Toulouse, le temps est venu

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    Toulouse, le temps est venu
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Entamé par un nul à oyonnax, le changement d’ère du club s’est opéré en même temps que la digestion d’une année traumatisante se finalisait dans le vestiaire. la page est désormais tournée.

C’était il y a sept mois, presque jour pour jour. Le 28 janvier, Pau se rendait à Ernest-Wallon et, avant cette 17e journée du Top 14, le Stade toulousain venait de se qualifier pour les quarts de finale de la Champions Cup en même temps qu’il pointait en troisième position du championnat. Malgré une évidente domination, les hommes d’Ugo Mola s’étaient inclinés à domicile (10-20)... Ils ne s’en relèveront jamais. Derrière, le club avait enchaîné huit revers en dix rencontres, toutes compétitions confondues, plongeant jusqu’à une indigne 12e place sur l’échiquier national. De l’histoire ancienne. Ou presque. En cet été, Toulouse s’est renouvelé, des fondations aux finitions. La direction a changé, la moyenne d’âge de l’effectif a considérablement diminué et le staff a évolué. Assez pour oublier les affres d’un exercice forcément usant et traumatisant ? « Depuis le début de la préparation, je sens le groupe appliqué et rigoureux, avouait récemment Maxime Médard. J’ai l’impression que la saison dernière a été digérée mais surtout, sans forcément le dire, que chacun a envie de faire ce qu’il faut pour ne plus la reproduire. On veut montrer autre chose que l’an passé. » Déjà du caractère et de l’abnégation.

Ces récentes semaines, le président Didier Lacroix et l’entraîneur principal Ugo Mola ont insisté sur la notion de « comportement ». Que ce soit au niveau des intentions de jeu ou de la capacité de réaction, c’est d’abord dans les attitudes que les hommes forts stadistes attendaient des réponses. Elles furent positives à Oyonnax, pour l’ouverture du championnat. Même menés et malmenés dans le second acte, les Toulousains ont su revenir au score pour arracher le nul (23-23). Un match qu’ils auraient très certainement perdu voilà quelques mois…

Ramos : « La saison dernière, on ne l’évoque pas »

Alors, pour que la guérison soit totale et effective, et surtout que cet exercice nouveau soit définitivement lancé, il ne faut pas rater les retrouvailles avec Ernest-Wallon. Contre Pau, quel symbole plus probant pour refermer le sombre tome 2016-2017 de la grande histoire du club ? Reste que, pour les joueurs, celui-ci a trouvé son épilogue en mai, après la 26e et dernière journée. « Vous en parlez beaucoup plus qu’eux, souriait Ugo Mola devant la presse la semaine passée. L’idée, c’est que tout a été mis en œuvre pour basculer sur un changement d’ère. » Par choix d’avancer autant que de ne pas laisser les douleurs ouvertes, le groupe a décidé de ne pas s’appuyer sur les erreurs et errances du passé pour favoriser le rebond. Mais au contraire de les chasser des discussions internes. L’arrière Thomas Ramos, revenu au bercail après une année à Colomiers, insiste : « La saison dernière, on ne l’évoque pas entre nous. Depuis mon retour, les mecs y ont fait très peu allusion. La page est tournée, il ne sert à rien de répéter sans cesse qu’on a terminé douzièmes. En parler ne ferait que remettre des doutes. Il fallait passer à autre chose. » Ce qui réjouit Mola : « Je suis content que les joueurs se concentrent sur ce qui va arriver plutôt que sur ce qu’il s’est passé. » Aussi car, comme il l’a prouvé à Charles-Mathon, le Stade toulousain a mis les clés de sa réussite future entre les mains d’une nouvelle et prometteuse génération, laquelle devait s’émanciper d’une tutelle devenue pesante pour s’exprimer. Sur le terrain. « La relance du club passe par eux, c’est dans la continuité des choses et c’est l’ADN de la maison », nous affirmait Médard il y a un mois. Pour tous, le temps est venu.

Jérémy Fadat
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