Revue d'élite des ouvreurs : Camille Lopez dépose la concurrence

L’ouvreur de Clermont s’impose logiquement au terme d’une saison où il aura brillé aussi bien en équipe de France qu’avec clermont. Derrière, se trouvent Colin Slade et Brock James, qui ont tous deux distillé le jeu à la perfection avec leurs équipes respectives durant toute la saison.

Camille Lopez devait répondre à une question cette saison : était-il l’homme de la situation ? Son équipe de Clermont sortait d’une saison en demi-teinte, sans qualification pour la phase finale de Coupe d’Europe et une élimination en demi-finale du Top 14. Sur le plan personnel, le nouveau sélectionneur Guy Novès ne semblait plus penser à lui, relégué derrière Jules Plisson, François Trinh-Duc et Jean Marc-Doussain. De quoi ébranler la confiance même d’un grand champion. Le Mauléonnais a fait mieux qu’apporter une réponse. Il a offert beaucoup plus, c’est-à-dire des garanties ! Il est d’abord revenu chez les Bleus sur la pointe des pieds dès la tournée de novembre. Par défaut, plus que par choix après la grave blessure de François Trinh-Duc (fracture de l’avant-bras) lors du premier test face aux Samoa, Guy Novès a fait appel au Clermontois pour la première fois de son mandat. Titulaire face à l’Australie, Lopez manquait le drop de la victoire mais le sélectionneur lui renouvelait sa confiance face à la Nouvelle-Zélande une semaine plus tard. Car s’il manquait encore de précision sur les gestes décisifs, sa gestion des rencontres mais surtout son animation offensive avaient fait changer d’avis le patron des Bleus, auteur d’un mea culpa après la tournée d’automne : « Un garçon comme Camille nous a rejoints sur des blessures. Il n’était donc pas là au départ. Est-ce qu’on s’était trompé sur son cas ? La question mérite d’être posée. » Novès apportait lui-même la réponse lors du Tournoi des 6 Nations en le propulsant ouvreur titulaire et indiscutable de l’équipe de France. Lopez le lui rendait bien en terminant meilleur réalisateur de la compétition avec un taux de réussite de 89 %, démontrant une nouvelle régularité aussi bien dans ses performances que dans son rôle de buteur numéro un.

Décisif en phases finale

Après la finale du Top 14 remportée face à Toulon, le principal intéressé se confiait sur sa nouvelle dimension : « Je pense que j’ai progressé depuis trois ans. Surtout j’ai gagné en constance à l’image de mon équipe. » Il s’est aussi transformé en joueur décisif, celui capable de faire basculer une rencontre. Le départ de l’emblématique Brock James, en place au sein du collectif auvergnat a laissé un vide qu’il a su combler : « Inconsciemment, le fait que Brock soit parti a peut-être joué sur moi. Cela m’a permis d’être plus libéré. Il était quelqu’un d’important dans ce club, il intervenait énormément. » Assez libéré pour réussir un drop important face à Toulon en quarts de finale de Coupe d’Europe, puis deux nouveaux drops décisifs en demi-finale face à la province irlandaise du Leinster, décrochant ainsi une nomination logique pour le titre de joueur européen de l’année. Il inscrivait deux essais en demi-finale du Top 14 pour mettre à terre le Racing 92, le champion de France en titre revenu du diable Vauvert après sa victoire en barrage sur la pelouse de Montpellier. En finale, il s’est imposé comme le commandant en chef et leader de combat dont Clermont avait besoin pour soulever une nouvelle fois le Bouclier de Brennus.

2) Quand Colin Slade va, tout va

L’ouvreur néo-zélandais est le véritable métronome d’une Section paloise qui a bien du mal à se passer de ses services et talents multiples. Sa prolongation avec le club béarnais jusqu’en juin 2019 est certainement le meilleur recrutement effectué par les dirigeants palois tant il pèse sur les résultats de son équipe. En effet, la Section n’a remporté que deux matchs sur neuf sans son numéro dix All Black. Quand il est sur la pelouse, les résultats sont bien différents avec dix victoires et un match nul en dix-sept rencontres. On comprend mieux les difficultés des Béarnais à rester au contact des meilleurs en fin de championnat puisque Colin Slade a terminé sa saison au soir de la 19e journée en raison de commotions cérébrales à répétition, la dernière sur la pelouse de Bayonne où il avait dû quitter ses partenaires après seulement quatorze minutes de jeu. Le maintien étant alors assuré, le staff technique de Pau a certainement pris la meilleure décision en laissant au repos Slade jusqu’à la fin de la saison, même si cette mesure de précaution a certainement privé les Béarnais des phases finales. Mais Slade sera en pleine possession de ses moyens pour la prochaine rentrée.

3) Brock James en patron

Il n’a pas fallu très longtemps à l’ouvrreur australien pour s’imposer dans son nouveau club de La Rochelle, où son compatriote Zack Holmes officiait jusque-là avec brio. Le changement a permis à l’ancien clermontois (après dix saisons passées en Auvergne) de retrouver une nouvelle jeunesse malgré ses 35 printemps, fêtés en octobre dernier. Si le jeu du Stade rochelais était déjà séduisant la saison précédente, Brock James a permis à cette jeune formation de franchir un cap en termes de maturité, s’imposant ainsi comme le patron incontesté et incontestable (22 matchs de Top 14, 19 titularisations, sans oublier 8 matchs de Challenge Cup dont 7 comme titulaire). Il a été à l’image de son équipe, s’appuyant souvent sur une grande confiance, notamment pour arracher, sur une pénalité après la sirène, la victoire sur la pelouse de Toulon. Excellent aussi en demi-finale du Top 14 avant d’être contraint de sortir du terrain en raison de crampes. Il aurait certainement mérité de figurer encore plus haut dans ce classement, mais ses échecs dans ses tentatives de but lors de la demi-finale de Challenge Cup face à Gloucester ne peuvent être occultés.

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