Cyriel Blanchard : l'humilité comme secret de longevité

Avec le départ des deux titulaires du poste, l’ancien montois Cyriel Blanchard habitué au haut niveau, vient prêter main-forte à la mêlée dacquoise.

Cyriel Blanchard est ce que l’on appelle un pur Landais. Natif d’Aire-sur-l’Adour, il a tout connu avec le Stade montois depuis 1999. Aux côtés des Cabannes, Tales et autres Cabarry, il fait partie d’une génération dorée championne de France Crabos en 2002. À partir de 2006, au milieu d’une bande de vieux grognards, il pointe son nez dans l’équipe fanion. D’un caractère plutôt discret hors du terrain, sur le près il compense son modeste gabarit (1,72m ; 91 kg) par un sacré tempérament, une bonne intelligence de jeu et une grosse technique. Au cours des années qui suivent, il n’occupe pas de siège de titulaire mais se rend indispensable par sa disponibilité et son efficacité. C’est ainsi qu’il connait avec l’équipe montoise plusieurs demi-finales et finales et surtout, deux montées en Top 14. « Humainement et en termes de résultats, j’ai eu la chance de connaître des années pleines. Pour moi, la saison 2011-2012 restera la plus belle, sûrement parce que j’ai beaucoup joué…» avoue-t-il. Mais le talonneur a aussi rendez-vous avec les blessures. En mai 2012, « Mouss » (comme le surnomme ses coéquipiers), connait sa première grosse blessure à un genou. Opéré dans la foulée des ligaments croisés, il se rétabli normalement. Pendant l’été, comme ses compères de première ligne, il passe un IRM cervicale de contrôle. Dans un premier temps, le staff médical ne se prononce pas. En décembre, au moment de reprendre, on lui annonce qu’il souffre d’une hernie aux cervicales et qu’une opération est nécessaire... Deuxième « effet kiss cool » pourrait-on dire avec détachement. Mais l’affaire n’est pas si « cool » que ça pour le talonneur. Conscient d’avoir perdu plusieurs mois, il va repasser sur le billard, avec une « grosse paire de boules.. ! »

lucidité

Sans faire de vague, il va se remettre au travail et gagner la confiance des nouveaux coachs. Tout se passe bien jusqu’à la saison dernière, où un imbroglio autour d’une absence pour les funérailles de son oncle, le pousse définitivement hors du groupe. « Je ne m’explique toujours pas pourquoi j’ai été mis au placard… » Sans solution, il pense à sa reconversion et se rapproche de son ancien club. Sur le point de s’engager chez les Aturins avec un projet de reconversion, il est contacté par Jérôme Daret, le manager dacquois. « J’ai été surpris par l’appel de Jérôme. On s’est rencontré le lendemain et deux jours plus tard, je signait un contrat de deux avec l’US Dax. Après 15 ans au Stade, je n’avais aucun à priori en signant à Dax. Je suis ravi des installations d’entraînements et du super état d’esprit du groupe. Habitué des douches visiteurs, je vais enfin pouvoir voir ce qu’il y a après les premières marches du vestiaire dacquois…» Avec les départs, le poste de talonneur sera en danger. Revanchard et lucide, Mouss va mettre sa longue expérience et toute son humilité au service du club qui lui a donné une nouvelle chance.

Par Laurent TRAVINI