Montpellier: cultiver une identité

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    Montpellier: cultiver une identité
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Montpellier, qui reste sur quelques années mouvementées, aspire à la sérénité. Et à atteindre les sommets. Pour s’offrir le premier titre majeur de son histoire, le club héraultais s’est offert des stars, sur le pré et sur le banc, chargées d’amener une culture et un style de jeu différents.

Les promesses n’engagent que ceux qui y croient, paraît-il. Mohed Altrad y croit très fort, lui. Quand il commentait la venue de Vern Cotter, en octobre dernier au moment où la nouvelle était parue dans la presse, le patron du rugby héraultais plaçait dans la venue du Néo-Zélandais l’espoir de voir enfin ses ambitions réalisées : « Montpellier reste une promesse dans le rugby français finalement. On n’a pas gagné grand chose de majeur et on souhaite se donner encore une chance, convenait-il*. Mais dans toutes les choses que j’entreprends, ma place est toujours la première. » Pour remplir son contrat, l’ancien sélectionneur de l’Écosse devra donc mener le MHR vers le premier titre de son histoire, en Top 14 et/ou en Champions Cup.C’est clair, affiché et assumé. Mais sa mission ne se limitera pas aux résultats : « Vern Cotter va amener une nouvelle méthode, peut-être une culture qui sera différente, espère Mohed Altrad. Montpellier n’a pas un style de jeu qui lui est propre. Je pense que le contrat de Cotter de trois ans va dans ce sens-là : installer une culture, un style de jeu montpelliérain. » Lui créer une identité, en somme. Sur et hors du terrain.Le technicien a bien reçu le message : « Le plus important est qu’il perdure, en toile de fond, une culture de club, quelque chose qui appartienne aux joueurs, un esprit montpelliérain », nous confiait-il dans un entretien qu’il nous avait accordé au cœur de l’été.

Ambition et adaptation

Comme l’explique le plus emblématique des Montpelliérains, Fulgence Ouedraogo, le groupe travaille beaucoup « sur le liant de l’équipe, sur son identité » (lire ci-dessous). Plusieurs leaders, de vie et de jeu, ont été identifiés pour que ce groupe largement remanié - et marqué par le limogeage surprise de six joueurs sous contrat en toute fin de saison dernière - écrive sa propre histoire. Et une nouvelle page de l’histoire du club. « Il y aura plusieurs gardiens du temple, ceux qui doivent gérer sur le terrain mais aussi en-dehors, expliquait Vern Cotter. Il faut des profils transversaux, différents pour incarner tout le groupe. De ce que je vois émerger de ce groupe, on trouvera sûrement des gens comme Fulgence Ouedraogo, Bismarck du Plessis, qui est très respecté et écouté. Également Benoît Paillaugue, Louis Picamoles et le petit Kélian Galletier. » Aaron Cruden ou Ruan Pienaar, leaders de jeu naturels, seront aussi chargés de mener l’équipe vers les sommets. Pour les atteindre, le MHR ne devrait plus seulement la jouer bulldozer. Caricaturé pour le jeu physique et frontal prôné par Jake White, le club héraultais n’affichera plus le même visage dans les mois à venir. Armé de Louis Picamoles, Jacques du Plessis, Jan Serfontein ou Nemani Nadolo, il serait fou de ne pas s’appuyer sur sa puissance. Mais il ne s’interdira pas (plus) de mettre de la folie dans son rugby. Vern Cotter le promet : « Un essai vaut cinq points, une pénalité seulement trois. À choisir, je préfère marquer des essais […] Il y a l’envie de jouer, de prendre des risques. Avec des joueurs comme Jesse Mogg, Nemani Nadolo, Joe Tomane, Benjamin Fall, Alexandre Dumoulin, il devrait tout de même y avoir de quoi stresser un peu l’adversaire sur les extérieurs. » Son adjoint Nathan Hines précise : « Le plus important sera de s’adapter. À l’adversaire, à la météo, aux facteurs extérieurs. Il est toujours plus difficile d’affronter une équipe imprévisible et capable de tout faire. C’est notre mission. Cela demande beaucoup de travail mais nous voulons que les joueurs aient tous les outils à leurs disposition. À eux de prendre les bonnes décisions une fois sur le terrain. » Voilà donc à quoi ressemblera le MHR de l’ère Cotter. On peut dire que ça promet…

*Midi Libre, 4 octobre 2016

Emilie Dudon
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