Lamerat devant les Rochelais

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    Lamerat devant les Rochelais
Publié le , mis à jour

Au centre de l'attaque, ils sont souvent utilisés comme fer de lance de leur équipe. Mais entre les Nonu ou Botia, les Penaud et autres Ebersohn parviennent encore à se frayer un petit chemin. Tour d'horizon des meilleurs trois quarts centre de notre championnat.

1. Rémi Lamerat, consacré

Rémi Lamerat hésitait à le dire. « Parce que clamer qu’on vient à Clermont pour gagner des titres, ça fait forcément sourire ». Le garçon est un rien timide. En tout cas, d’une éducation impeccable, humble et toujours facile d’accès. Alors, en début de saison quand il se présentait pour la première fois à la presse, un écusson de l’ASM sur le T-shirt, il s’embarrassait. « J’aurais envie qu’on le prenne au sérieux. Oui, je viens à Clermont pour gagner des titres. Il y a tout ici pour y parvenir : les infrastructures, l’effectif, le public et la culture du travail. Rien ne manque si ce n’est les titres, justement ». Dix mois plus tard, l’ASMCA ne croule toujours pas sous les trophées. Mais le club auvergnat a gagné un second Bouclier de Brennus, doublant d’un coup son capital.

Joueur de grands matchs

Lamerat, comme les autres, appartient désormais au casting de cette année exceptionnelle en Auvergne. Il en est même l’un des acteurs principaux. Géré au gramme près par Franck Azéma et, donc, rarement blessé quand il enchaînait les pépins les saisons précédentes, il fut un titulaire de toutes les grandes rencontres de l’ASMCA cette saison. Et elles furent nombreuses. En Coupe d’Europe ? 9 sur 9 pour Lamerat, titulaire à chaque rencontre jusqu’à la finale. En Top 14 ? Il n’avait joué que six matchs cette saison, avant les demi-finales, ne croisant la route que des gros calibres : Toulon, Toulouse, le Racing 92 et Bordeaux-Bègles. En Bleu, il a enchainé neuf titularisations, avant de rester au repos cet été, pour soigner son genou. Parce que le joueur a joué la fin de saison en serrant les dents, un genou strappé. « Il a une approche extrêmement généreuse du rugby. Cela va avec, mais c’est aussi quelqu’un de très humble, qui écoute beaucoup et qui veut sans cesse apprendre. Comme il est intelligent, il absorbe vite et progresse aussi vite. De tous ces critères, il se dégage un garçon qui ne cultive pas son leadership mais dont l’enthousiasme rejaillit sur tous ceux qui l’entourent. À l’entraînement mais aussi en match » apprécie Franck Azéma le concernant.

« Savoir tout faire, partout »

La réussite de Lamerat cette saison, c’est d’abord celle d’un joueur qui a su passer de centre « puissant » à celle de joueur « complet ». « Aussi parce qu’on me demande des choses différentes. À Castres, j’étais surtout utilisé pour la prise du milieu de terrain. À Clermont, on demande à tous les joueurs de savoir tout faire, partout » explique le joueur. « Sa force et sa générosité en font un joueur redoutable à l’impact, poursuit Azéma. Il est féroce, destructeur sur l’homme, ce qui lui permet d’être presque toujours dans l’avancée. Mais il lit aussi très bien les espaces, que ce soit pour les prendre lui-même ou pour y placer un coéquipier ». Une transformation née dans le changement. « Je suis venu ici, à Clermont, pour me confronter à une immense concurrence. Avec Wesley Fofana, Aurélien Rougerie, Benson Stanley ouDamian Penaud, je suis servi. Mais j’avais besoin de me mettre un coup de pied au cul ». Comme quoi, ça peut avoir du bon.

2.Botia : l'homme de pierre

Ceux qui ont croisé sa route et, le plus souvent, explosé à l’impact, le disent « dur comme de la pierre ». Levani Botia est au choix un centre au profil de troisième ligne, ou un troisième ligne qui galope comme centre. La vérité est entre les deux. L’important est que, qu’importe le poste, il soit sur le terrain. D’autant que l’efficacité du Fidjien sur les points d’impact est fascinante. Dur sur l’homme, aussi bien défensivement qu’offensivement, très fort dans les rucks au grattage, Botia a été l’une des sensations de cette année de Top14. Il y a joué plus de 1 000 minutes, ce qui n’est pas rien dans la rotation imposée par Patrice Collazo à l’effectif rochelais. Il y a inscrit deux essais et, surtout, il s’y est construit une solide réputation. Ce qui lui permit de retrouver la sélection fidjienne, l’automne dernier face au Japon. Prolongé au Stade rochelais jusqu’en 2020, Botia sera forcément l’une des attractions de la prochaine saison. Une bonne nouvelle pour les supporters, amateurs de sensations fortes. Une moins bonne nouvelle pour les défenseurs du Top 14, qui auront à faire don de leur corps quelques saisons en corps, lorsque Botia se lancera au milieu du terrain, qu’il accélérera à l’impact et jettera ses 103 kg dans leurs bras.

3.Aguillon, l’anti-star

Retrouver Pierre Aguillon dans ce classement ne doit plus, être une surprise. Même s’il n’est pas le plus marketing des centres du Top 14. Ses deux saisons à Oyonnax (2013-2015) avaient déjà été de très belle tenue, si bien que Christophe Urios aurait aimé le faire suivre, dans ses valises, jusqu’au Castres Olympique. Finalement débarqué à La Rochelle, l’Auscitain délivrait de nouveau une excellente saison. Dans le sillage de son équipe, étonnante toute la saison, Aguillon est encore monté d’un cran cette année. Le résultat le place sur le podium de cette revue d’élite. Mérité. Aguillon est un formidable défenseur, ce n’est pas nouveau. Parce qu’il est fort sur l’homme mais aussi parce qu’il se trompe rarement de choix et de cible, qu’il choisit toujours le bon attaquant à viser et à faire tomber. Offensivement, sa saison est plus étonnante. Aguillon a gagné en vitesse et évolue désormais proche de la ligne d’avantage où son punch fait des ravages. Il est également à l’aise ballon en mains, pour faire jouer derrière lui. Un centre complet, exception faite du jeu au pied, mais qui n’est pas étranger à la très belle saison des Rochelais. S’il confirme une saison de plus, il ne serait alors plus loin du XV de France.

Léo Faure
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