Gonzalo Quesada : « Le Top 14, plus qu'un objectif, un rêve ! »

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    Gonzalo Quesada : « Le Top 14, plus qu'un objectif, un rêve ! »
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Après dix au plus haut niveau, Gonzalo Quesada accepte une mission en Pro D2, en tant que directeur sportif du BO. Il veut ramener son nouveau club dans l’élite.

Quel a été votre cheminement pour arriver à Biarritz ?

C’est une longue histoire. J’étais bien à Paris, au Stade français, mais la direction du club n’allait pas dans le sens que j’aurais souhaité. Ce n’est pas dans mon caractère de ne pas savoir où on va. Je n’ai donc pas réactivé l’année supplémentaire de mon contrat. Ça a été une décision difficile à prendre. Mais je voulais couper un an, après quatre saisons en équipe de France, deux au Racing, et quatre intenses au Stade français, ne pas travailler pour voyager, quand le BO m’a appelé. D’autres clubs m’avaient aussi sollicité, mais Federico Martin Aramburu a insisté. Il n’a pas accepté ma première réponse. Du coup, je me suis engagé. Conforté en plus par tout ce que j’ai ressenti dans les contacts avec Nicolas Brusque et Benjamin Gufflet. Des paroles ambitieuses mais modérées. En fait, c’est une histoire d’hommes.

Le Pro D2 n’est pas en rapport avec votre carrière…

Sincèrement, si j’avais eu un plan de carrière, venir à Biarritz ne m’aurait pas traversé l’esprit. J’aime me mettre en danger. Si ma carrière avait été mon seul objectif, j’aurais accepté les autres propositions de clubs anglais, de sélections de province, nationales. Mais ma vision est différente. J’ai été touché par les marques de confiance. J’avoue que je n’ai pas regardé les garanties, le budget, la réalité, j’ai été séduit par ces rencontres entre hommes. Inconsciemment, je voulais aussi me tester avec un effectif sympa.

Comment sentez-vous le groupe justement ?

Il faudra optimiser les ressources. C’est une aventure similaire à celle du Stade français après une période difficile. Changer l’histoire de l’équipe donne envie. C’est ma philosophie. Ici, beaucoup de choses m’ont plu. Je veux les vivre. Le staff est très compétent, complémentaire et on a un bel effectif. En fait, les trois piliers que je considère importants dans mon métier sont réunis : le groupe de joueurs d’abord, le staff avec ses moyens techniques et humains, les infrastructures. La chose la plus rassurante est l’état d’esprit des joueurs. Ils ont en eux des qualités humaines de travail, d’humilité, de sacrifice. C’est très sympa d’arriver tous les jours à leur rencontre. C’est un groupe qui adhère et qui a une sacrée énergie. L’autre point positif, c’est le staff. Il y a ceux que je connais et ceux que j’ai découverts, Jack Isaac, Jacque Cronjé. Mais je les connaissais en tant que joueurs. Le niveau de compétence est partout, dans le médical, le physique, l’analyse vidéo. Et les infrastructures qui vont évoluer.

Quelle sera votre philosophie de jeu ?

Elle ne change pas. Elle s’appuie d’abord sur un fonctionnement à l’anglo-saxonne, une bonne organisation, une cohérence dans le planning. En y ajoutant le côté latin, avec plus d’affectif. Il faut un côté spirituel. Il faut, à travers cela, créer un niveau d’engagement très élevé. Mais avec une histoire d’hommes qui ont un objectif commun. Quant au jeu lui-même, il sera similaire à celui que j’avais mis en place au Racing et au Stade Français. Le cœur du système est l’attaque. Si elle est la grande ligne, elle doit s’appuyer sur l’adaptation aux types de joueurs. Le Pro D2 exige aujourd’hui un jeu plus complet. La caricature, pack plus buteur, est dépassée.

Avez-vous des ambitions de Top 14 ?

Il faut combiner avant tout, deux valeurs : ambition et humilité. On va essayer d’être en haut, dans les six. Quand on voit les autres écuries, on est tous à égalité sur la ligne de départ. Si on se qualifie, on jouera le deuxième championnat pour monter. Si c’est dès cette année, on ne s’en privera pas. On reste toutefois lucide. Le Top 14, plus qu’un objectif, c’est un rêve. Qu’on veut partager avec le peuple d’Aguilera.

Propos recueillis par Edmond Lataillade

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