Guilhem Guirado « Je ne cours pas après le brassard de capitaine »

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    Guilhem Guirado « Je ne cours pas après le brassard de capitaine »
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Guilhem Guirado reprendra le championnat dimanche du côté de Clermont. Et si, présent dans la Liste France, il s'est préparé en marge du groupe toulonnais, le capitaine du XV de France attend ce rendez-vous avec impatience.

Guilhem, à quelques jours de votre reprise, on imagine que vous avez des fourmis dans les jambes...

Un petit peu oui ! Après quatre semaines de vacances et cinq semaines de préparation, bien sûr qu'on a envie de reprendre le rugby et de retrouver les copains. On les a vu s'entraîner dur, jouer quelques matchs et notamment la reprise du Top14...

Justement, comment avez-vous vécu cette préparation, en collaboration avec le XV de France mais à l'écart du RCT ?

C'est nouveau et tout ce qui est nouveau nécessite un temps d'adaptation. Il y a beaucoup de changements mais je suis content. J'ai eu la chance d'avoir une préparation personnalisée, ce qui n'est pas offert à tout le monde. Physiquement je suis frais, j'ai perdu les quelques petits kilos que l'on peut prendre pendant les vacances et ça fait du bien de travailler en profondeur. Je suis satisfait, mais il me tarde de reprendre le rugby.

N'êtes-vous pas frustré d'avoir manqué le début de saison du RCT ?

J'ai ressenti un peu de frustration lorsque le Top14 était en passe de reprendre. Mais non, honnêtement tout s'est bien passé. Comment je l'ai vécu ? En fait j'ai trouvé que cette préparation individualisée ressemblait à une période post-blessure, lorsque que tu te bats pour revenir dans le groupe. C'est donc dans cette optique que je me suis entraîné... à la seule différence que je n'étais pas blessé (rires).

Comment avez-vous travaillé ?

J'ai eu la chance de travailler avec un préparateur physique, Gilles Allou, qui est resté à Toulon et s'est occupé de moi, presque comme un athlète. Cette préparation m'a en tout cas permis de travailler en profondeur pendant cinq semaines et j'espère que ça se verra sur le terrain.

Malgré tout, n'auriez-vous pas préféré vous envoler pour l'Argentine, et suivre la préparation du XV de France à distance, comme ont pu le faire Chiocci, Taofifenua, Trinh-Duc et Ollivon, les autres membres toulonnais de la Liste France ?

C'est sûr qu'en terme de cohésion ça ne m'aurait pas déplu, mais je le répète, je suis vraiment content d'avoir pu travailler ici. En Argentine les autres ont dû se débrouiller un peu seuls. Puis rester à Toulon m'a surtout permis de profiter de ma famille. Je préfère voir le bon côté des choses.

Nouveau staff, nouvelles méthodes. Malgré votre préparation en marge du groupe, avez-vous pu échanger avec le staff à ce sujet ?

Ce sont surtout les codes et les appellations qui ont changé. Mais ça reste du rugby et il faudra faire énormément d'efforts tout au long de la saison pour avoir la maîtrise et les repères collectifs. Maintenant, au regard des séances que j'ai pu faire avec le groupe, je n'ai pas l'impression d'être perdu. Il faudra juste que je trouve ma place au sein d'une équipe qui travaille depuis sept-huit semaines et qui a déjà disputé un premier match officiel.

Finalement ces semaines de vacances imposées aux joueurs de la Liste France semblent vous satisfaire.

C'est nouveau et il faut encore que les mœurs évoluent. Mais certains joueurs n'avaient pas pu couper depuis plusieurs saisons et il faut bien comprendre que cette période a été mise en place dans notre intérêt. Alors bien sûr j'ai entendu que plusieurs joueurs auraient voulu jouer la première journée de Top14... Mais il faut être conscient que nous nous sommes préparés pour une saison complète et non pas simplement pour la première journée de championnat. Des matchs, il y en aura d'autres. Enfin, je pense que l'on ne peut pas se plaindre, car de nombreux joueurs aimeraient être à notre place, suivre une préparation différente et jouer pour le XV de France.

Des tribunes, comment avez-vous vécu la première journée de championnat, et la victoire du RCT (41-14) contre Pau ?

En jouant le dimanche on connaissait les résultats des autres équipes. Nous avions donc énormément de pression. Si on rajoute à ça le fait que l'équipe de Pau avançait un peu cachée depuis le début de sa préparation, cette rencontre avait tout du match piège. Donc je suis content du résultat et j'espère que cette victoire en appellera d'autres.

Qu'avez-vous pensé du jeu, très aéré, proposé par votre équipe dimanche ?

En tant que joueur de rugby, je préfère courir avec le ballon et avoir quinze joueurs positionnés sur le terrain, prêts à jouer sur toutes les zones, que défendre et courir après le ballon. Forcément ça demande plus d'exigence, de travail, mais je pense que tout le monde en ressortira épanouis.

Personnellement vous lancerez votre saison dimanche contre Clermont. On imagine que c'est un match particulier...

Ça a toujours été une grosse confrontation, entre deux équipes qui jouent le haut du tableau. Puis il y a toujours eu cette rivalité. Maintenant on essaye de passer outre et de rester concentrés sur notre objectif. Moi, en rentrant dans le groupe, j'ai simplement envie de profiter et de trouver des repères sur le terrain.

Contre Pau, Mathieu Bastareaud a porté le brassard de capitaine. Qu'en sera-t-il dimanche ?

On n'en sait pas plus, mais personnellement, je ne cours pas après le brassard de capitaine. Le plus important c'est d'avoir un noyau dur autour des "cadres", parmi lesquels ont retrouve Duane, Mathieu et moi, mais pas seulement. Nous avons une mission au sein du groupe et le plus important ce n'est pas d'avoir le statut de capitaine, mais de composer un noyau fort, composé de joueurs qui peuvent prendre le relais.

Enfin, en tant que capitaine du XV de France, comment jugez-vous la situation dans laquelle se trouve actuellement Bernard Laporte, président de la FFR ?

Je ne sais pas, je n'ai pas vraiment suivi ce qui se passait et tant que je n'ai pas les vraies infos, je ne me permettrais pas de juger ou de dire quoi que ce soit.

Propos recueillis par Pierrick ILIC-RUFFINATTI

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