Les transferts précoces bientôt menacés

  • Les transferts précoces bientôt menacés
    Les transferts précoces bientôt menacés
Publié le , mis à jour

La Ligue pourrait bientôt sanctionner très durement les présidents tentant d’approcher troptôt les joueurs sous contrat…

Les caciques de la Ligue supportent de plus en plus mal la prolifération de ces transferts annoncés un an avant la fin de contrat du joueur sollicité. Afin d’éviter que des tractations soient entreprises trop tôt entre les différentes parties, la LNR réfléchit donc à durcir son jeu. D’ici peu, les présidents entrant en contacts avec un joueur plus d’un an avant la fin de contrat de celui-ci pourraient s’exposer à de très lourdes sanctions financières voire, dans les cas les plus extrêmes, à une impossibilité d’exercer leurs fonctions de patron de club. Si le Castres olympique souhaitait aujourd’hui s’attacher les services de Yann David, en fin de contrat dans la ville rose en juin 2018, les dirigeants tarnais devraient d’abord se mettre d’accord avec leurs homologues du Stade toulousain avant d’envisager toute démarche auprès du trois-quarts centre. Au risque d’être repris de volée par la sainte mère du rugby pro… Pour la Ligue, c’est une déclaration de bonne intention. « Ces agissements nuisent à la lisibilité de notre sport, perturbent les joueurs et peuvent même avoir des incidences sur la compétition », nous expliquait dimanche matin un membre du comité directeur de la LNR. Mais ce nouveau règlement est-il vraiment viable ? Mourad Boudjellal, lui aussi élu au comité directeur de la Ligue, analyse : « Nous sommes sur un marché mondial et quelles que soient les règles mises en place sur notre territoire, elles n’empêcheront jamais les présidents anglais de parler à nos joueurs… On ne mettra pas non plus un policier derrière chaque président de Top 14 ou de Pro D2 pour vérifier que tout le monde respecte la loi. La majorité des présidents de clubs sont d’accord avec cette proposition de la Ligue. Moi, je trouve ça stupide. Il va même y avoir de la délation. Certains présidents appelleront les médias pour dire qu’un alter ego a appelé tel ou tel joueur. Ce n’est pas sain… »

La loi du libre-échange

Le président toulonnais est-il excessif ? Poser la question, c’est y répondre. Ses arguments sont néanmoins loin d’être infondés. Il poursuit : « Le jeu des transferts, le jeu des annonces : mais tout ça est bon pour tout le monde, les médias comme la compétition ! Cela passionne les gens ! Cela crée du buzz ! Cela fait vendre mais aussi parler ! Il serait donc dommage de s’en priver… On ne peut rêver d’un Top 14 inodore, incolore. Et franchement, comment empêcher un président d’anticiper sur la saison suivante ? Est-il également souhaitable qu’un joueur, à trois mois du terme de son contrat, ne sache toujours pas où il ira par la suite ? » Pour conclure, Boudjellal replace le débat sur le terrain du libre marché : « Les joueurs ne m’appartiennent pas. Nous ne sommes ni amis ni parents. Notre relation n’est que contractuelle. C’est une relation d’argent et il ne faut pas être surpris si d’autres relations d’argent viennent interférer dessus. Partant de là, rien ne me choque. Je suis même plutôt interpellé par ceux qui se pensent propriétaires de leurs joueurs (Waisea, qui souhaitait rejoindre le RCT un an avant la fin de son contrat, a été retenu par les dirigeants parisiens, N.D.L.R.). Moi, quand un joueur à qui il reste un an de contrat souhaite partir, je le libère contre de l’argent. Car je préfère le libérer et gagner de l’argent plutôt qu’attendre un an, qu’il fasse la gueule des mois durant et qu’au final, je touche zéro… » Alors, libre échange ou état policier ? À eux de trancher…

Marc Duzan
Voir les commentaires
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?