« Les filles elles s'y filent comme des malades ! »

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Publié le , mis à jour

Une fois n'est pas coutume, ce sont les travailleurs de l'ombre qui sont mis en lumière. Du bénévole au supporter en passant par le médecin et les éducateurs ou les dirigeants, ce sont eux qui font vivre les clubs, petites mains discrètes qui abattent un travail monstrueux. Aujourd'hui retrouvez Jean-Luc, éducateur des cadettes de Marcoussis.

Bonjour, présentez vous...

Bonjour, je m'appelle Jean-Luc, je suis papa de joueur et c'est par là que j'ai commencé à entraîner. J'étais présent à tous les entraînements, et au fur et à mesure, j'ai commencé à donner des coups de main aux entraîneurs : l'alchimie a pris. J'ai donc commencé à entraîner il y a maintenant 9 ans. Depuis, j'ai eu la chance d'entraîner toutes les catégories en école de rugby et j'ai passé mes diplômes d'éducateur. Après tout ça, j'ai eu l'impression d'avoir un peu fait le tour au niveau de l'école de rugby, j'avais besoin de changement, de découvrir autre chose. J'entame donc ma deuxième année en tant qu'entraîneur d'équipe féminine, chez les cadettes de Marcoussis.

Vous avez donc le recul nécessaire pour constater les différences ?

Au niveau des exigences, ce n'est pas la même chose. Je fais faire les mêmes exercices aux filles et que je faisais faire au garçon, mais les filles demandent plus d'explications. Les garçons, tu leur dis les choses deux fois, même sans comprendre, ils vont appliquer. Les filles elles ont besoin de comprendre, si tu leur demandes un truc, mais qu'elles ne comprennent pas, elles vont le faire le faire sans conviction, en traînant les pieds. Ce qui est aussi un peu plus compliqué, c'est de tenir l'attention des filles tout un entraînement. Tu ne peux pas être aussi exigeant avec elles, il faut adapter un peu les entraînements, les rendre plus ludiques par exemple.

Comment organisez vous vos entraînements de ce fait ?

On fait plusieurs groupes pour tout ce qui est placage ou contact, il y a beaucoup de débutantes avec lesquelles il faut tout reprendre. Les filles qui sont au pôle espoirs ont aussi un rôle important à jouer, elles ont du rugby toute la semaine donc elles transmettent aux autres. Pour tout le mouvement collectif par contre c'est à effectif total.

En terme de jeu, à cet âge les différences filles / garçons sont-elles importantes ?

Les filles sont aussi organisées, techniquement il n'y a pas tant de différences que ça. Les principales différences sont physiques. Par contre, en match les filles s'y filent comme des malades (rires). À l'entraînement on se dit « quelle misère », mais dès qu'on passe en match c'est plus les mêmes, j'étais très étonné au début. Je vous jure, elles s'y filent plus que les mecs !

Avant les matchs, les discours sont-ils différents ?

Oui forcément, tu parles avec un peu plus de tact. Les leviers à actionner sont pas les mêmes que pour les mecs, on joue peut-être un peu moins sur l'honneur, mais plutôt sur leur amitié, leur groupe. Faut dire que les filles sont vraiment un groupe de copines, elles sortent toutes ensemble, sont hyper soudées.

Après votre première année, quel bilan tirez-vous de cette expérience ?

Ma manière de fonctionner change un petit peu, il m'a fallu un petit peu de temps pour m'adapter, mais c'est vraiment un plaisir. Les filles sont hyper attachantes donc tu prends tout de suite très à cœur le rôle qui t'es confié.

 

Propos recueillis par Théophile ARLET

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