L'UBB à l'aube d'une nouvelle ère

  • L'UBB à l'aube d'une nouvelle ère
    L'UBB à l'aube d'une nouvelle ère
Publié le , mis à jour

L'Union Bordeaux-Bègles, échaudée par un parcours en dents de scie l’an passé,  n’imagine pas trop de quoi sera faite la saison qui se présente. Une chose est sûre, le recutement n’a pas été très tapageur, mais « ciblé » pour que le groupe ne soit pas tout à fait le même.

Qui peut donc prédire à quelle place finira l’UBB en mai 2018 ? Les Béglo-Bordelais ne cachent pas qu’ils vivent cette intersaison dans un flou assumé. La onzième place de l’an passé a forcément laissé des traces et plus encore, la trajectoire accidentée du parcours 2016-2107, la deuxième place du mois de novembre suivie d’un invraisemblable tunnel et d’une dégringolade spectaculaire. Depuis, Adam Ashley-Cooper et Ian Madigan, symboles des ambitions passées sont partis, et l’on ne peut pas dire que leur départ fut récompensé par un recrutement tapageur. Seul le revenant australien Leroy Houston présente un profil international (…une seule sélection).

 Recrutement sans tapage

« Mais notre meilleur recrutement, c’est quand même d’avoir su garder nos cinq internationaux, non ? » précise Laurent Marti. Il fait allusion à Serin, Goujon, Maynadier, Rey et Poirot. « Et puis, si vous regardez bien nos comptes, vous vous rendrez compte que notre masse salariale est supérieure à celle de l’an passé. » Autre point capital : la santé de Jandre Marais et de Metuisela Talebula trop souvent blessés l’an passé. Avec eux, l’UBB devient une autre équipe capable de battre les meilleurs. Mais le président bordelais ne veut pas non plus s’embourber dans la langue de bois : « Oui, nous sommes conscients que tous nos concurrents vont se renforcer avec de gros moyens. Qui peut prédire ce que sera le prochain Top 6 ? Qui sait ce que feront des clubs si bien armés comme Lyon ou le Stade français ? Et il me semble qu’Agen est monté avec plus d’armes qu’il y a deux ans ». On ne va pas donc tourner autour du pot, l’UBB vit une période de… relative austérité, symbolisée par l’arrivée de cet ouvreur sud-africain Tian Schoeman, sans sélection et plutôt considéré comme une doublure en Super Rugby chez les Bulls. Mais bonne nouvelle, celui-ci attendu en octobre est arrivé dès le mois de juillet. À l’ouverture, l’UBB ne démarrera donc pas avec un choix trop limité. Une chose est sûre, Laurent Marti s’est senti en fin de cycle la saison dernière : « Nous changeons de stratégie, » avait-il clamé dès le début juin. Un mois plus tard, il n’a pas désavoué ses propos. « On voit bien ce qui marche dans notre Top 14. Il faut tenir le coup physiquement. On peut toujours répéter : « La balle à l’aile, » mais il faut bien s’adapter, sans renier notre ADN. » L’exemple du parcours étonnant des voisins rochelais a été étudié à la loupe; Laurent Marti et Jacques Brunel semblent avoir analysé qu’il fut basé sur une force terrible dans les premiers impacts, la clé du jeu qui a fait la différence. Le recrutement, s’il n’est pas spécialement clinquant, a té qualifié de « ciblé » avec des joueurs aptes à s’imposer dans les chocs, tels entre autres Pélissié, Naqalevu, Diaby, Gayraud…. Beaucoup viennent de Pro D2, mais bien utilisés dans un schéma adapté, ils pourraient très bien se révéler comme de solides fantassins du Top 14. Après tout, Clément Maynadier venait lui aussi de l’étage inférieur en 2013 et il joue désormais chez les Bleus. Laurent Marti s’est aussi plu à rappeler qu’il avait décidé de faire confiance à de jeunes talents français en devenir : les Roumat, Decron, Dufour, une stratégie à moyen terme qui a l’avantage de ne pas être trop onéreuse.

Nouvelles constructions, nouveau staff

à Moga, on croise toujours les mêmes sourires, Loïc Arnould, kiné dévoué ou Alphonse Mirallès, rouage essentiel de l’accueil et de la vie quotidienne des joueurs. Mais depuis le 19 juin, la troupe amputée des internationaux s’active sous les ordres d’un nouveau staff technique commandé par Jacques Brunel avec les nouveaux Jeremy Davidson et Rory Teague en « sous-chefs ». Ils ont paraît-il apporté leur patte aux premières séances sur des terrains d’entraînement toujours en travaux. De nouveaux bâtiments sortent de terre comme pour rappeler que l’ambition ne faiblit pas à l’UBB : comme un signe envoyé au public le plus fidèle d’Europe. Hélas, il ne suffit pas (encore) à donner au club les muscles qu’arborent les barons du Top 6.

Jérôme Prévot
Voir les commentaires
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?