qui évolue au plus haut niveau dans les Alpes du Sud. Pas si mal pour cette bourgade de moins de 8 000 âmes, qui doit sa renommée à ses fortifications de l’époque Vauban surplombant le paysage alentour - qui donne à son équipe de rugby le surnom de XV de la Citadelle - et son élevage ovin qui ont fait de l’agneau la mascotte naturelle de l’équipe de rugby. Au pays de Giono, le rugby se joue avec un certain appétit, sans freins. Que résume ainsi Charles-Baptiste Agostini, en charge des trois-quarts la saison passée : « Nous pourrions nous attendre à du jeu un peu rugueux, pratiqué par des fils d’agriculteurs, costauds. Et bien non, c’est l’inverse. Nous avons plutôt des joueurs dynamiques, qui aiment le mouvement et qui aiment jouer au ballon. Ma référence ce sont les All Blacks, alors autant s’inspirer des meilleurs (sourire). Aujourd’hui, nos troisième ligne vont aussi vite que nos ailiers. »

De 19 à 51 ans

Ce qui expliquerait peut-être également la venue de Léon Loppy, au COS depuis l’été 2016. L’ancien troisième ligne international, passé par Toulon, Castres, Bordeaux-Bègles et Aix-en-Provence est venu en plus de sa science de la touche, apporter la « touche guerrière » incarnée dans l’agressivité défensive qu’il manquait au club selon les mots du président Sylvain Duparchy. Un apport en parfaite alchimie avec les qualités et compétences techniques de Charles-Baptiste Agostini et Manu Forte. Malgré cela, Sisteron a dû faire face à une poule relevée avec la présence de quatre clubs descendus de Fédérale 3. Les Bleu et Blanc ont aussi dû composer avec un effectif, certes riche - près de 66 joueurs utilisés en équipe première et réserve - mais qui doit se renouveler. À l’image de son pilier gauche et capitaine Loïc Chabal, 38 ans, fidèle serviteur de la cause sisteronaise. Le staff et les dirigeants, bien aidés par le soutien sans faille de la municipalité et de quelque 40 partenaires privés ont donc décidé d’axer leur curseur sur la formation, comme l’explique Charles-Baptiste Agostini : « Les jeunes sont notre richesse. Nous déclinons le plan de jeu des seniors aux équipes minimes, cadets, juniors en l’adaptant au maximum aux capacités et qualités des jeunes. 80 à 85 % de notre effectif de l’équipe senior sont issus de l’école de rugby. Là, nous surveillons sept, huit joueurs issus des juniors. C’est un club avec une forte ossature familiale, les plus jeunes en première ont 19 ans, le plus ancien qui joue en réserve a 51 ans. » Avec ses principes, le club espère faire aussi bien que lors de la saison 2015-2016 lorsqu’il avait accroché la quatrième place : « La saison prochaine, une place qualificative ce serait très bien, un podium ce serait merveilleux. L’objectif doit rester à la hauteur de nos capacités », tempère le président Duparchy. En attendant, la formation interne est en train de faire ses preuves puisqu’à travers le partenariat noué depuis l’été 2016 avec le grand frère de Provence Rugby, Sisteron a vu un de ses cadets rejoindre les rangs aixois. Et l’embellie de l’école de rugby, ainsi que de son équipe cadette féminine démontre la bonne forme générale du club, fringant cinquantenaire. Tout comme la présence de Marc Dal Maso, venu aider les avants sisteronais un soir d’entraînement, ou encore celle de Carl Hayman à l’été 2016 manifeste de la volonté de grandir. Encore et toujours.

Par Enzo Diaz

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