Un nouveau virage pour Toulon

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    Un nouveau virage pour Toulon
Publié le , mis à jour

Après deux saisons tourmentées, le RCT repart sur une page blanche sous la coupe de Fabien Galthié et avec de nouveaux galactiques. Avec toujours le même objectif : remporter des titres.

Depuis le dernier titre décroché au printemps 2015, les aventures des super-héros toulonnais ont progressivement laissé place à une « sitcom » à rebondissements. Souvenez-vous ces deux saisons riches en rebondissements aux relents tragi-comiques : des histoires de je t’aime moi non plus, des coups de théâtre improbables, une contagion de blessures à la limite de l’épidémie, des changements de personnage incessants avec, à chaque fois, un final haletant et malheureux. Après vingt-quatre mois très agités, chaotiques en coulisses et irréguliers sur les terrains, le club varois entend retrouver un semblant de vie normale. Un projet plus serein et mieux maîtrisé. Pour y parvenir, Mourad Boudjellal s’est enfin attaché les services de l’homme tant convoité, Fabien Galthié, jusqu’à présent bloqué par sa situation contractuelle avec Montpellier : « Je le voulais depuis longtemps, reconnaissait, au printemps, le président toulonnais. Je le voyais comme le successeur naturel de Bernard Laporte. J’aime travailler avec ce genre de personne. Mais il n’était pas disponible quand Bernard est parti. Comme lui, Fabien Galthié évolue dans une autre galaxie. » L’arrivée du manager suscite énormément d’espoirs du côté de Mayol : sa réputation de technicien doué et inventif augure d’un jeu plus audacieux et enthousiasmant. Une belle promesse pour les supporters rouge et noir après vu leurs favoris bafouiller et improviser tout une saison balle en main. « Je m’attache au contenu, avance le nouvel homme fort. Nous sommes très concentrés sur l’organisation, la méthode et les détails qui vont construire une histoire. On aimerait donner la capacité à cette équipe de se replacer et jouer collectivement et à poser des questions à l’adversaire. Je compte conserver les atouts de cette équipe et lui amener la capacité d’alterner. »

L’équation des lignes arrière

La composition de l’encadrement, pensée en amont, est censée éviter une nouvelle bataille des chefs et une incessante remise en question de la part de la direction. Pour l’heure, tout va bien, à en croire Mourad Boudjellal : « Je n’avais pas pris autant de plaisir que ces dernières semaines depuis le départ de Bernard. J’ai retrouvé une connivence avec le staff technique alors qu’elle s’était perdue. Il me semble que nous sommes en train de construire un joli truc et je n’ai pas les doutes que j’avais l’an passé. » Les changements sur le banc de touche vont de pair avec un renouvellement considérable de l’effectif. Nombre des héros du triplé européen ont quitté Mayol, avec les Giteau, Mitchell, Smith et autres Halfpenny. Si le paquet d’avants reste identique dans ses grandes lignes, les lignes arrière se trouvent en chantier avec l’intégration des Ashton, Bonneval, McAlister, Fekitoa et autres Pietersen. Sans occulter l’épineuse question du buteur numéro 1, encore non identifié. Le challenge proposé à Fabien Galthié, candidat naturel au poste de sélectionneur du XV de France à plus ou moins long terme, comporte tant de défis : mettre en scène un projet de jeu ambitieux, spectaculaire et efficace, amener de la sérénité à Berg et, enfin, ramener un titre à Mayol, après deux longues années d’attente et de frustration. Et ce, au sein de compétitions plus que jamais concurrentielles. Bernard Laporte, à son époque, était parvenu à transformer un effectif quatre étoiles en ligue des champions. À Fabien Galthié de jouer maintenant.

Vincent Bissonnet
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