Transferts, toujours plus tôt!

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    Transferts, toujours plus tôt!
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Yacouba Camara l'an dernier, Jules Plisson et Yann David cette année, retour sur le phénomène des transferts qui arrivent très tôt dans la saison.

La question ne vient pas sur le terrain de la légalité. Après tout, dans le droit du travail, rien n’interdit à une entreprise de contacter un employé en CDD, pour l’embaucher une fois son contrat en cours achevé. C’est plutôt la question morale qui se pose. Parce que l’entreprise en question est sportive, donc hyperconcurrentielle où les équipes s’affrontent en bille à bille. Et qu’un salarié d’une équipe affronte, au cours de la saison, l’équipe dont il portera bientôt les couleurs.

Cette semaine a donc illustré à merveille cette pratique, qui veut que les joueurs majeurs du Top 14, les plus souvent des internationaux français, se négocient plus d’un an avant leur fin de contrat. Lundi, dans nos colonnes, nous annoncions la signature à venir de Jules Plisson au Racing 92. Un recrutement qui sera effectif en juillet 2018, mais dont la finalisation n’a même pas attendu le début de cette saison. Vendredi, ce sont nos confrères de La Dépêche du Midi qui révélaient le transfert à venir de Yann David, du Stade toulousain vers Castres. Toujours pour juillet 2018.

La pratique agace, chez les supporters. Elle n’est pourtant pas nouvelle. Champion de l’anticipation, Clermont, qui porte un immense soin à ses recrutements. Les Auvergnats ne font pas de « joueurs d’agent », à l’aveugle. Au contraire, ils prennent le temps de longtemps superviser les joueurs ciblés, de mener « une enquête de voisinage » sur leur personnalité puis de les rencontrer, à plusieurs reprises, pour mieux cerner les personnages et leurs motivations. Ce qui prend du temps. Du coup, les émissaires de l’ASMCA contactent des joueurs jusqu’à un an et demi à l’avance. Ce fut le cas pour Greig Laidlaw et Rabah Slimani, dernières recrues en date, en contact avec le club depuis dix-huit mois. Avec succès. Ce fut une cause perdue pour le poste de pilier gauche : après l’échec sur le dossier Poirot, approché l’an dernier, les Auvergnats se sont tournés vers Cyril Baille. Dès janvier 2017, alors que le joueur était sous contrat avec le Stade toulousain jusqu’en juin 2018. Encore raté, Baille ayant depuis prolongé avec le club haut-garonnais jusqu’en 2021.

Toulouse et Paris visés

Pour se prémunir de ces départs actés longtemps avant la fin de contrat, les clubs prolongent également leurs joueurs de plus en plus tôt. Sans attendre la dernière saison, lorsque les meilleurs éléments seront sujets à de la surenchère. Mais la méthode n’est pas infaillible. Chez les clubs historiques actuellement en perte de vitesse, les joueurs et leurs agents laissent traîner les négociations. Au cas où une offre satisfaisante d’un club plus performant arriverait sur le bureau. Ainsi, Toulouse et Paris sont actuellement des cibles privilégiées pour les recruteurs de Montpellier, Clermont, le Racing 92, Toulon et même Bordeaux-Bègles. D’un côté, Doussain, Maestri et Huget seront en fin de contrat en juin prochain. Et ils sont déjà soumis à de nombreuses offres. L’ailier, notamment, déjà approché par le Racing 92 et Montpellier. Côté parisien, en plus de Plisson, Jonathan Danty est la cible de nombreux clubs. Et les contacts remontent à six mois déjà, alors qu’il lui reste un an de contrat.

Léo Faure
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