Sébastien Vahaamahina : "Je veux toujours plus"

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    Sébastien Vahaamahina : "Je veux toujours plus"
Publié le , mis à jour

À quelques jours de son retour à la compétition, le deuxième ligne clermontois a reçu l'oscar Midi Olympique. L'occasion de se confier sur son actualité. Rencontre avec un garçon attachant et direct. 

Quel fut votre ressenti au moment de recevoir votre Oscar Midi Olympique ?

C’est une récompense, donc une fierté. C’est toujours important dans une carrière. Malgré tout, j’ai un peu de mal à me dire que je mérite une récompense personnelle. Au rugby, le sport plus collectif qui soit, j’ai du mal à le concevoir.

 

Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Maintenant que je l’ai reçue, la seule chose qui me vient, c’est mon obligation de faire une grande saison cette année. Il faudra justifier ce trophée et faire mieux encore. On attendra encore plus de moi, je le sais. Et je veux prouver que ma belle saison, l’an dernier, je suis capable de la reproduire. Et plus encore. Je suis quelqu’un qui a du mal à se dire : « là, tu as été bon ». J’ai bien quelques matchs en tête, l’an dernier…

 

Lesquels ?

Celui contre Bordeaux-Bègles, en Coupe d’Europe, et celui contre le Racing 92. Les deux à Marcel-Michelin. Mais ce n’est pas forcément pour des raisons sportives, plutôt pour des contextes personnels. Le premier correspondait au jour de mon anniversaire. Pour le second, mon fils Milo était né dans la semaine. Et j’avais fait de bons matchs.

 

Sébastien Vahaamahina a-t-il changé avec la paternité ?

On ne le décrète pas, on ne s’en rend même pas forcément compte. Mais pourtant, oui, on change. Sur la capacité à prendre des responsabilités. C’est un truc qui m’a longtemps embarrassé. Je n’aimais pas trop faire partie des gens qui prennent des décisions dans un groupe. Depuis l’arrivée de Milo, mon statut a changé. On me regarde comme un papa et j’ai moins de difficultés à prendre des responsabilités. J’assume mieux ce que je suis, ce que je pense. Je ne suis plus un jeune.

 

C’est une marotte chez vous, depuis plusieurs saisons déjà, de revendiquer que vous n’êtes plus un jeune…

Oui, ça fait longtemps que je le répète. Mais là encore, je me rends compte que ça ne se décrète pas. Un joueur de 19 ans qui devient papa ? Eh bien, il est encore un jeune ! Moi, j’ai du mal à accepter qu’on me traite comme un jeune. Pourtant, je me rends compte que j’ai encore de la folie dans la tête. Parfois, je déconne comme un gamin. Et j’en ai besoin !

 

Comment le vestiaire clermontois vous perçoit-il aujourd’hui ?

J’ai senti une évolution des autres à mon égard. Je sens que j’ai pris dans la place. Ça s’est fait naturellement. Aujourd’hui, je parle plus facilement devant le groupe.

 

En juin dernier, le club a été sacré champion de France et vous étiez blessé, en tribunes. Vous sentez-vous champions ?

C’est différent. Comme pour Wesley (Fofana), qui disait avoir vécu le titre de manière à part. La finale a été un moment dur. On voit les copains sur le terrain, on aimerait être à leur place. Alors, oui, je me considère comme champion de France. J’ai participé à la saison. Mais la fin n’a pas la même saveur.

 

Vous serez de retour sur les terrains dans quelques jours. Impatient ?

Oui. Plus que quelques semaines. Ça me manque. J’ai regardé le premier match de la saison, à Bordeaux, sur mon canapé devant la télé. C’était horrible. J’aimerais que les mecs sur le terrain se rendent compte de la chance qu’ils ont. On ne réfléchit à cela que lorsqu’on est blessé.

Léo Faure
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