Montpellier fait peau neuve

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    Montpellier fait peau neuve
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Plus d’une semaine après la reprise, le MHR se familiarise petit à petit avec les méthodes et le discours du nouveau staff héraultais. L’occasion pour les anciens, les revenants et les nouveaux de faire plus ample connaissance, devant des supporters enthousiastes.

Quelque chose a changé à Montpellier en cet été 2017. Un vent de fraîcheur, qui parcourt les couloirs de l’Altrad Stadium, incarné dans des sourires qui viennent jusqu’à se nicher dans les travées du terrain d’honneur Éric Béchu, situé derrière l’écrin du MHR. Ce qui est neuf attire l’œil et intrigue. C’est donc tout logiquement que mardi dernier pour l’un des trois seuls entraînements ouverts au public durant ce mois de juillet, ils étaient nombreux, plus de trois cents personnes à avoir fait le déplacement. Badauds venus profiter de l’air de la Méditerranée et d’une pause ovale ou tout simplement supporters attirés par cette nouvelle mouture version 2017-2018. Et pour l’occasion, la communication du MHR n’avait rien laissée au hasard puisque pour se rendre sur le terrain d’honneur, il fallait faire un détour forcé par la boutique officielle du club. Une stratégie qui dénote au-delà de l’intérêt pécuniaire, de la volonté affichée de se redorer un blason quelque peu écorné en fin de saison dernière. En attendant les premières joutes qui permettront d’en savoir un peu plus sur le potentiel de cette équipe et sa capacité à rebondir et se maintenir dans les sommets du rugby hexagonal, l’attente est grande chez les supporters. Comme chez Arnaud, montpelliérain d’origine, abonné au MHR depuis cinq saisons et qui avait pris sa matinée pour entrapercevoir le changement : « Cette saison, nous espérons voir du beau jeu. Jusqu’à présent nous étions un peu frustrés. Regardez, un joueur comme Jesse Mogg, il donnait l’impression qu’il ne se lâchait pas… Puis l’image du club n’a pas été très bonne il faut le reconnaître. Le staff précédent n’a pas suffisamment fait confiance aux jeunes du socle. Le projet de jeu sera important. » À quelques mètres de là, Jesse Mogg, justement se montre particulièrement à son avantage dans une séance de skills et de jeu de gagne-terrain avec des passes totalement improvisées, déclenchant certains cris d’admiration dans l’assistance. Des exercices mis en place afin de « développer l’autonomie du joueur et son intelligence », comme le confiera le nouvel entraîneur des avants, Nathan Hines. Le centre Alexandre Dumoulin, sur le chemin du retour après sa rupture d’un tendon du biceps, note la différence avec les années précédentes : « Pour le moment, on touche beaucoup plus de ballons, il y a beaucoup plus d’exercices techniques sur la passe et le déplacement. Nous ne sommes pas encore rentrés dans le vif du sujet car nous sommes aux mains des préparateurs physiques mais il y a pas mal de skills sur l’habileté, pour mieux attraper le ballon. Ce sont des petits détails qui feront la différence cette année. Jake White avait un jeu beaucoup basé sur la défense, avec lui, il fallait d’abord être très performant défensivement avant de penser à l’attaque. Le discours de Vern est totalement inverse. » Pour Patrick, qui suit le club depuis 1994, qui a « connu Sabathé », et occupe le poste de trésorier au sein du Club Historiques des supporters du MHR, groupe monté en 2003, l’espoir est grandet repose en partie sur deux mots, ou plutôt deux noms : Vern Cotter. Il est peu dire que le Néo-Zélandais qui a passé huit ans à la tête de Clermont (2006-2014), et trois ans aux commandes de l’Écosse (2014-2017) suscite l’admiration et que son capital sympathie est déjà grand : « S’il arrive à développer le style de jeu qu’avait l’Écosse, ça peut être très intéressant pour nous. »

 « Ici, on parle français »

Une attraction qui se retrouve également dans le fait que le nouveau staff emmené dans les valises de Cotter communique essentiellement en français : « Ici, on parle français », a demandé le nouvel homme fort du MHR. Un changement, un de plus avec les prédécesseurs auquel n’est pas insensible Martin Devergie, de retour dans son club formateur après une riche expérience columérine. Le troisième ligne fait partie de ces joueurs intégrés à la préparation physique d’avant-saison comme une vingtaine d’autres « Espoirs en devenir ». Il ne cache pas son plaisir : « Il y a des ambitions pour moi, pour le groupe. D’entrée, le staff nous a parlé. On sent que si l’on donne ce qu’il faut, nous aurons notre chance un de ces quatre jours. Il faut la saisir. Quand on sent qu’il y a la carotte au bout, c’est motivant. Si on n’est pas motivés dans un groupe comme ça. » Un discours qui révèle l’ambiance studieuse mais également l’envie de bien faire d’un collectif qui apprend à se connaître jour après jour, malgré les blessés (Ouedraogo, Willemse, Reilhac, Tomane, Fall, Galletier, Nadolo) et sans certains absents (Camara, François Steyn, Serfontein, Cruden, Pieenar, Nariachvili, Mikautadze, Nagusa). Et en attendant le retour programmé pour le 24 juillet de l’enfant du pays, Louis Picamoles dont les charges dévastatrices provoquent déjà une très forte attente visible dans les yeux des supporters montpelliérains. Une nouvelle histoire commence.

 

par Enzo Diaz

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