Arlettaz: « Je n’aime pas que l’on décide pour moi »

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    Arlettaz: « Je n’aime pas que l’on décide pour moi »
Publié le , mis à jour

Patrick Arlettaz, l'entraîneur des trois-quarts grand artisan d’une Usap aussi séduisante que pragmatique en fin de saison dernière se confie.

Contrairement à l’an passé, vous avez pu travailler avec votre groupe pendant tout l’été. Comment aborde-t-on cette deuxième saison ? 

Je savais très bien en arrivant au cours de l’année dernière que c’était dans l’urgence. Là, il y a un peu plus de temps. Avec un groupe qui, à 80 % a déjà travaillé sur des acquis. C’est un confort oui, mais en même temps dangereux. Les joueurs pensent qu’après un an de vécu, les efforts ne sont plus forcément nécessaires. Que ça va se faire tout seul. Il faut être vigilant, car c’est souvent ce qui arrive sur les deuxièmes saisons.

On a clairement senti un déclic en fin de saison dernière. S’agit-il de la touche Arlettaz ? 

Il y a de la qualité dans ce groupe. Je crois qu’à partir du moment où les joueurs ont bien saisi le système d’ensemble, tout le monde était en osmose sur les trois, quatre derniers mois oui. Il n’y a pas de touche Patrick Arlettaz. Juste mes idées et ma façon de coacher, de voir le jeu.

Quelle est cette manière d’entraîner justement, votre philosophie de jeu ? 

La principale philosophie est due au caractère du personnage souvent. Je n’aime pas que l’on décide pour moi. J’essaie d’inculquer à cette équipe qu’elle soit maîtresse et responsable de son destin. On met beaucoup l’accent sur la possession. Et en défense, on tente d’être les plus durs possible sur les deux, trois premiers temps de jeu. J’aime quand on a le ballon, j’aime quand on fait des choses. Je n’aime pas trop taper loin devant et attendre que l’autre équipe fasse des fautes. Je préfère provoquer.

Mesurez-vous les limites de votre style de jeu ?

En rugby de toute manière, dès que l’on prend un parti pris, il a des avantages et des inconvénients. En matière de dépense énergétique, le jeu que l’on fait est très prenant. Quand on a la possession, on est fatalement face à un certain déchet. Et en pratiquant une défense très agressive, on est enclin à parfois manquer des plaquages, faire des fautes. On ne peut pas rester neutre, sachant qu’aucun parti pris n’est sans risque. Nous les risques, on les connaît.

Le recrutement judicieux de cet été a-t-il permis de former un effectif plus équilibré ?

Oui, même si ce n’est pas tout à fait complet, ni encore le profil idéal. On manque un peu de quantité et de profondeur. Ce groupe a sinon besoin d’avoir encore un peu plus de vécu. Accumuler les joueurs d’expérience ne suffit pas. J’espère que la saison dernière va nous servir sur certains matchs, certains cycles. On aura des moments difficiles, avec des déceptions. Une saison est faite là-dessus. Il va falloir passer ces épreuves. Peut-on dire que l’Usap est mature à l’aube de sa quatrième saison en Pro D2 ?++ Mature, je ne me fais pas d’illusion, non. Plus mature, ça me suffirait pour cette année. On fera d’autres erreurs, auxquelles nous n’avons jamais été confrontées encore. C’est pour ça que la maturité est sans cesse en train d’évoluer. L’important, c’est de gommer les erreurs au fur et à mesure.J’espère que nous en sommes capables.

Pensez-vous au Top 14 ?

Non. Pour l’instant mon objectif premier, c’est de participer aux phases finales. De toute manière, il n’y a plus d’accession directe. Pour remonter, il faut fatalement participer aux phases finales. La première étape c’est celle-ci. Ça fait deux ans que l’Usap n’y participe pas. Et pour un club comme le nôtre, ce n’est pas admissible

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