Rien ne saurait être oublié...

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    Rien ne saurait être oublié...
Publié le , mis à jour

Surtout, ne boudez pas votre plaisir et n’en restez pas à l’étroitesse d’un score de parité, qui ne porte jamais de nullité que le nom. Il fallait un sommet pour nous faire chavirer, All Blacks et Lions nous l’ont apporté sur un plateau d’argent au bout d’une trilogie qui s’est terminée en beauté samedi sur la pelouse de l’Eden Park d’Auckland malgré l’enjeu d’un match serré, indécis, souvent acharné mais grandiose de combat, de vitesse et de charme. 

Reconnaissons-le, rien n’a manqué dans cette fin écrite à la hauteur de nos espérances -hélas régulièrement douchées ces derniers temps par les contre-performances tricolores… Rien n’a manqué, des pénalités sifflées -ou non- par Romain Poite pour sceller le sort de la rencontre, à la fourberie grossière -mais payante- de Rhys Webb pour offrir l’égalisation à Owen Farrell. Rien n’a manqué, de l’intensité extrême d’un rugby pratiqué très souvent sur le fil du génie individuel, jusqu’aux fondements collectifs d’un engagement sans faille.

Messieurs les acteurs, merci pour tout et au plaisir de vite vous revoir. Parce que si l’issue de la finale des finales entre les doubles champions du monde en titre et la sélection des meilleurs joueurs britannico/irlandais n’a pas choisi son camp, elle n’en reste pas moins l’un des plus beaux cadeaux offerts à un monde du rugby toujours en quête d’universalité. Ce serait même une sacrée belle affaire pour qui voudrait remplir les écoles de rugby et profiterait de ces images d’acteurs souriants, heureux et légers, joueurs tout simplement et portés par le plaisir de pratiquer un jeu plus moderne que jamais.

à ce titre, nous pourrions jurer que les Néo-Zélandais ne seront pas les seuls à profiter de la classe immense des frères Barrett, l’or des Blacks aux sourires ultrabright. Comme nous allons parier aussi bien volontiers qu’une fois n’est pas coutume, les gamins d’Irlande, d’Écosse ou du pays de Galles ont eu l’envie soudaine d’adopter Owen Farrell pour frangin.

C’est la rançon de la gloire et l’héritage d’une tournée de légende qui vient nous rappeler quelques précieuses vérités. La guerre des mondes a confirmé que le jeu de rugby -malgré la mondialisation galopante- brillait par la diversité de ses cultures et de ses modes d’expressions... C’est tout autant la preuve que la domination des hommes en noir peut être remise en cause par qui sait défendre, combattre et aussi bien attaquer... Comble d’ironie, c’est encore à l’autre bout du monde, chez les sudistes qui programment sa fin depuis des lustres, que la mêlée fermée a retrouvé toutes ses lettres de noblesse. Désormais, les sombres et sourdes batailles du Top 14 ou de ProD2 ne pourront plus nous mentir : les mêlées écroulées, relevées ou désaxées ne sont plus des fatalités... Et comme si cela ne suffisait pas, gestuelle, maîtrise technique et vitesse d’exécution restent enfin l’apanage des géants. Puissent-ils devenir des sources d’inspiration pour tout notre rugby français...

Emmanuel Massicard
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