Julien Laïrle : « Je suis en colère »

Publié le , mis à jour

Julien Laïrle, manager de Soyaux-Angoulême depuis la saison dernière, a encore démontré ses qualités de coaching et de meneur d'hommes.

Vous sortez d’une saison aboutie mais cette fois il faut confirmer. Ce ne sera peut-être pas le plus facile ?

On sort d’une saison aboutie, oui ; et notamment sur la phase aller. Les quinze jours de repos et notre préparation du match à Béziers nous ont fait mal sur le plan de la dynamique positive. Mais l’objectif de maintien a été atteint. Ce n’est pas un miracle mais quand même quelque chose d’extraordinaire avec le plus petit budget de cette Pro D2. Cependant, on tire aussi les leçons du passé et de cette phase retour qui nous a imposé de jouer le maintien jusqu’au match de Carcassonne. Il faudra donc faire plus que confirmer. C’est pourquoi on doit vite prendre ce championnat à bras-le-corps. La quantité de l’effectif va être primordiale d’autant plus que l’on passe à des blocs de six matchs.

 

Il y a cette année un gros renouvellement dans l’effectif. C’est la première fois depuis votre arrivée. Ça vous inquiète ?

Le renouvellement, il a été fait sur la base de la modification des règlements mais aussi afin d’apporter un plus à l’équipe. L’an passé, on avait les avantages d’un club promu en termes de contrat pro mais les contraintes d’un club non formateur. Pour exemple, cette statistique sur les jeunes issus de la formation (JIFF) par feuille de match qui n’est pas positive aujourd’hui. On a donc changé notre fusil d’épaule et notre philosophie est tout autre cette année. On a juste compensé le départ d’une dizaine de joueurs et on a amené une plus-value au niveau du centre de formation.

 

Même si le renouvellement est important, vous et votre staff avez fait vos preuves. On peut supposer que vous allez vous inscrire dans la continuité ?

Un staff se doit de prouver chaque saison, chaque entraînement et chaque match surtout. Le meilleur exemple, c’est le Stade français. Rien n’est jamais acquis et on l’a vu chaque week-end l’an passé. Une des composantes pour travailler dans le secteur professionnel, c’est la remise en question. Une nouvelle saison commence. Tous les compteurs sont remis à zéro. Il va falloir remettre le bleu de chauffe. Sans oublier nos valeurs, notre implication, notre soif de perfection, il faudra cette saison retrouver le goût de la performance sur la durée. On ne peut pas se satisfaire des résultats de l’exercice précédent.

 

Vous avez dû être surpris à la reprise de voir que rien n’avait été fait au stade ?

En tant que professionnel, on se doit de rien dire. On fait avec les moyens du bord. Avec la suppression de deux tribunes, on nous enlève un peu de notre réussite. On a réussi à se hisser dans l’élite et on s’est donné la chance de jouer dans un petit chaudron mais malheureusement ce stade régresse. En tout cas, on est en droit de se poser la question : pourquoi on ne souhaite pas donner les moyens au SAXV de pérenniser le club en PRO D2 ? L’évolution du stade semble être tributaire de nos résultats or depuis quatre saisons, ils sont là. On est monté de Fédérale 2 en Pro D2 simplement pour être gratifié d’une remise en état des peintures. Reste à savoir si c’est suffisant pour augmenter l’affluence du stade et permettre aux joueurs de mieux s’entraîner.

 

D’autant plus que vous avez réussi à fidéliser un public qui a été important la saison dernière.

C’est vrai on a un grand public et on est triste pour lui. Nos infrastructures ne sont pas dignes de lui ni d’un club professionnel, d’ailleurs. On a la chance d’avoir un club plébiscité sur le plan national. Le club est une vraie entreprise de cinquante salariés. On devrait être un moteur alors que l’on a l’impression d’être un poids.

 

Ces propos ne sont pas encourageants.

Pessimiste ? Je ne le suis pas. Je suis en colère car des gens se donnent pour structurer ce club et le faire gagner. Mais ne vous inquiétez pas ! Nous sommes toujours amoureux de notre métier et déterminés à respecter l’investissement de nos dirigeants et supporters. On s’est construit sur un esprit revanchard, nous continuerons. Nos supporters et le club peuvent avoir confiance. Dirigeants, staff et joueurs feront tout pour que cette belle aventure soit pérenne.

 

écrit par Jean-François Chrétien

midi olympique
Voir les commentaires
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?