Nouvelle ère

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Depuis le 14 juin dernier, date de la passation de pouvoir entre Thomas Savare et Hans-Peter Wild, le Stade français a changé d’ère.Le nouveau « boss » a fixé le cap : « viser le Top 6 » tout en précisant que la saison à venir serait une année de transition. Le temps de mettre en place une nouvelle politique…

En ce mercredi 5 juillet, l’agitation post épisode tragi-comique de la fusion avec le Racing92 semble loin. Très loin. Le Stade Jean-Bouin, après le séisme survenu au printemps, a retrouvé calme et sérénité. Dans les couloirs comme sur le terrain, les visages familiers sont un peu moins nombreux, mais le changement de propriétaire n’a pas non plus suscité de révolution, le club de la capitale n’est qu’aux prémices de sa mutation. Thomas Savare a donc fait place nette au milliardaire allemand Hans-Peter Wild qui a officiellement récupéré les clés de la maison le 14 juin dernier. Depuis, ça s’active à tous les étages. « On a travaillé un peu dans l’urgence, souligne Robert Mohr qui cumulera les casquettes de directeur sportif à la Wild Académy basée à Heidelberg, et au Stade français. La priorité, c’était de bien préparer la reprise pour l’équipe professionnelle. » Ainsi, le staff technique a été renforcé, l’effectif aussi. Les mauvaises langues diront forcément que les arrivées ne compensent pas vraiment la qualité des joueurs partis. « Hans-Peter Wild et Robert Mohr nous ont donné les moyens de bien travailler, rétorque immédiatement Greg Cooper, ancien adjoint de Gonzalo Quesada, promu manager sportif. Maintenant, même si nous avons perdu effectivement des joueurs, la balance me semble positive car nous avons choisi des jeunes joueurs qui collent à notre projet sportif. »

Trouver un modèle économique viable

Le projet, justement parlons-en. Il est basé sur la formation, un secteur dont la responsabilité incombera à Pascal Papé. Dans son petit bureau, coincé dans les entrailles de Jean-Bouin, l’ancien international s’attelle déjà à formaliser une convention avec le Puc. D’autres suivront. Le Stade français veut reprendre l’étendard du club phare de la région parisienne. Cela n’empêchera pas, à l’avenir, de recruter quelques joueurs de très haut niveau. « On a aussi besoin de quelques têtes d’affiche pour faire venir les gens au stade », reconnaît Robert Mohr. Parce que le défi des nouveaux dirigeants parisiens se situe là. Si l’ancien président Thomas Savare a préféré céder sa place, c’est, pour partie, en raison de son échec à trouver un modèle économique viable. C’est pourquoi la nouvelle organisation sera diamétralement différente. Là où Pierre Arnald, directeur général délégué, assumait de trop nombreuses prérogatives, Hans-Peter Wild et Robert Mohr ont décidé de bien compartimenter les défis à relever. « J’ai trop délaissé la partie business car j’ai été bouffé par la partie sportive », reconnaît d’ailleurs avec beaucoup de sincérité Arnald. Dans la nouvelle organisation, chacun aura son domaine de compétence. Robert Mohr aura la charge de rendre le secteur sportif, de l’école de rugby jusqu’à l’équipe professionnelle, performant. Quant au futur directeur général, qui devrait être nommé cette semaine, il aura pour objectif de développer le business, de séduire et multiplier les partenaires ou encore de faire de Jean-Bouin un stade trop petit. « On a pas mal de retards structurels par rapport à d’autres clubs, confesse encore Robert Mohr. Quand je compare avec Clermont ou La Rochelle, nous devons vraiment travailler sur la formalisation d’un projet global. » Évidemment, l’ancien deuxième ligne international allemand, qui se bat depuis longtemps pour développer le rugby en Allemagne, sait que tout ne se fera pas en un claquement de doigt. Que le temps sera le meilleur allié du Stade français. Seulement voilà, les Soldats roses se doivent aussi d’être compétitifs sur le terrain. Et quand on interroge Greg Cooper à ce sujet, le kiwi affiche un optimisme à toute épreuve. « La fin de saison a été très positive et le rugby que nous avons joué a également été très bon. Nous devons donc surfer sur cette dynamique. Je ne suis vraiment pas inquiet. » Pour l’heure, le projet du Docteur Wild apparaît telle une aubaine. Et Robert Mohr de conclure, tout sourire : « J’entends que des clubs vont au Japon, que le Racing et Toulouse vont à Hong-Kong alors que juste à côté de la France il y a la plus grosse économie européenne et un milliardaire qui investit dans le rugby. C’est quand même bizarre et pas très visionnaire qu’aucun club en France n’ait sauté l’occasion. » Désormais, c’est trop tard.

Ecrit par Arnaud Beurdeley

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