Revue de l'élite : Serin, Parra, Dupont en tête

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    Revue de l'élite : Serin, Parra, Dupont en tête
Publié le , mis à jour

Premier du classement, Baptiste Serin a tout connu ou presque en une saison. Surtout en équipe de france. Cette saison, globalement réussie, doit servir au Bordelais de tremplin pour l’avenir. Derrière lui, Morgan Parra à porté l'ASM vers le titre de champion de France alors que le jeune Antoine Dupont s'est révelé au plus haut niveau

Serin, l'année folle

Baptiste Serin a sans nul doute connu l’année la plus importante de sa jeune carrière. Au fil de ses douze mois, elle a été émaillée de coups d’éclats et de coups durs, de bravos et de sifflets, de grande première et de baptêmes plus douloureux. « Durant cette année, avec l’enchaînement des matchs, j’ai pris l’expérience de trois ou quatre saisons en une seule. Tout est allé si vite », confiait, début juin, le demi de mêlée dans ces colonnes. Ses propos trouvent avant tout un écho sur la scène internationale. Le natif de La Teste-de-Buch a été aligné à onze reprises. Le meilleur total pour un Tricolore, à égalité avec Atonio, Fickou, Gourdon, Maestri et Picamoles. Un chiffre comme une évidence : « Si je suis encore avec les Bleus, c’est que j’ai prouvé au staff que je pouvais y rester… » Son année en bleu restera largement positive : son épatant culot affiché en novembre, sa chistera mémorable face aux All Blacks, sa sobriété tout en maîtrise à Twickenham et face au pays de Galles ou encore son titre d’homme du match en Italie plaident en sa faveur. Le minot ne manque ni de talent ni de mental. Il se pose en chef d’orchestre légitime pour les années à venir.

« je ne m’endors pas… »

Pour autant, il devra retenir les enseignements de cette saison. Lors de cette première année comme homme de base du XV de France, il a pu constater le chemin restant à parcourir pour arriver au niveau d’un Conor Murray par exemple. En Irlande, dans un duel hautement stratégique, le Girondin n’avait pas su résoudre l’équation irlandaise. Un brouillon en guise de leçon : « Je ne m’endors pas : s’il y a eu du bon, il y a également eu des choses négatives qu’il me faut encore régler. » Sa fin de saison n’aura pas non plus été particulièrement heureuse avec la nouvelle non-qualification de son club en Top 14 et une tournée abordée le réservoir vide. En Afrique du Sud, on n’a pas reconnu le virevoltant numéro 9… Ces expériences, le plus souvent positives sont censées endurcir le Girondin. Début juin, il mesurait déjà les progrès accomplis en si peu de temps : « Dans le positif, je trouve que je suis un peu plus propre dans ce que je fais. J’arrive à prendre plus de recul sur les temps forts et les temps faibles de l’équipe, même si le Tournoi m’a montré qu’il y avait encore du boulot de ce côté-là. C’est peut-être normal à 21 ou 22 ans d’avoir encore du travail, mais je me suis aussi amélioré du point de vue mental, où je parviens à rester plus calme malgré la tension. Et techniquement, j’arrive à être un peu plus propre, même si j’ai conscience d’avoir encore trop de déchet lorsque je rentre dans ma zone de fatigue. »

Le 20 juin dernier, Baptiste Serin a atteint le cap des 23 ans. La saison prochaine, il ne sera plus considéré comme un brillant espoir. Mais comme un patron aux responsabilités conséquentes. Il le sait : « Vis-à-vis de l’extérieur, j’ai pris conscience que je n’étais plus le jeunot à qui l’on pardonne tout. Je suis considéré comme un joueur de l’équipe de France, qui a moins le droit à l’erreur que les autres. » Le revers de la gloire et du talent.

Parra, le roi d’Auvergne

Sept ans après avoir offert un premier Bouclier de Brennus à Clermont, Morgan Parra a de nouveau porté Clermont au sommet. Après plusieurs finales infructueuses, le demi de mêlée s’est montré de nouveau décisif à l’heure de vérité : au Stade de France, il a été auteur d’un sans faute dans l’exercice des tirs au but et il s’est distingué par son sens du sacrifice, avec notamment deux grattages cruciaux dans les derniers instants de la partie. « C’est un leader exemplaire que nous, les gros, on suit à la vie, à la mort », vantait Benjamin Kayser au coup de sifflet final. Ce deuxième titre est venu récompenser la bonne saison du numéro 9, buteur régulier et gestionnaire avisé. Pour autant, l’Auvergnat ne trouve toujours pas grâce aux yeux de Guy Novès qui lui préfère Baptiste Serin, Antoine Dupont ou encore Maxime Machenaud. Ses récents propos dans nos colonnes se passent de commentaires : « Morgan est un excellent joueur, on le sait et il n’y a pas de problème avec lui. Simplement, j’essaie de maintenir un groupe de joueurs car je crois à la continuité. D’ailleurs, vous me parlez de Morgan, je vais vous parler de Lesgourgues. » Dont acte. Exclu de la liste Elite,Morgan Parra pourra se consacrer à son club où il sera désormais concurrencé par le Lion Greig Laidlaw.

Dupont, vedette à temps partiel

Antoine Dupont est devenu une des principales attractions du championnat : à chacune de ses prestations, son explosivité, son culot, ses prises d’initiatives et ses raffûts crèvent l’écran. Incontestablement, le numéro 9 possède un talent fou et une capacité à être décisif, comme en attestent ses six essais. Reste qu’il n’a pas encore été installé comme un titulaire à part entière. La saison dernière, il a débuté seulement onze rencontres de Top 14 contre seize pour Rory Kockott. La cohabitation avec l’international tricolore et la décision de l’Auscitain de rejoindre Toulouse ont incité son staff à l’utiliser avec parcimonie, le plus souvent comme « impact-player ». Ses entrées en jeu ont souvent été décisives. Mais cette saison, en concurrence avec Sébastien Bézy, le demi de mêlée aura un cap à passer. L’encadrement toulousain espère détenir avec Dupont et Holmes une charnière capable d’électriser son jeu de ligne. Ses prestations seront scrutées de près par Guy Novès et ses adjoints : ses trois brèves apparitions sous le maillot de l’équipe de France ont été relativement prometteuses et son profil plaît résolument. L’avenir lui appartient.

Vincent Bissonnet
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